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Je commence à être un habitué du salon
du jeu d'Essen, le seul des grands rendez-vous du petit monde du jeu que
je fréquente régulièrement.
Bien que le trajet soit long - près de 1500 km
- je le fais habituellement en voiture, afin de pouvoir monter tous mes
prototypes et redescendre toutes les nouveautés - et cela fait
bien de quoi remplir une Clio. Cette année, je n'ai pas fait le
voyage seul, et j'ai amené Christophe Bohlinger, l'auteur de Halloween
Party et une Vie de Chien. Le personnage est sympathique, et certains
de ses jeux (notamment le prototype de Char perché) sont très
intéressants, mais il parle tout le temps, et lorsque nous arrivâmes
à Essen, j'étais déjà aussi fatigué
qu'après trois jours de salon. J'y retrouvais la bande de belges,
parmi lesquels Philippe Keyaerts, avec lesquels nous allions loger.
Comme d'habitude, le mercredi soir, avant l'ouverture
officielle du salon, passa à écumer les vendeurs de jeux
d'occasion, à la recherche de quelques vieilleries, raretés
ou curiosités. Borderlands étant décidément
trop cher, je ne ramène guère cette année qu'un Ave
Cesar - un de plus, quand j'en aurai six, j'organiserai un tournoi lors
des rencontres ludopathiques - et un Body Boggle.
Un premier coup d'œil sur les stands des éditeurs,
encore en train de se monter, fut l'occasion de prendre quelques contacts,
de confirmer des rendez-vous, de se livrer aux premières mondanités.
Tout le monde était là. J'abandonne là le plan chronologique,
ne sachant plus bien ce que j'ai fait le jeudi, le vendredi ou le samedi.
Avec trois nouveautés - Draco and Co / König
der Diebe, La Vallée des Mammouths et Une Vie de Chien -, Descartes
était l'un des éditeurs les plus prolifiques et son stand,
fort bien placé, l'un des plus fréquentés. J'aurais
pu y passer trois jours à expliquer La Vallée des Mammouths
et Draco and Co, tant la demande était forte, mais j'avais préféré
pour des raisons pratiques (espace de rangement pour mes prototypes, machine
à café, hôtesses souriantes) installer mon camp de
base avec celui de Leo Colovini, chez Winning Moves, l'éditeur
de notre Vabanque, visiblement le mieux accueilli des mes trois nouveaux
jeux. C'est de là que je passais trois jours à écumer
le salon, distribuant des prototypes à une demi-douzaine d'éditeurs
et achetant les nouveautés que je ne parvenais pas à me
faire offrir.
Essen, ce n'est pas seulement les stands et les jeux,
c'est aussi quelques rencontres en tête à tête, dans
les boxs feutrés de l'hôtel Savoy, dans le bruit et le mouvement
de la Cantina, ou sur les tables très hall de gare de la cafétaria
du salon, avec d'autres auteurs de jeux, pour causer des projets en cours
autrement que par email. C'est aussi des repas bien arrosés, et
des nuits à tester nouveautés et prototypes au Savoy, au
Jung ou dans nos deux appartements belges. Les projets en joint-venture
ont repris du poil de la bête, les repas étaients bons, les
prototypes ont bien tourné, des conseils judicieux nous ont permis
de n'essayer que les bons jeux.
Côté nouveautés, le cru n'est pas
exceptionnel. Les nouveaux jeux étaient en effet relativement peu
nombreux, et aucun d'entre eux n'a déchaîné l'enthousiasme
général, comme ce fut le cas l'an dernier avec Carcassonne.
Très attendu, le Mexica de Kramer & Kiesling n'était
d'ailleurs pas là, et les grands éditeurs, les Ravensburger,
Kosmos, Goldsieber ou Amigo - présentaient bien peu de nouveautés.
Les deux seuls jeux parus sur le salon à avoir d'ores et déjà
une place réservée pour bientôt (la semaine prochaine,
sans doute) dans ma ludothèque idéale proviennent de petits
éditeurs. Ce sont Urland et Vom Kapp bis Kairo.
Après une première bouffée d'enthousiasme,
Ursuppe, le dernier gros jeu de Doris et Frank, m'avait un peu déçu
du fait de sa lenteur et d'une certaine lourdeur. Sur un thème
voisin - les premiers ichtomachins quittant les mers pour coloniser les
terres - Urland se présente comme une sorte d'Ursuppe light.
Des gênes vendus aux enchères, des points pour les deux joueurs
ayant le plus de petits cubes - ooops, de ptits ichtos - dans chaque région,
il n'y a rien de bien nouveau dans tout cela, mais l'ensemble fonctionne
bien, avec une certaine légèreté, et même un
petit peu de bluff lorsqu'un joueur doit choisir secrètement quelle
région rapportera des points ce tour-ci. Un bon gros jeu sans surprise,
sérieux mais pas trop lourd, et superbement illustré.
Chaque année, Adlung publie une douzaine de petits
jeux de cartes. Dans le lot se cache parfois une perle, comme ce fut la
cas pour Verraeter et Meuterer. Cette année, la perle s'appelle
Vom Kapp bis Kairo, un petit jeu d'enchères de Günter Burkhardt,
aux mécanismes rapides et astucieux, dans lequel les joueurs construisent
une ligne de chemin de fer à travers l'Afrique. Un grand merci
à Alan Moon qui m'a révélé cette modeste perle.
Pour le reste, le premier responsable d'un cru 2001 assez
pauvre est sans doute le Seigneur des Anneaux, servi à toutes les
sauces sur les stands Kosmos et Ravensburger, sans parler du hall réservé
aux jeux de rôles et aux jeux de cartes à caollectionner,
avec une demi-douzaine de jeux, dans des petites ou des grandes boites,
avec des jolis dessins ou des photos du film. De l'avis général,
aucune des nouvelles grosses boites n'a l'intérêt et l'originalité
du jeu de coopération de Reiner Knizia paru l'an dernier, et pour
lequel était présentée sur le salon une belle extension
"Bree + Isengard". Parmi les petites boites, c'est encore Reiner Knizia
qui a réalisé la meilleure adaptation avec le jeu de
cartes du Seigneur des Anneaux, publié chez Ravensburger. Le
système d'enchères est astucieux et parvient, grâce au placement
des cartes lieux et personnages, à recréer un peu de l'ambiance
du livre. Les cartes sont malheureusement illustrées par de médiocres
photos du film, avec des hobbits ayant tous la même tronche d'ivrognes
irlandais et un Gandalf en jardinier macrobiotique, alors qu'il aurait
certainement mérité un vrai traitement graphique avec de
vraies illustrations.
Stefan Brueck, monsieur Alea, faisait tester dans son
coin les maquettes de Puerto Rico, de Andreas Seyfarth, présenté
par certains comme le croisement de Citadelles et die Fuersten von Florenz.
Ceux qui ont eu la chance d'y jouer assurent que le jeu est sublime, mais
il ne sortira que pour Nuremberg.
Chez Amigo, les nouveautés avaient un air de déjà
vu, qu'il s'agisse du Heimlich and Co de Wolfgang Kramer - excellent
jeu au demeurant -, de gnomes qui rappellent Astérix ou
d'une Gorgone qui n'est qu'une autre variante du trouduc. Ah, oui,
il y a avait aussi la 25ème extension de Bohnanza, mais j'ai cessé
de suivre depuis un certain temps déjà. Chez Ravensburger
aussi, on ressort Shark, et chez Queen l'excellent Showmanager,
relooké et rebaptisé Atlantic Star.
Tout occupé à entretenir le phénoménal
succès de Carcassonne, Hans im Glueck ne publiait qu'un seul nouveau
jeu, Mull und Money. Le thème - quelque chose à propos
d'industrie, d'argent et de pollution - tout comme le graphisme à
dominantes gris sale et marron triste - manquent cruellement de sex-appeal,
mais ceux qui ont essayé le jeu assurent qu'il est tactiquement
passionnant. Je confirmerai cela dès que j'aurai trouvé
le temps d'y jouer. Il y avait aussi l'extension gratuite et ultra-limitée
de Carcassonne. J'attendrai une dizaine d'années avant de revendre
la mienne.
Toujours aussi souriants, Joe et Pia Nikisch n'avaient
pas grand chose de neuf à proposer sur les stands Abacus et Goldsieber,
où l'on jouait surtout à Das Amulett. La seule nouveauté
est un jeu de tactique et de mémoire pour deux joueurs, Kupferkessel
& Co, une sorte d'Advanced Mamma Mia avec un zeste de stratégie.
Joe a l'air de retrouver la forme, et je ne doute pas qu'il publie quelques
grands jeux pour Nuremberg.
Sur le stand Kosmos, outre diverses variations sur le
seigneur des anneaux, on trouvait le graphiquement superbe Sternenschiff
Catan, le jeu de cartes pour deux joueurs des Colons dans l'Espace,
conçu par Klaus Teuber. À la lecture des règles, volumineuses,
on découvre quelque chose qui est parfois plus proche des jeux
de cartes à collectionner américains que de la tradition
du jeu allemand.
Hick Hack in Gackelwack, publié par Zoch,
est une version amélioré du vieux Razzia de Stefan Dorra,
un petit jeu de bluff autrefois paru chez Ravensburger. Plus légère,
et magnifiquement illustrée par Doris, la nouvelle version est
aussi plus agréable à jouer, mais ce n'est pas une vraie
nouveauté.
Comme chaque année, Zoch déclinait également son
mécanisme favori, le jeu de construction dans lequel il faut éviter
de faire tout tomber. Le modèle 2001 s'appelle Villa Paletti,
et semble particulièrement astucieux, avec une réelle dimension
tactique.
L'excellent Showmanager a changé de thème
et de boite pour ressortir chez Queen sous le nom d'Atlantic Star,
mais ce n'est pas vraiment une nouveauté. La nouvelle gamme de
gros jeux de Queen, dans laquelle devrait bientôt s'enrichir de
la jonque chinoise de mon compère Michael Schacht, semble néanmoins
promise à un bel avenir. Michael avait aussi amené quelques
éditions à compte d'auteur de ses jeux Gods et Kardinal
und König - le jeu de cartes. Elles sont toutes deux d'ores et déjà
épuisées.
Chez Winning Moves, les nouveautés étaient
un petit jeu de cartes abstrait de Klaus Palesch et Horst-Rainer Rösner,
Combit, et Vabanque, le jeu de bluff que j'ai conçu
avec Leo Colovini. J'ai passé pas mal de temps à en expliquer
les règles, et ce jeu de bluff simple et subtil est, je crois,
celle de mes trois nouveautés qui a été la mieux
reçue. Ceux qui critiquaient au départ son prix assez élevé
changeaient généralement d'avis après avoir vu les
superbes jetons de poker dans la boite.
Chez Eurogames / Descartes, les tables de démonstration
de Draco and Co, La Vallée des Mammouths et Une
vie de Chien ne désemplissaient pas, et les trois jeux semblent
là aussi avoir été bien accueillis - les Mammouths
peut-être plus que les autres, puisque je me suis laissé
dire qu'ils s'étaient mieux vendus.
Parmi les quelques éditeurs américains qui
font régulièrement le voyage d'Essen, il faut citer Fantasy
Flight Games, qui présentait son Vortex. Il n'y avait malheureusement
que des jeux en allemand, et Chris et Gretchen ont promis de m'en envoyer
quelques uns en anglais, avec l'extension du seigneur des anneaux, afin
que je puisse essayer le jeu dans les meilleures conditions. On a pas
mal parlé aussi de la future édition américaine de
Citadelles.
Comme chaque année, quelques perles ont également
été repérées chez les petits et tous petits
éditeurs. De manière générale, la qualité
graphique et matérielle des productions artisanales s'améliore
grandement, et il n'y a maintenant plus guère de différence
entre les jeux édités à compte d'auteur et ceux parus
chez les grands éditeurs.
Je ne reviendrai pas sur Urland, que j'ai déjà
cité plus haut.
The Beest, édité par Splotter Spellen, ou quelque
chose comme ça, est une étonnante variante du loup garou,
qui fut épuisée avant que je ne me préoccupe d'en
acquérir une boite.
Liberté, de Martin Wallace, publié chez Warfrog,
est un grand jeu de stratégie et de diplomatie ayant pour cadre
la révolution française. Le matériel est largement
au niveau de ce que font habituellement les grands éditeurs.
Les gentils chaotiques de Krimsus-Krimskramskiste publiaient cette année
deux jeux de cow-boys. Tout le monde assure que Goldrush City est
excellent
Mes amis de Heidelberger publiaient un jeu de plis chaotique,
Ein Arsch kommt sellter allein, dont les graphismes sont assez
particuliers.
Je ne suis pas fan de jeux abstraits, et je n'ai pas encore joué
à Dvonn, cinquième épisode (je crois) du Gipf
Projekt. Connaissant un peu Kris Burm, je ne doute pas que Dvonn soit
excellent - en tout cas, c'est un jeu qui fait rêver rien qu'en
le regardant.
Samedi soir, allégé d'une dizaine de prototypes
et alourdi d'une centaine de jeux, il était temps de reprendre
la route. Le retour fut plus mouvementé que l'aller, avec une panne
sur l'autoroute le dimanche à trois heures du matin, qui m'a obligé
à passer une journée dans un hôtel perdu au milieu
de nulle part en attendant de pouvoir, le lundi matin, faire venir la
pièce manquante. Ce fut au moins l'occasion de lire quelques règles
et de réfléchir à quelques projets de jeux dont on
avait parlé les jours précédents.
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I'm now a regular of the Essen fair, the
only big game event that I visit every year.
Though it's quite a long trip, about 1.500
km, I usually travel by car. This way, I can bring all my prototypes to
Essen, and carry back all the new games, which are usually enough to fill
a small european car. This year, I took with me Christophe Boelinger,
the author of Haloween Party and a Dog's Life. Christoph is a nice guy,
and some of his games (specifically a prototype involving cats climbing
up trees) are interesting, but he talks and talks, and didn't stop talking
all way long. When arriving in Essen, I was already as tired as after
three days at the fair. We met there with the usual belgian gamers, among
which Philippe Keyaerts, with whom we were to stay three days.
As usual, I spent the wednesday night,
before the fair officially opens, roaming through the flee market, looking
for some oldies, rarities or strange looking stuff. Since Borderlands
was too expensive, all I bring back this year is one more copy of Ave
Caesar - I plan to hold a tournament at the ludopathic gathering - and
a copy of Body Boggle.
I took a first look at the publishers boothes,
still under construction, said hello here and there, confirmed appointments,
kissed some cheeks. Everybody was here. Already time to resign with the
chronlogical plan, since I don't know for sure what I made on thursday,
friday or saturday.
Descartes / Eurogames had three new games
on the fair - Draco and Co / Koenig der Diebe, Valley of the Mammoths
and A Dog's Life, and it was more than many mainstream big publishers.
Since their booth was also very well positioned, it was always overcrowded.
I could have spent the three days there demoing Valley of the Mammoths
and Draco and Co, since the demand was strong, but for practical reasons
(more place to rest and to put my games, a coffee machine, smiling hostesses)
I chose to install my base camp with Leo Colovini's one, at Winning Moves,
the publisher of our Vabanque - the best received of my three new games.
I spent three times roaming from here, giving prototypes to half a dozen
publishers and buying all the new games I could not manage to get for
free.
The Essen game fair is not only wandering
through the boothes and looking at the games. In the felt-topped boxes
of the hotel Savoy, in the noise and hustle of the cantina or in the railway-station
style fair cafeteria, it is the best time for private meethings with other
game authors, to talk about common projects and have a change from emails.
There are also over-alcoholic dinners, and nights playing prototypes and
new games, at the Savoy, at the Jung or in our two belgian flats. The
joint venture games were relaunched, the meals and beers were good, the
prototypes worked well and we were well advised and only tried the good
new stuff.
The new stuff, however, was sparse this
year. There were few new games, and no clear winner like last year with
Carcassonne. Most awaited was Kramer and Kiesling's Mexica, but
it didn't make it for the fair, and the mainstream publishers - Ravensburger,
Kosmos, Goldsieber, Amigo - had very few new games to offer. The two only
new games that have already a place booked in my ideal game library come
from smaller publishers. These are Urland and Vom Kapp bis Kairo.
I was first enthusiastic about Ursuppe,
the last big box game of Doris and Frank. It lost its shine quite fast,
however, because despite its originality it has a heavy feel and slow
play. Urland has a similar theme - Ichto-things leaving the see
to colonize the earth - and looks a bit like Ursuppe light - and the only
problem with Ursuppe is that it was heavy. Bidding for genes, points for
the two players with the most wooden bits in a region, there's nothing
really new in it, but it works fairly well, has a light feel, and elegantly
mixes tactics with a little double-guessing, when a player must chose
secretly what region will score points this turn. Urland is a solid, serious
big game, not too heavy, with very nice graphics and components. Nothing
astonishing, for sure, but you can't be wrong with this one.
Every year, Adlung publishes a dozen new
little card games. Most of them have usually little interest but, sometimes,
one of them is a hidden gem. It happened earlier with Verraeter and Meuterer,
and it happens this one with Vom Kapp bis Kairo. In this light
bidding game, designed by Günter Burkhardt, players are trying to build
a railway line through Africa. Many thanks to Alan Moon who first showed
me this nice little gem.
For the rest, the main reason for a rather
poor year is probably the upcoming Lord of the Rings movie. There were
hobbits in all kinds of sauces and cooking at the Kosmos and Ravensburger
boothes, not to speak of the fantasy / ccg hall. None of the new big boxes
games settled in Middle-Earth seems to have the depth, interest and originality
of Reiner Knizia's Lord of the Rings, published one year before, and for
which the Bree & Isengard expansion was unveiled at the fair. Among
the smaller boxes, it's once more Reiner Knizia who made for the best
adaptation of the book with his LotR card game, published by Ravensburger.
A clever bidding and placement system of character and places cards recreates
some of the flow of the story. Unfortunately, the game is illustrated
with bad pictures from the movie. All hobbits have the same irish drunkard
faces, and Gandalf looks like a macrobiotic garderner. It's a pity, since
this clever game clearly deserved a true graphic work.
Aside from the main Ravensburger area,
Stefan Brueck had some protypes of Puerto Rico, the new alea game
to be published in Nuernberg, designed by Andreas Seyfarth. Some described
it as a cross between Citadels and Die Fuersten von Florenz. The happy
few who played it were all incredibly enthusiastic.
In the large Amigo area, the new games
didn't look so new. Heimlich and Co, even with new action cards,
is not really new stuff, though it's still one of Kramer's best game.
The Gnummies are only a reworking of David Parlett's Asterix, and
Gorgon one more asshole variant. There was also one more Bohnanza
expansion, but I've stopped counting, and buying, them for years. Ravensburger
also republished Shark, and Queen rethemed the great Showmanager
as Atlantic Star.
Busy dealing with the plenomenal success
of Carcassonne, Hans im Glueck had little time for developping new games
and published only one this winter, Mull und Money. The theme -
something about industry, money and pollution - and the graphics - heavy
in brown and dark gray - clearly lack sex-appeal, but those who played
the game told that it was tactically fascinating. I'll try it one of these
days. There was also the free and limited expansion for Carcassonne, but
I'll wait ten years or so before selling my copy.
Always smiling, Joe and Pia Nikisch had
little new stuff to show on the the Abacus and Goldiseber boothes, where
most people were playing Das Amulett. The only new stuff was a nice two
player tactic and memory game, Kupferkessel and Co, that looks
like a clever advanced version of Mamma Mia. Joe, however, seems have
regain health and dynamism, and will sure have good new games at Nuernberg.
In the large Kosmos area, aside from the
Lord of the Rings stuff, were two tables dedicated to the graphically
appealing Starship Catan, the two players card game of Catan starfarers,
designed by Klaus Teuber. The rules are long and heavy, remaining more
of american CCG than of classical german stuff, but the game looks interesting.
Hick Hack in Gackelwack is a reworking
of Stefan Dorra's Razzia, once published by Ravensburger. The new setting
and the simplified rules make for a lighter and probably better game,
but this also is not really new. Like every year, Zoch also had a new
variation on the "stacking game in which you must not make everything
fall down". This year's avatar is called Villa Paletti, and seems
to be one of the best and the most tactical ones.
As I already told, Showmanager has been
rethemed and republished as Atlantic Star, and the new version
definitely looks nice. The new Queen big line games looks promising, and
will soon include the big "Chinese Junk" game that Michael Schacht was
occasionally demoing at the Queen booth. Michael also brought some new
self-published games at the fair, Gods and Kardinal und König,
the card game, but they were soon sold out.
At Winning Moves - my base camp - there
was a new little card game by Klaus Palesch and Horst-Rainer Rösner, Combit,
which looks a bit like Buried Treasure. There was also Vabanque,
the bluffing game I designed with some help from Leo Colovini. I spent
some times explaining the rules and this simple but subtle game was, I
think, the best received of my three new games on the fair. At first,
some were surprised by its price, a bit higher than usual for such a small
box, but they usually changed their mind after noticing the wonderful
poker chips included in the box.
At Eurogames Descartes, as I already told,
the tables for playing Draco and Co, Valley of the Mammoths
and A Dog's Life were always full, and all three games seemed to
be well received. From what I've been told, the Mammoths was the one that
sold best.
Among the few american publishers that
make the trip to Essen, I must mention my friends Gretschen and Chris,
of fantasy Flight Games. They were here to show Vortex, but had
only german boxes of this one. So they promised to send me some english
language starters, as well as a copy of the Lotr expansion, when coming
back. We also talked a bit about the upcoming us edition of Citadels.
As every year, small and very small publishers
also had some interesting games. The graphic and components quality of
the self published games is increasing regularly, and there's now little
difference between these games and those released by mainstream publishers.
I've already told about Doris and Frank's
Urland, one of the fair biggest hits.
The Beest, published by Splotter Spellen, or something like this,
i a strange werewolf variant, and was sold out before I even thought of
getting a copy.
Liberté, by Martin Wallace, published by Warfrog, is a big
strategy and diplomatic game about the french revolution. This luxuous
game looks even nicer than many big publisher products.
The good chaotic people at Krimsus-Krimskramskiste,
had two new cow-boy card games. I've been told that Goldrush City
is really good.
My friends at Heidelberger had a strange looking card game called "Ein
Arsch kommt selter allein".
Though I'm not very fond of abstract strategy games, I like Kris Burm's
approach of them and bought a copy of Dvonn simply on its poetic
look, without even listening to the rules. But I know Kris Burm, and I'm
confident that the game is good.
On saturday evening, I had let about ten
prototypes on the fair and taken about one hundred new games into my car.
It was time for driving back. My car broke down on the highway, saturday
at 3 a.m., and I had to be towed out of the highway and spent one full
day in a hotel, right in the middle of nowhere, waiting for some missing
motor parts. Nothing to do, and a good occasion to have a look at all
those new game rules, and think of all the game projects I talked about
a few days before.
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