L’originalité est
parfois le signe du génie, mais à trop vouloir être
original, on ne parvient bien souvent qu’à être
ridicule. C’est vrai dans la vie, c’est vrai en littérature,
et c’est vrai des jeux de société.
Je viens de rédiger pour la ludothèque
idéale une critique, enthousiaste, du jeu d’Inka
et Markus Brand, À l’Ombre des murailles. C’est
pourtant en vain que l’on y chercherait la moindre originalité,
la moindre nouveauté, que ce soit dans le thème
ou les mécanismes. Les auteurs ont en effet recyclé des
systèmes empruntés à d’autres jeux
publiés ces dernières années, et les ont
appliqués au thème sans doute le plus rebattu qui
soit, la construction d’un château fort. Qu’importe,
si le jeu est bon – et il l’est, meilleur sans doute
que tous ceux dont il s’inspire sans jamais les plagier.
Les Aventuriers du Rail, d’Alan
R. Moon, est le jeu que j’ai le plus pratiqué ces
dernières
années. Là aussi, on y chercherait en vain la moindre
nouveauté, tous ses mécanismes ayant été déjà exploités,
souvent par Alan Moon lui-même, et souvent dans d’autres
jeux de trains. Qu’importe, si le jeu apporte plus de plaisir
que ses prédécesseurs - et c'est le cas.
Certes, des jeux comme Cosmic Encounter, Magic
the Gathering, Les Colons de Catan ou Elfenroads/Elfenland ont
d’abord marqué par leur nouveauté. S’ils
n’ont pas été détrônés
et sont restés de grands classiques, ce n’est pourtant
pas parce qu’ils étaient originaux, mais simplement
parce qu’ils étaient d’excellents jeux et
que nul n’a fait mieux dans leur style. La base de données
du Boardgamegeek est aussi pleine de jeux très originaux
et néanmoins médiocres ou ridicules, qui ont été vite
oubliés, si tant est qu’ils aient d’abord été remarquées.
Parmi mes créations, il en est qui peuvent
sans doute se prévaloir d’une grande originalité,
comme Tempête sur l’Échiquier ou De
l’Orc
pour les braves, et il en est d’autres de facture bien
plus classique, comme Key Largo ou Mission Planète Rouge. Les derniers ne sont pas nécessairement les moins bons,
ni même toujours ceux dont je suis le moins fier.
Au fait, il y a un jeu à faire avec
des nains grimpant sur les épaules de géants.
À ceux que l’histoire complexe de cette expression
intéresse, je recommande la lecture de l’essai, bref
mais très érudit, de Robert Merton, On the Shoulders
of Giants. |
Editorial
Sur les épaules des géants
On the Shoulders of Giants

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Originality
is sometimes a token of genius, but one who tries to be original
often ends up being only ridiculous. That’s true in real
life, in literature, and in boardgame design.
I’ve just written for the
ideal games library a review of the first game by Inka and Markus
Brand, A Castle for all Seasons. A glowing review for a game
without a single new idea, nether in the systems or the setting.
The authors mostly recycled mechanisms from games published in
these last years, and applied them to the most overexploited
theme in German gaming – the building of a castle. Who
cares, if the game is good – and it is, probably better
than most of the games he borrows from, without plagiarizing
them.
Alan R. Moon’s Ticket
to Ride is the game I’ve most played these last years. It’s
also a game without a single new idea. All its systems had already
been used, mostly by Alan Moon himself in his older train games.
Who cares when the game is better, when there’s more pleasure
in playing it than in playing the older ones.
Of course, games like Cosmic
Encounter, Magic the Gathering, Settlers of Catan or Elfenroads/Elfenland were highly original. However, if they are still well known and
well played classics, it’s not because they were original,
it’s because they are really good, and because no better
game of the same family has been designed since. The Boardgamegeek
database is full of highly original games which are also mediocre
and/or ridiculous, and have been forgotten – if they were
ever noticed.
Among my own designs, there are
some which can claim a real originality, like Knightmare
Chess or For a Few Orcs More. There are also more classic ones, like Key
Largo or Mission Red Planet. The latter are not necessarily
the worst ones, not even always the ones I’m least proud
of.
By the way, there’s still
a game to design about dwarves climbing on the shoulders of
giants.
If you’re interested in the complex story of this expression,
you can read the short but very erudite essay by Robert Merton,
Dwarves on the Shoulders of Giants. |
Mon jeu du mois
Mon jeu de société préféré est
de retour !

My game of the month
My all tilme favorite boardgame
is back in a new edition! |
Les jeux de connaissances n'étaient jusqu'ici
que de stupides concours d'érudition. Gambit 7 est un
vrai jeu, drôle, rapide, dynamique, où tout le monde
a sa chance. J'ai été le principal contributeur
aux 700 questions de l'édition française - et je
peux vous assurer que je me suis beaucoup amusé

Most trivia games were so far stupid
and boring erudition contests. Gambit 7 (Wits and Wagers) is
a true game, fun, fast and dynamic, where everyone can win. I
was the main contributor to the 700 questions in the french edition
- and I can grant you it was fun.
|
Sur notre nouveau
site commun, Antoine, Bruno, Serge, Ludo et moi discutons du
jeu de coopération.
    
On our nwe common website, we (,
Antoine, Bruno, Serge, Ludo and I) discuss - in french - cooperative
games. |