Les jeux de Bruno Faidutti
J’ai
découvert hier, l’un après l’autre,
deux excellents jeux, Belfort et Kingdom Builder, qui feront
sans doute bientôt leur entrée dans la ludothèque
idéale. De style très différents, ces deux
jeux avaient néanmoins une caractéristique commune,
de plus en plus fréquente dans les jeux de société,
un système faisant que les mécanismes, les règles
ou les équilibres du jeu sont assez différents à chaque
partie. Dans Belfort, cinq des douze guildes sont en jeu à chaque
partie, et l’on devine que le jeu sera plus mouvementé
avec la guilde des voleurs et celle des magiciens qu’avec
celles des maçons et des scieurs de bois. Dans Kingdom
Builder, quatre planches parmi dix constituent le plateau de
jeu, et déterminent les cases spéciales qui pourront être
contrôlées par les joueurs. Surtout, trois cartes
parmi dix déterminent comment les joueurs pourront marquer
des points. Bref, deux parties de Belfort, ou deux parties de
Kingdom Builder, ce n’est pas tout à fait la même
chose, et pas seulement parce que les joueurs jouent différemment,
mais aussi parce que le jeu lui-même joue différemment.
Le principe est loin d’être nouveau – il est à la
base de Cosmic Encounter et ses centaines de pouvoirs, de la
meilleure extension des Colons de Catan, la version maritime
aux multiples scénarios. Il fait aussi tout l’intérêt
des jeux de deck building comme Dominion ou Thunderstone, où chaque
partie ne met en jeu une douzaine de cartes choisies parmi une
bonne centaine – du moins si vous avez toutes les extensions.
Même dans un jeu moins ambitieux comme mon Roi des Nains,
c’est ce que j’ai cherché à faire en
changeant la carte spéciale et le but du jeu à chaque
donne. L’aboutissement, et peut-être la perversion
ultime de ce principe, est sans doutela nouvelle édition
de Risk, Risk Legacy, avec ses règles évolutives.
Qu’un jeu puisse ainsi se renouveler
d’une partie sur l’autre est séduisant. Cela
peut le rendre moins technique, et donc plus intéressant,
comme c’est sans doute le cas pour Kingdom Builder ou Belfort,
en interdisant les ouvertures un peu automatiques, les stratégies
soigneusement mises au point et toujours efficaces. Cela peut
aussi avoir l’effet inverse, comme avec Dominion, devenu
aussi technique que les échecs, avec des joueurs calculant
soigneusement leur stratégie en fonction des cartes disponibles,
et jouant ensuite quasiment en mode automatique. Dans les deux
cas, cela donne au jeu une variété suffisante pour
avoir plus envie d’y rejouer que d’essayer autre
chose – et ça, c’est peut-être dommage!
Janvier 2012 |
Editorial
Plusieurs jeux en un
Several games in one

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I
played yesterday, for the first time, two great games – Belfort
and Kingdom Builder. Both will probably soon enter the ideal
game library. These two very different games have one interesting
common characteristic, that is a card system making every game
have slightly different rules or balance. In a game of Belfort,
only five or the twelve available guilds are used, and one can
guess that a game feels nastier with the Thieves and Wizards
guilds than with the Sawyers and Masons ones. In Kingdom Builder,
four of the ten board sectors are used in a given game, making
for a different board and different magic spaces, and, last but
not least, three scoring cards are randomly drawn among ten,
determining how the players can score victory points. As a result,
two games of Belfort, and even more two games of Kingdom Builder,
are not the same. This is not only, like in every game, because
gamers play differently, it is also because the game plays differently.
Of course, this is nothing really new. It’s the basic idea
of Cosmic Encounter, with its hundred of strange rule breaking
aliens. It’s the main interest of the best Catan expansion,
Seafarers, and its many scenarios. It’s the core system
of deck building games such as Dominion or Thunderstone, played
with ten or twelve card types among a hundred – at least
if you have all the expansions. Even a far less ambitious game
like my King of Dwarves uses a similar trick, with a new special
card and scoring system for every hand. The ultimate perversion
of this idea seems to be the new edition of Risk, Risk Legacy,
and its evolving rules.
Of course, it’s
great that a game can be and feel different every time. It can
make it less technical, and therefore more exciting, and that’s
the main point with Belfort and Kingdom Builder, in which there
can be no automatic openings, no always winning strategy. It
can have the reverse effect, like with Dominion, which is now
played as technically as Chess, with players reckoning their
strategy after seeing the cards on offer, and then playing almost
automatically. In both cases, however, it gives the game enough
variety for players wanting to play it again rather than trying
some other game. This might be the only drawback, since there
are so many other great games !
January 2012
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Le
Roi des Nains, un jeu de plis délirant, avec shaman gobelin,
cavalier nain, dragon, philosophe, momie, trois musiciens et,
surtout, beaucoup de barbus. |
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The
Dwarf King, a zany trick taking game with a goblin shaman, a
dwarf knight, a dragon, a philosopher, a mummy, three musicians
and lots of bearded people. |
L'Or des dragons
revient - un jeu de négociation rapide et déjanté. |
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Dragon's
Gold, the fastest and saniest negociation game, is back. |
Lost
Temple, un jeu de parcours simple mais très psychologique
et mouvementé, vient de paraître. |
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Lost
Temple, a light and fast paced race game, with lots of bluffing,
capers and unexpected comebacks. |
Bugs
and Co a été réalisé avec l'aide
des compères Tom & Yako, les auteurs de Jungle Speed.
Mêlant mémoire
et réflexes, c'est un petit jeu sans prétention
mais qui me semble avoir tout pour faire un tabac. On verra bien. |
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I
designed Bugs and Co together with Tom & Yako, the authors
of Jungle Speed.
This fast paced real time memory
game is an unassuming design, but I think it has all the requisites
of a major hit. Let's see. |
Dans une production ludique récente qui
oublie parfois qu’une partie de jeu de société est
d’abord une expérience collective, et privilégie
trop souvent la complexité et la profondeur stratégique,
Isla Dorada va certainement à contre courant.
Ce n’est pas un grand jeu de stratégie
et de développement, c’est un jeu de parcours
dynamique, amusant, parfois un peu méchant, très
interactif. Je le considère comme ma meilleure création à ce
jour, et j’espère que vous serez nombreux à l’essayer
et à partager mon avis.
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Many recently published boardgames
forget that a game session is first and foremost a collective
and social experience, and end up being little more than a
contest in deep strategic thinking.
Isla Dorada clearly goes against
this tide. It’s not a sophisticated management or development
game, it’s just a dynamic, fun, varied and highly interactive
movement game. I consider it the best of my game designs so
far, and I hope you will play it and share my opinion.
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Celui là, cela fait plusieurs années
qu'il est annoncé sur mon site comme devant paraître
fin 2008, puis fin 2009, puis fin 2010. Ce jeu de cartes pour
deux joueurs, plein d'embrouilles, de bluff et de chaos, est
finalement arrivé dans les boutiques.
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Double Agent was in the pipe for
years, scheduled for late 2008, then late 2009, then late 2010.
This light two players card game of bluff, chaos and undercover
action nhas finally hit the shelves.
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| Fantasy
Flight Games vient de sortir une nouvelle version de Novembre Rouge,
dans une boite plus grande, avec un plateau de jeu plus grand,
et des cartes à la place des jetons objets. C4est une excellente
idée ! |
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The new print run of Red November
has a larger box, a larger board, and cards instead of item
tokens. That's much better so.
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Sur
la totalité de mon site, vous trouverez des petits caddies
vous permettant de commander directement la plupart des jeux
dont je parle, aux États-Unis chez Funagain,
en Angleterre chez Infinity
Games, en France chez Jocade ou Réservoir
Jeux. Chaque fois que vous commandez un jeu de cette manière,
un modeste pourcentage m'est crédité, ce qui me
permet d'avoir droit à un ou deux jeux gratuits de temps
en temps.
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Everywhere
on this site, you'll find little caddies for ordering my games,
and other games I talk about. You can order this way from Funagain games,
in the USA, from Infinity
Games, in Great Britain, from Jocade or Réservoir
Jeux in
France. Everytime you order a game this way, I am credited of
a little percentage of the sale, which makes in the end for one
or two free games from time to time.
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