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Mon jeu de l'année 2006
et pas mal d'autres recommandations ludiques

My 2006 game of the year
and many more recommended new games

   

Tout ce que j’écrivais l’an dernier, à la même date, en introduction de mon bilan de l’année ludique 2004-2005 pourrait tout aussi bien s’appliquer à cette année 2005-2006. Des nouveautés très nombreuses, trop peut-être, qui font que je suis loin d’avoir tout essayé et que mon survol de l’année ludique ne pourra être que très partiel, et qui font craindre à certains une saturation du marché et une lassitude de joueurs qui ne peuvent plus suivre. Des nouveautés, aussi, d’une qualité exceptionnelle qui montrent que le monde du jeu est toujours plein de vie, le renouveau créatif de l’école « américaine » n’entamant en rien le dynamisme de l’école « allemande », sans que je sache toujours très bien où me situer moi même entre ces deux traditions.

Beaucoup de nouveaux noms aussi parmi les auteurs, Willam Attia, Nicolas Oury, Christian Martinez, Corey Konieczka, Ludovic Maublanc, André Zatz et Sergio Halaban, Vincent Everaert, Steve Kingsbury, Oriol Comas, Charlie Catino, Jason Hawkins et Andrew Parks, Frédéric Henry et Christophe Blossier et bien d’autres, qui montrent là encore la vitalité de la création ludique. On m’excusera de citer beaucoup de français, je ne pense pas qu’ils aient ici une place particulière, mais il se trouve que j’ai plus de chances de les connaître et que, même lorsque ce n’est pas le cas, leurs créations ont plus de chances d’arriver jusqu’à moi. La relève se prépare donc, mais si Alan Moon semble vouloir prendre quelques vacances bien méritées, les Knizia, Teuber Kramer et les autres n’ont pas démérité non plus cette année, et moi aussi je suis toujours là.

I could write again everything I have written to introduce last year’s “games of the year” report. Many, many new games, may be too many. I haven’t played everything, haven’t even played everything I really wanted to play, and I hear more and more concerns of market saturations, of tired gamers who soon won’t be able to follow the publishers’ pace. On the other hand, the new games quality is still growing, since the revival of the old American style school of game design doesn’t affect the vitality of the german, now more usually and more accurately called eurogames, school. I still don’t know where exactly I fit in this.

Many new author names - Willam Attia, Nicolas Oury, Christian Martinez, Corey Konieczka, Ludovic Maublanc, André Zatz & Sergio Halaban, Vincent Everaert, Steve Kingsbury, Oriol Comas, Charlie Catino, Jason Hawkins & Andrew Parks, Frédéric Henry & Christophe Blossier and many others. I apologize for giving many French names, since I don’t think French have anything specific in this; it’s only because it’s easier for me to know them, and easier for their games to reach me when I don’t. The next generation is coming, but even when Alan Moon took a well deserved holiday break, Knizia, Teuber, Kramer and the others are still alive and kicking – and I am as well.

   

Mes créations

Je suis toujours là, donc, avec quatre nouveautés, toutes des collaborations, dans des genres bien différents.

Un très gros jeu à l’américaine, Warrior Knights.

Warrior Knights est une nouvelle version d’un grand classique des années quatre-vingt, créé par Derek Carver. Le jeu a été retravaillé d’abord par Pierre Cléquin et moi, puis par Corey Konieczka et l'équipe de FFG. C’était un pari un peu fou, mais tout le monde s’est pris au jeu, et le résultat est impressionnant de fluidité pour un jeu de quatre ou cinq heures avec quarante-douze mécanismes étroitement imbriqués les uns aux autres – il y a des sièges et des batailles, des mercenaires et des troupes régulières, des expéditions lointaines, des rivalités religieuses, des intrigues politiques, des événements imprévus, des votes, des désertions, des révoltes, et j’en oublie certainement. Le jeu a été fort bien accueilli, et le premier tirage est déjà, paraît-il, quasiment épuisé.

Deux jeux poids moyen, au thème fort, Key Largo et Mission Planète Rouge

Surpris par la maladie, Paul Randles, l’un des auteurs de La Crique des Pirates, n’avait pas eu le temps de mettre la dernière main à son dernier projet. Ce sont Mike Selinker et moi qui, à partir de son dernier prototype, nous sommes chargés de terminer Key Largo. Key Largo est un jeu de société familial diablement amusant, avec ce qu’il faut de bluff, de tactique, et de prise de risque, dans lequel chaque joueur contrôle une équipe de plongeurs partis explorer des épaves englouties.

Mission Planète Rouge, une collaboration avec Bruno Cathala, se situe dans un univers « Steampunk », mélange de thématique science-fiction et d’esthétique victorienne. Les joueurs incarnent des puissances rivales envoyant des astronautes sur Mars pour prendre le contrôle des richesses minérales de la planète. La mécanique tient du jeu de majorité, façon El Grande, et du jeu de bluff avec personnages, façon Citadelles. Le jeu a été extrêmement bien reçu par la critique, mais les ventes sont encore un peu décevantes… Je suis convaincu qu’il rencontrera un bien plus grand succès aux Etats-Unis.

Un petit jeu à l’allemandde, Hollywood

The Hollywood card game, un petit jeu de cartes à l’allemande de facture assez classique conçu avec Michael Schacht, a été publié à l’automne 2005 par Fantasy Flight Games, mais personne ne semble vraiment s’en être aperçu. Il est vrai que les graphismes ne sont pas très attirants, et que le jeu est arrivé juste quand FFG commençait à rencontrer un grand succès dans les très grosses boites et donc à réorienter quelque peu sa politique commerciale. Tant mieux pour Warrior Knights, mais dommage pour Hollywood, qui aurait peut-être mérité d’être un peu plus mis en avant.

My creations

I’m still there, with four new games this year, all collaborative designs, in three very different styles.

A heavy American style game – Warrior Knights.

Warrior Knights is a new version of Derek Carver’s classic from the eighties. The game has been redeveloped first by Pierre Cléquin and I, then by Corey Konieczka and the FFG team. It was a crazy challenge, but we all did the best we can, and we’re very proud of the result. The new Warrior Knights smoothness and fluidity is really impressive for a five hours game with about forty-twelve different interlocked mechanisms – sieges, assaults and battles, mercenaries and regular troops, overseas expeditions, merchant fleets, religious troubles, political intrigues, votes, desertions, revolts and lots of other stuff. The game was very well received, and I’ve been told the first print run is already almost sold out.

Two middle weight strongly themed Eurogames, Key Largo and Mission : Red Planet.

Caught out by illness, Paul Randles, one of the Pirate’s Cove authors, had no time enough to finish is next game. Mike Selinker got his last prototype and finalized the design. Key Largo is a fun and strongly themed family game, with a good mix of double guessing, tactics, luck and risk taking, in which each players controls a team of divers looking for lost treasures in sunken ships.

Mission: Red Planet, which ought to be out in English in a few weeks now, was designed in collaboration with Bruno Cathala. In a Steampunk setting, meaning a strange mix of science fiction theme and Victorian look, each players controls an earthly country sending astronauts to the moon, trying to take over the precious ore to be found there. The game system has elements of majority game, à la El Grande, and of hidden character selection, à la Citadels. French critics were enthusiastic, but the game doesn’t sell so well so far. I’m confident its theme will be more appealing to US gamers.

A small euro-style card game, Hollywood

The Hollywood card game is a typical German style card game, deigned with Michael Schacht. It was published in late 2005 by Fantasy Flight Games, but so far no one did care. The graphics are not very attractive, and the game appeared just when FFG was starting to have more success with big boxes games and to reshape its commercial policy accordingly. All the best for Warrior Knights, but a pity for Hollywood, which went under radar.

   

Mon jeu de l’année

L’an dernier, je n’avais pu me décider entre trois jeux exceptionnels, Himalaya, Les Chevaliers de la Table Ronde et Manila. J’aurais pu faire de même cette année, en sélectionnant une demie douzaine d’excellents jeux. Si mon choix s’est finalement porté sur Pingouin de Günter Cornett et Alvidas Jakeliunas, c’est parce que ce petit jeu réussit le tour de force de rassembler toutes les catégories de joueurs. Dans ce petit jeu presque abstrait, des pingouins se baladent en long et en large sur la banquise, s’efforçant d’avaler le plus grand nombre de poissons avant que toute la glace n’ait fondu. C’est con, un pingouin. Les règle sont toutes bêtes, le matériel mignon tout plein, mais le jeu bien plus subtil qu’il n’en a l’air. À trois ou quatre joueurs, c’est rapide et méchant ; à deux joueurs, c’est rapide et bien prise de tête. Dans tous les cas, c’est un régal de simplicité et d’évidence, un jeu comme on voudrait en voir bien plus, un futur grand classique.
L'édition française de ce jeu n'est pas très facile à trouver, mais les règles sont si simples que l'on a guère de problèmes avec une version anglaise ou allemande - un bref coup d'œil aux croquis suffit pour comprendre le fonctionnement du jeu.

J’en profite pour signaler que deux de mes précédents jeux de l’année, Les Aventuriers du Rail et Himalaya, ont connu cette année des développements intéressants. En effet, une nouvelle boite des Aventuriers du Rail, avec la carte d’Allemagne et des règles un peu plus complexes, est sortie cette année, ainsi que l’indispensable extension pour 5 et 6 joueurs d’Himalaya.

My game of the year

Last year, I couldn’t decide between three outstanding games, Himalaya, Shadows over Camelot and Manila. I could have made the same this year, with half a dozen really excellent games, but I finally decided to give my own “game of the year” award to Günter Cornett and Alvidas Jakeliunas’ Hey! That’s my Fish!. This small game can look unimpressive at first sight, but there's much more in it than it seems, and it appeals to all kind of gamers, be it children, casual or hardcore gamers. Hey! That’s my Fish! is a nearly abstract game with penguins moving to and fro on the ice floe, trying to catch the most fishes before the ice melts down. Pinguins are dumb. The rules are clever and simple, the components are cute, and game itself is much more subtle than it first looks. With three or four players, it’s nasty and fast paced. With two players, it’s fast paced and brain burning. Simple, elegant and deep – Hey! That’s my Fish! is a future classic.

By the way, two of my former games of the years, Ticket to Ride and Himalaya; had interesting developments these last monthes. There’s a new Ticket to Ride edition, with a map of Germany and slightly more strategic rules, and there’s now the necessary 5-6 players expansion for Himalaya – the game is at its best with 5. .

 

   

Les gros jeux

Warrior Knights et Caylus sont sans doute les deux poids lourds de ma liste de recommandations mais, tandis que Warrior Knights pousse à l’extrème la sophistication un peu baroque des jeux de l’école américaine, Caylus est à l’inverse d’un classicisme rigoureux. Un bon gros jeu « à l’allemande » d’une rare profondeur stratégique, qui fait l’unanimité chez les amateurs de Puerto Rico et autres Princes de Florence.

Le succès du Caylus de William Attia et, plus récemment de Warrior Knights, a un peu éclipsé d’autres excellents jeux sans doute un peu moins longs et un peu moins complexes mais qui ne s’en adressent pas moins aussi au public restreint des gros joueurs.

Elasund est sans doute le meilleur jeu de la « licence Catan » depuis bien longtemps, et ce sans doute parce que Klaus Teuber est parvenu à s’affranchir suffisamment de l’original pour nous livrer ici un jeu entièrement nouveau, plus exigeant et plus complexe que les Colons de Catan, avec juste quelques élégants clin d’œil aux mécanismes de son lointain ancêtre.

Catan a aussi inspiré Parthenon, de Jason Hawkins et Andrew Parks, une sorte de synthèse entre Civilisation et les Colons, dans lequel les joueurs collectent et échangent des ressources pour développer le plus rapidement possible leur village, appelé à devenir l’une des grandes cités de la Grèce antique. Un jeu extrêmement dynamique, qui doit cependant être joué à six joueurs.

King’s Progress, de Steve Kingsbury, a été publié en toute petite série, avec un matériel assez médiocre, par l’éditeur anglais JKLM. C’est un peu dommage, car ce jeu d’une grande originalité, quelque part entre Elfenland, Citadelles et Puerto Rico, aurait sans doute mérité une édition plus professionnelle, et n’aurait pas déparé chez Hans im Glück, Alea ou maintenant Ystari.

Nexus Ops, de Charlie Catino, est, lui, un vrai wargame, une sorte d’Axis and Allies light dans un univers de science fiction et avec d’étonnants pions qui brillent dans le noir. Ça n’a pas la dimension baroque de Warrior Knights, mais ça ne prend pas non plus cinq heures de jeu…

Recommended heavier games

Warrior Knights and Caylus are probably the two heaviest games in my recommended list. Both are highly sophisticated, with lots of intriguing mechanisms, but while Warrior Knights is in the American baroque style, Caylus is in the German classical style. A heavy german game, with strategic depth, which was an instant hit with Puerto Rico, Euphrat & Tigris or Princes of Florence players.

The success of William Attia’s Caylus and, more recently, of Warrior Knights, outshined a few other really good games which, though usually somewhat shorter and simpler, are also aimed at hardcore gamers.

Elasund is the best game in the Catan brand for long, probably because Klaus Teuber managed to keep the inspiration of the original while feeling free enough to use completely new systems. The result is a completely new game, more complex and more involved than the usual Catan, with just a few nice references to its predecessor.

Settlers of Catan were also one of the inspirations for Jason Hawkins and Andrew Parks’ Parthenon, a kind of Catan / Civilization mix in an ancient Greek setting. Players collect and trade resources to develop their small village and make it one of the powerful Greek cities. This extremely dynamic and involved game is at its best with six players.

Steve Kingsbury’s Kings Progress is a small print run from a small English publisher, JKLM games, and the components are really poor. It’s a pity, and this very original game, which reminds of Elfenland, Citadels or Puerto Rico, should have deserved to be published by Alea, Hans im Glück or Ystari.

Charlie Catino’s Nexus Ops is, on the other hand, a true American style wargame, a kind of lighter Axis and Allies in a science fiction setting and with glow in the dark miniatures. It hasn’t the epic dimension of Warrior Knights, but it plays shorter.

   

Les jeux poids moyens

Si Key Largo et Mission Planète Rouge n’ont pas rencontré tout le succès que j’attendais, c’est sans doute parce qu’ils ont eu affaire à forte partie. Le format « une heure environ, 3 à 5 joueurs, tactiquement intéressant mais pas trop prise de tête quand même » a en effet eu beaucoup de succès chez les joueurs et les éditeurs, peut-être parce que c’est aussi le format habituel du Spiel des Jahres, le prix qui fait aujourd’hui vendre le plus de jeu.

Days of Wonder, l’éditeur qui ne s’est jamais trompé, était attendu au tournant. Il a encore frappé très fort avec Cléopatre ert la Société des Architectes, de Bruno Cathala et Ludovic Maublanc. Derrière le luxe de l’édition, avec tout un palais égyptien à bâtir par les joueurs, on découvre un astucieux jeu de cartes dans lequel chacun collecte des cartes ressources – pierre, bois, marbre, esclaves - pour les dépenser ensuite afin de construire les différents éléments du palais de Cléopatre. Ce principe de collecte et de construction est aussi celui du Blue Moon City, de Reiner Knizia, au surprenant look psychédélique. Les deux jeux sont cependant suffisamment différents pour ne faire en rien double-emploi.

Hans im Glück n’a pas surpris avec Thurn und Taxis, d’Andreas Seyfarth, un jeu de facture très classique, un peu dans l’esprit des Aventuriers du Rail. Certains lui ont même reproché cette parenté, mais franchement, il y a pire comme comparaison, et j’aimerai que l’un de mes jeux puisse un jouer être comparé aux Aventuriers du Rail ! Bref, puisque Hey ! That’s my Fish ! n’aura pas le Spiel – il n’est même pas dans la liste – j’espère maintenant que ce sera l’excellent Thurn und Taxis.

Ç’aurait aussi pu être Aquädukt, de Bernhard Weber, qui lui aussi fait un peu penser au jeu de trains d’Alan Moon. On ne construit plus des réseaux de trains, mais des aqueducs avec lesquels on s’efforce d’approvisionner en eau ses villae. Un jeu aux règles simples et efficaces, avec juste ce qu’il faut de chance et de tactique.

Alea a surpris, en revanche, avec Um Ru(h)m und Ehre, de Stefan Feld, un jeu qui a semblé plutôt mal accueilli par le petit milieu des joueurs. Um Ru(h)m und Ehre est pourtant dans le même esprit que Roma, le précédent jeu de Stefan Feld, qui avait eu, lui, d’excellentes critiques. Bref, c’est un petit chef d’œuvre, avec plein de mécanismes astucieusement imbriqués, quelques lancers de dés pour l’ambiance pirate, et un thème plus présent qu’il n’est de coutume dans les jeux allemands.

Mykerinos, de Nicolas Oury, est lui pubié par Ystari dans une boite plus petite que celle de Caylus, et les parties en sont deux fois plus brèves, mais ce jeu de majorité assez vicieux n’en est pas moins aussi destiné aux aficionados du jeu allemand.

Sous ses fausses allures de Wargame, Alexandre le Grand, de Ronald Hoffstätter et Dietmar Keusch, est lui aussi un jeu de majorité, aux systèmes originaux et bien conçus, et au thème finalement assez bien trouvé, ce qui est rare dans le genre.

Big Kini, de Guido Eckhof, est encore un jeu de majorité, assez complexe, avec exploration de nouveaux archipels, élections des ministres, et toutes ces sortes de choses, mais laissant une part plus importante qu’il n’est coutume au hasard, ce qui est un peu rafraichissant. Le thème, ici, ne fonctionne pas trente secondes, mais ça peut même en devenir drôle, et la mécanique reste excellente.

Deluxe Camping est le premier jeu publié de Vincent Everaert. Humour franchouillard et mécanique à l’allemande font étonnamment bon ménage dans ce jeu de placement dont l’action se déroule dans un camping sordide quelque part sur la côte méditerranéenne. C’est bien mieux à deux ou trois qu’à quatre.

Freya’s Folly est le second jeu publié par l’australien Don Bone. S’il est moins original que le premier, il est aussi bien meilleur. Alors, bien sûr, on peut être lassé des mineurs nains qui creusent des galeries pour en ramener des gemmes de toutes les couleurs, mais il serait vraiment dommage de s’arrêter là, d’autant plus que c’est un thème qui semble ne donner pour l’instant que d’excellents jeux !

Agora Barcelona est le premier jeu publié dans une vraie grosse boite par le sympathique Oriol Comas. Un jeu de majorité, un de plus là aussi diront certains, mais il est agréable, simple et diablement bien conçu.

Jenseits von Theben, de Peter Prinz, fait un peu penser à Key Largo. Au lieu de chercher des trésors engloutis dans des épaves, on cherche des pièces archéologiques au pied des pyramides ou des murailles de Troie. Les quelques centaines de boites, d’ailleurs pas très jolies, de cet excellent jeu de société familial ont été rapidement vendues au salon d’Essen, mais Key Largo, lui, est toujours disponible ;-).

Timbuktu, de Dirk Henn, n’est pas une vraie nouveauté, mais ce jeu de déduction particulièrement prise de tête n’avait été publié qu’à quelques exemplaires dans une édition d’une rare mocheté. Il est donc bon que ce classique du genre soit désormais disponible pour tous ceux qui veulent aller au delà du Cluedo et de Mystère à l’Abbaye.

Iliade, de Dominique Ehrhard, est un jeu de cartes superbement illustré qui reprend, d’une manière très différente, les principes de base de l’excellent Condottiere. Iliade, qui est surtout intéressant par équipe, est l’un des rares jeux de cartes de cette liste, une année où la préférence semble être allée aux grosses boites.

Un peu par goût – je préfère les parties avec plein de joueurs autour de la table – et un peu par nécessité – j’ai rarement l’occasion de me retrouver seul face à un autre joueur – je pratique peu les jeux à deux. Il en est quand même deux cette année que j’ai essayé et beaucoup apprécié, Expédition Altiplano, de Christian Martinez, qui devrait ravir tous les anciens joueurs de Magic, et Une Ombre sur Whitechapel, de Bruno Cathala et Ludovic Maublanc, un superbe jeu de déduction dont la première édition a été très vite épuisée mais qui, si tout va bien, devrait bientôt ressortir.

Recommended middle-weight games

Key largo and Mission: Red Planet were not the hits I was expecting, probably because the competition was fierce. “3 to 5 players, one hour game length, tactically interesting but not too brain burning” seemed to have become the standard format for many European publishers, probably because it’s the usual format of the Spiel des Jahres, the only game award that really boost sales.

The new game by Days of Wonder, the publisher which never missed so far, was much awaited. Ludovic Maublanc and Bruno Cathala’s Cleopatra and the Society of Architects has gorgeous components, with everything needed to build a palace for the queen of Egypt. It may be a bit overproduced, but this adds to the pleasure of playing this clever card game in which players collect resource cards – stone, marble, wood, slaves – and spend them to build the various parts of Cleopatra’s palace. A similar collecting and building system drives Reiner Knizia’s Blue Moon City, with its surprising psychedelic graphics, but the games are different enough to be both worth buying.

With Andreas Seyfarth’s Thurn und Taxis, Hans im Glück opted for a classic German design, which has been much compared with Ticket to Ride. Some reviewers even seemed to mind the common feel of the games. There are far more shameful comparisons, and I would like to see one of my games linked with Ticket to Ride! So, since Hey! That’s my Fish! didn’t even make the shortlist, my pick for the 2006 Spiel des Jahres is now Thurn und Taxis.

It could also have been Bernhard Weber’s Aquädukt, which also feels a bit like Alan Moon’s train game. It’s not about building train networks, it’s about building canal networks to bring water to your villae. A game with simple and cleverly designed rules, with just the right mix between luck and tactics.

Stefan Feld’s Um Ru(h)m und Ehre was not very well received by the hardcore gamers who dissect every new Alea game. It’s a surprise, since the same gaming microcosm had highly praised Stefan Feld’s former game, Roma, which had a similar feel – moderately complex and involved rules, strong theme, original systems, and heavy on luck. Don’t be fooled, Um Ru(h)m und Ehre is a masterwork, with cleverly entertwined systems, and a stronger theme than most German games.

Nicolas Oury’s Mykerinos was published by Ystari, in a smaller box than Caylus. The rules are also shorter, and the games shorter, but this tricky majority games is nevertheless, clearly, a gamer’s game.

Ronald Hoffstätter & Dietmar Keusch’s Alexander the Great looks like a wargame, but is also a euro-style majority game, with clever and original systems. The theme also fits the game very well, something rather unusual with majority games.

Guido Eckhof’s Big Kini is also a complex majority game, with new islands to explore, ministers to elect and other strange stuff. The systems are clever, with more luck than is usual in this kind of games. The theme doesn’t work a single turn but it almost makes the game more fun.

Deluxe Camping, Vincent Everaert’s first published game, is a strange mix between german rigorous game systems and French heavy humor. The action of this nasty placement game, much better with two or three than with four, takes place in a French camping, somewhere on the Mediterranean sea.

Freya’s Folly is the second game self-published by Australian gamer Don Bone. It’s less original than his first attempt, but also much, much better. It would be an error to become tired of dwarves digging galleries and bringing back gems of different colors, because even if overexploited, this theme ha so far brought only good games.

Agora Barcelona is Oriol Comas’s first big box game published. It’s one more area majority game, but it’s very cleverly designed, light, simple and easy to play.

Peter Prinz’s Jenseits von Theben feels a bit like Key Largo. Instead of looking for lost treasures in sunken wrecks, the players look for archeological treasures at the foot of the pyramids or of Troy’s walls. Since the few hundred copies of this self-published game have been sent in a few hours at the Essen fair, all you can do is buy Key Largo, which is still in stock ;-).

Dirk Henn’s Timbuktu is not really a new game. A few years ago, Dirk Henn had self-published a few hundred copies. They were both ugly and hard to find, so it’s good there is now a professional edition of this brain burning deduction game, for those who want to look beyond Cluedo and Murder at the Abbey.

Dominique Ehrhard’s Iliade is a gorgeously illustrated card game based on the same basic system than Dominique’s earlier Condottiere. Iliade, which is at its best when played in teams, is one of the very few card games in this list, since this year the trend was more towards big boxes.

I prefer game sessions with many players seated around the table, and I have few opportunities to play games face to face, so two players games ar but e usually not among my favorites. I usually play only those which are strongly recommended to be by gaming friend I trust. This year, there are two I really enjoyed.Christian Martinez’ Expedition Altiplano is a stand alone American style card game (even when published only in French so far) which feels like the best CCGs. A Shadow over Whitechapel, also in French only, is a very original deduction game by Bruno Cathala and Ludovic Maublanc. The few copies of the first limited edition were sold in a few days, but a new version is on its way.

   

Les jeux légers

Si personne n’a variment remarqué la sortie de Hollywood, d’autres petits jeux ont eu plus de succès, au premier rang desquels Hey, That’s my Fish ! qui, même si la stratégie peut y être subtile, reste un jeu frais et léger, aux règles simples, qui se joue en une dizaine de minutes.

Buccaneer, de Stefan Dorra est un petit jeu de pirates tout à fait dans l’esprit de ce que je faisais il y a quelques années pour les Blue Games. Si vous avez aimé Castel et l’Or des Dragons, vous ne serez pas dépaysé avec celui-là, ni d’ailleurs avec le très drôle Red Hot Silly Dragon, de Frédéric Henry et Guilaume Blossier, un jeu de prise de risque dans lequel il s’agit d’approcher le plus possible de la bête pour ramener des trésors sans pour autant se faire griller.

Tout aussi léger et amusant, malgré une présentation un peu excessive dans une grosse boite, Hart an der Grenze de André Zatz et Sergio Halaban est un bon petit jeu de bluff sur le thème classique du passage de la douane, qui n’est pas sans rappeler le bon vieux Rien à déclarer.

Dans la même famille des jeux de bluff un peu surproduits, on ne peut pas échapper à Ca$h’n Gun$ de Ludovic Maublanc, avec gros pistolets en mousse et superbes illustrations de Gérard Mathieu. Ici, les joueurs sont des mafiosi au moment du partage du butin – et toute la question est de savoir qui est vraiment prêt à tirer et qui ne fait que de l’esbrouffe. Bref, comme Diamant, un jeu sur l’éternel thème « en avoir ou pas ».

C’est un peu la même histoire dans Warumono, un jeu japonais malheureusement à peu près introuvable sous nos latitudes. Ici, ce sont des yakuzas qui courent après une valise de billets – et trois valises de faux billets, avec bluff et embrouilles à tous les carrefours.

Dans la catégorie très fournie des petits jeux de cartes pas révolutionnaires mais diablement astucieux, on notera cette année, outre the Hollywood card game, le Diabolo de Michael Schacht et le Poison de Reiner Knizia, deux spécialistes du genre, ainsi que celui qui est sans doute mon préféré, Jericho, de Tom Lehmann.

Plus inattendu est le Dancing Dragons de Margaret Weis et Tom Wham, une variation très amusante et graphiquement très réussie sur le thème du Kems.

Vitrail, de Dominique Bodin, avec ses jolies cartes transparentes, est en fait un casse-tête à plusieurs dans lequel il faut trouver la solution avant les autres. On peut ne pas aimer le genre, mais si on aime, Vitrail est une réussite.

Mémoire, logique et prise de risque sont les ingrédients de Du Balai, de mes compères Bruno Cathala et Serge Laget. Ce jeu en temps réel superbement édité et illustré n’est pas sans rappeler mon vieux Bongo.

Si vous êtes lassés de Taboo, du Pictionnary et de Time’s Up, vous pouvez passer à Objets Trouvés, un superbe jeu d’ambiance de Philippe des Pallières, dans lequel il faut illustrer une formule à l’aide d’objets inattendus.

Wolfgang Kramer et Michael Kiesling ont plusieurs cordes à leur arc, puisque cette équipe qui nous avait livré quelques bons gros jeux pour bon gros joueurs publie cette année Celtica, un superbe jeu de parcours familial, dans la plus pure tradition Ravensburger.

Techno Witches, de Heinrich Glumper, adapte pour le grand public, avec astuce et élégance, des mécanismes du jeu de figurine. Cela donne une étonnante course de sorcières sur leurs balais – quel dommage qu’un jeu aussi réussi n’ait pas eu la licence Harry Potter.

Dans les bizarreries, il faut aussi citer Dschamal, de Thomas Liesching, le jeu où tout le monde fouille en même temps, d’une seule main, dans le même sac pour y trouver tel ou tel pion. Redoutable.
Tout aussi surprenant est La Nuit des Magiciens, de Kirsten Becker et Jens-Peter Schliemann, un jue de stratégie et de dextérité qui se joue dans le noir absolu.

Je signale enfin quelques jeux pour les tous petits, mais que les plus grands ont le droit d’aimer aussi. Los Mampfos, un memory avec des ânes qui font caca de toutes les couleurs, n’est pas exactement dans le style habituel de Rüdiger Dorn, mais tout le monde a le droit de s’amuser.

Giro Galoppo, de Jûrgen Grunau, est une excellente initiation au jeu de bluff et de « double guessing », un jeu avec des vrais coups de pute, comme ceux des grands.

Guido Hoffman a recyclé dans Der Schwarze Pirat le mécanisme principal d’Akaba – à savoir une poire en caoutchouc utilisée pour propulser les pions sur le plateau de jeu -, et c’est toujours aussi amusant.

Hasbro s’est enfin décidé à rééditer le Fou Volant, sans doute après qu’un commercial ait découvert à quel prix se négociaient les vieilles boites. C’est tant mieux pour les joueurs, et tant pis pour ceux qui faisaient profession d’arpenter les vide greniers pour racheter quelques euros des Fous Volants qu’ils revendaient cent fois plus cher sur ebay.

Recommended lighter games

Noone noticed the Hollywood card game, but other small games were more lucky. Among them, of course, my game of the year, Hey! That’s my Fish!, a light, fresh and fast paced boardgame, with simple rules but subtle strategy.

Stefan Dorra’s Buccaneer is a small pirate game in the vein of what I used to design a few years ago for the Blue Games line. If you like Castle and Dragon’s Gold, Buccaneer is a sure hit for your gaming table.

The same is true of Red Hot Silly Dragon, by Frédéric Henry & Christophe Blossier, a risk taking game in which greedy adventurers must get the closest to the dragon without being roasted.

André Zatz and Sergio Halaban’s Hart and der Grenze is a nice little bluffing game about going through customs, reminiscent of the classic Contrabanda, but definitely overproduced.

Ludovic Maublanc’s Ca$h'n Gun$, with Styrofoam guns and cartoony graphics by Gérard Mathieu, is another overproduced bluffing game. Players are gangsters discussing the sharing of the loot, and the only relevant question is who is ready to shoot and who isn’t. Like Diamant, it’s a game about guts, who has them and who doesn’t.

The background story is the same in the Japanese boardgame Warumono. Three suitcases hold fake money, one holds the loot, and each player tries to get the right one and leave the country with it. It’s all bluffing and gangsters Here rival gangsters are trying to flee with the right suitcae, the one with the loot and no fake money. A fun bluffing game, unfortunately hard to get by in Europe or the USA.

Among the mnay clever German style card games, clever and challenging but with nothing really new, I’ve noticed Michael Schacht’s Diabolo and Reiner Knizia’s Poison, Michael and Reiner being two specialists of the that kind of games.

My favorite, however, is probably Tom Lehmann’s Jericho.

Margaret Weis and Tom Wham’s Dancing Dragons, a nice looking variation on a fun traditional card game, is more original.

Vitrail , by Dominique Bodin, is a fun real-time multiplayer puzzle with transparent cards that you must place one over the other to make the required picture. If you like the challenge in Set, you will like this one as well.

There’s memory, logic and dexterity in Du Balai, another real time game designed by my friends Bruno Cathala and Serge Laget. It’s a real time game with gorgeous components, kind of a more sophisticated version of Bongo..

If you want a chage from Taboo, Pictionnary and Time’s Up, you can try Philippe des Pallières’ Objets Trouvés (Was’n’dat in German). Unfortunately, this fun party game is language dependent, and there’s no English version scheduled..

Wolfgang Kramer and Michael Kiesling have more than one string to their bow. The team that used to make big german gamers’ games has also designed Celtica, a really nice family racing game, that fits perfectly in the Ravensburger line.

Heinrich Gumpler’s Techno Witches is another fun family racing game, with more original mechanisms partly borrowed from miniature wargames. It’s a shame this fun and clever game wasn’t oublished with a Harry Potter license.

As for zany and strange looking games, the best ones this years are Thomas Liesching’s Dschamal, in which players search wooden pieces with rummaging simultanesously in the same bag, and Kirsten Beckar and Jens-Peter Schliemann’s Nacht der Magier, a strategy and dexterity game played in total darkness.

There are some children games that are so cleverly designed that they could appeal as well to adult gamers. Los Mampfos is a very challenging memory and double-guessing game about donkey droppings, probably the most surprising theme of year, not exactly the usual Rüdiger Dorn’s style.

Jürgen Grünau’s Giro Galoppo is a horse racing game with simultaneous programmation and a lot of double guessing, and almost as much nastiness as Ave Cesar.

Guido Hoffman’s recycle the rubber bellows from last year’s Akaba in The Black Pirate, the children version of Pirates of the Spanish main, in which ships are literally pushed by the wind.

After someone at Hasbro discovered the price of old Looping Louie’s boxes on ebay, they decided to reprint the game. All the best for young and older gamers, and all the worse for those who had made a living of looking for Loopin Louie copies in garage sales and selling the on ebay.

Il y en a d'autres

Cette liste des meilleures nouveautés de cette saison 2005-2006 ne saurait exhaustive, tant il y a de nouveaux jeux auxquels je n’ai pas eu l’occasion de jouer et dont plusieurs auraient certainement mérité d’être cités ici. J’ai ainsi un à priori très positif sur Baron, Metromania, Crystal Faire, Railroad Tycoon, Conquest of the Empire, Glory to Rome, Hazienda et quelques autres qui attendent encore sur mes étagères que se présente l’occasion de les essayer

There are more games

Of course, this list of the best games of the 2004-2005 year is not exhaustive, since there are probably many other good games which I could not find the time to play yet, or even of which I never heard, and which would have deserved to be added to this list. Baron, Metromania, Crystal Faire, Railroad Tycoon, Conquest of the Empire, Glory to Rome, Hazienda seem to be really good games, but they are still sitting on my shelves, waiting for an opportunity to be played.

Et n'oubliez pas...

Si vous souahitez acheter l'un des jeux que je vous recommande (ou même un autre), vous pouvez le faire auprès des boutiques partenaires de mon site, Funagain aux États-Unis, Au Coin du Jeu et Jocade en France. Si vous le faites à partir des liens ci-dessus, ou de ceux qui figurent dans les pages des jeux dans ma ludothèque idéale, cela me rapportera un petit crédit et, les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, me permettra au bout du compte d'acheter et d'essayer quelques jeux supplémentaires.

Si vous êtes éditeur, vous pouvez aussi m'envoyer gentiment vos nouveautés. Elles ne seront pas traîtées différemment des jeux que j'achète, et je ne vous promet pas qu'ils seront dans mes recommandations de l'an prochain, mais du moins aurez vous l'assurance que je ne les aurai pas bêtement ignorées.

Don't forget...

If you want to buy one of the games I recommand (or even any other game), you can use my partner links to Funagain in the USA, Au Coin du Jeu and Jocade in France, either from her or from the game entries in the ideal game library. When doing so, a small percent will be credited to me, and this will help me buy and playtest a few more games.

If you are a publisher, you can also kindly send me your new games. They will be treated exactly like the ones I buy, and I can't promise you they will end in next year's list, but at least you'll be certain I have not simply overlooked them.

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