Buzz vs Intuition
Buzz vs Intuition


Le jeu et les femmes
Women and gaming


Plusieurs jeux en un
Several games in one


Je suis censé être un économiste
I'm supposed to be an economist


Après la fête
After the Party


Minimalisme
Minimalism


Occupying
Occupying


Imprévisibilité
Unpredictability


Editorial - Dinosaures
Editorial - Dinosaurs


Sélection pour mon jeu de l'année
Nominated list for my game of the year


Extensions
Expansions


Le Rasoir d'Ockham
Ockham's Razor


Rencontres ludopathiques 2011
2011 Ludopathic Gathering


Fun
Fun


Obsolescence
Obsolescence



Plus/More ...


Retour d'Essen
Back fromEssen

Bella Sara, la mascotte du salon
Bella Sara, the fair's mascot

Cela doit faire maintenant une bonne dizaine d’années que  je me rends tous les ans au salon d’Essen. J’ai pris le pli. Avec quelques autres auteurs, nous nous sommes installés dans un hôtel proche de la « Messe », ce qui nous évite d’avoir à prendre la voiture pendant le salon et permet de rentrer se reposer une petite heure quand cela devient vraiment nécessaire. Je ne me laisse plus entraîner à la redoutable « French Party » et évite ainsi de rentrer malade et avec une gueule de bois en chêne massif. Je gère les rendez-vous avec les éditeurs, faisant un choix savant de vieux amis et d’inconnus à découvrir, et tentant de nous garder du temps libre pour traîner dans les allées et découvrir jeux et joueurs. Sur place, nous prospectons en équipe avec Bruno Cathala, Ludovic Maublanc et, cette année, Gwenaël Bouquin qui remplaçait Serge Laget retenu par son nouveau boulot. Bref, la routine, au point que je me demandais un peu si j’avais encore envie de faire le déplacement. J’ai eu raison d’y aller, car ce salon fut, une fois de plus, un grand cru.

For about ten years, I’m going every year to the Essen fair. I’m getting used to it. With some fellow game authors, we sleep in a small hotel very near from the “messe” halls. This means we don’t have to use the car during our stay, and we can even come back to the hotel and rest for a small hour during the day. I’m not getting lured any more to the notorious “French party”, which means I’m no more ill or hung over when coming back from the fair. I manage the appointments with publishers, making a subtle mix of old friends and interesting newcomers, and trying to save some free time to wander in the halls, look at games and talk with gamers. On the fair, we are a team of French authors working together, with Bruno Cathala, Ludovic Maublanc and, this year, Gwenael Bouquin who had taken the place of Serge Laget, hekd back by his new job. This sounds almost like routine, and that’s probably I wasn’t that excited this year at he idea of going once more to Essen. I was wrong since, like every year, it was great.

À quatre dans une voiture bien chargée, avec Bruno Cathala, le dessinateur Pierô et un voisin joueur, Alain, il nous a fallu une douzaine d’heures pour arriver à Essen. Même en ayant pris soin de partir tôt, nous fumes encore rendus trop tard pour le pot des frères Lamont, mais on finira bien un jour par y arriver. Au moins avons nous pu faire un premier tour du salon le mercredi soir pour saluer les retardataires qui étaient encore en train de construire leur stand en prenant bien soin de ne pas se laisser embaucher pour le bricolage ou la manutention, et pour jeter un premier coup d’œil aux stands. Heureux présage, ma première rencontre, à peine franchies les portes du salon, fut avec Michael Schacht et Joe Nikisch, les heureux gagnants du Spiel des Jahres. Un peu plus loin, nous découvrîmes le stand Phalanx, tout entier décoré aux couleurs de Chicago Poker. Nous allâmes ensuite, avec l’équipe de Hurricane, dîner au restaurant coréen situé en face de notre hôtel – c’est quand même mieux que la cuisine allemande et ses redoutables currywurst. We were four people in a well stuffed car, with Bruno Cathala, the game illustrator Pierô, and a gaming friend and neighbor, Alain. We drove twelve hours and, even with leaving earlier than usual, we still couldn’t make it in time for the Lamont Brothers’ party – next year we’ll try again. At least, we manage to arrive just in time to make a first round of the fair on Wednesday night, and say hello to he latecomers who were still building their booth, trying not to get hired for hammering nails or piling game boxes. As a good omen, the first people I met when entering the fair halls were the happy winners of the Spiel des Jahres, Michael Schacht and Joe Nikisch. Somewhere farther, Bruno Cathala and I soon discovered the nice looking Phalanx booth, all painted in the colors of Chicago Poker. Then we went, together with the Hurricane team, to the corean restaurant next door to our hotel – it’s much better than the usual German currywurst.

Le stand Phalanx
The Phalanx booth

Le resto en face de notre hôtel
The restaurant next to our hotel

À partir du lendemain matin, je ne sais plus très bien dans quel ordre les choses se sont déroulées. Avec très exactement 0,7 nouveautés à présenter sur le salon – une moitié de Chicago Poker et un cinquième de Stonehenge – et peu de rendez-vous, je me sentais plus libre qu’à l’habitude d’errer dans les allées, seul ou avec mes compères auteurs.

From next morning, I’m not sure anymore of the order in which things took place. I had exactly 0.7 new games on the fair – half of Chicago Poker and one fifth of Stonehenge – and less appointments than last years, so I felt quite free to wander in the halls, alone or with fellow authors.
On a croisé plein de gens connus et inconnus, auteurs et éditeurs, on a discuté longuement de jeux auxquels on n’avait pas joué, on a prêté oreille aux diverses rumeurs bienveillantes et malveillantes – mais je ne peux pas reprendre ces dernières ici. Côté auteurs, un salon d’Essen sans Emanuele Ornella ni Alan Moon pouvait sembler un peu curieux – pour Serge Laget, on commence à avoir l’habitude et on essaie déjà de deviner pourquoi il ne viendra pas l’an prochain. En revanche, j’ai fait la connaissance de Paul Peterson et Glenn Drover et j’ai recroisé rapidement Philippe Mouchebeuf, Fief 3 sous les bras, et même Richard Garfield que je n’avais plus vu depuis que, il y a une bonne dizaine d’années, j’avais tenté de vendre Tempête sur l’Échiquier à Wizards of the Coast. Wolfgang Kramer semblant avoir, comme nous, son camp de base sur le stand de Days of Wonder et Pro Ludo, je le croisais à plusieurs reprises ; je crois qu’il fut content d’entendre tout le bien que je pense du Marché d’Alturien, injustement massacré par la critique de Spielbox Un déjeuner avec Marianne et Michael Schacht fut l’occasion d’apprendre que Kakerlaken Salat était la nouveauté du salon, ce qui est peut être un peu excessif, et d’en savoir plus sur les suites possibles au succès de Zooloretto – mais ça, je n’ai pas le droit d’en parler. We met lots of people, some already known, some not, authors, publishers and gamers, we discussed at length games that we hadn’t played yet, and we kept an ear for good and evil rumors, the latter I can’t publish here. An Essen fair without my friends Alan Moon and Emanuele Ornella felt a bit strange, but on the other hand I was introduced to Paul Peterson and Glenn Drover, I stumbled into Philippe Mouchebeuf, which had left the gaming world for years, carrying a prototype of Fief 3, and even talked to Richard Garfield which I had not met since the time, about twelve years ago, when I had tried to sell Knightmare Chess to Wizards of the Coast. Wolfgang Kramer seemed to have his base camp at the Days of Wonder / Pro Ludo booth, so we saw each other a few times; I think he was glad to hear how much I like The Market of Alturien, which had just been unfairly demolished in a Spielbox review. I had lunch with Marianne and Michael Schacht, and learned there that Kakerlaken Poker was the best new game on the fair – may be a slightly excessive statement -, as well as few things about possible Zooloretto follow-ups, but I’m not allowed to tell more about it.

Bruno et Ludo attendent un éditeur
Bruno and Ludo waiting for a publisher


Piero dédicace son 642ème Mr Jack
Piero signs his 642th copy of Mr Jack
Je n’ai malheureusement essayé aucune des nouveautés présentées sur le salon. J’ai bien tenté de lancer, au Jung, une partie de Moai, mais à peine l’auteur, Adrian Dinu, avait-il fini de nous expliquer les règles que débarquait Rik Falsh, le très sympathique boss de Valley Games, pour tester l’un de mes prototypes (et commander le gâteau d’anniversaire de Miss Canada, mais ceci est une autre histoire). Après un excellent repas, arrosé de divers vins d’Amérique du Sud, Pierre Gaubil nous a aussi fait tester l’un des projets dans les cartons de Days of Wonder, qui m’a énormément plu mais dont, là encore, je n’ai pas le droit de parler. Il est toujours flatteur pour un auteur de jeux de voir l’un de ses prototypes lui être sans cesse réclamé, et j’ai donc fait sur le salon trois parties de « Save the Kursk ! », et ce bien que ce jeu de coopération sur les dangers de l’alcoolisme en milieu confiné ait trouvé un éditeur la veille du salon. I could not play a single one of the new games on the fair. I tried with Moai, but just when Adrian Dinu had finished explaining the rules to us, Rik Falsh, the Valley games boss, arrived to playtest one of the prototypes I had shown him (and to order Miss Canada’s birthday cake, but this is a different story). After a wonderful dinner, and good south American wines, Pierre Gaubil asked us to playtest one of the top secret  Days of Wonder projects, but I’m also not allowed to give any detail save, of course, that the game is great. The main reason, however, why I did not play new games is that I was repeatedly asked for one of my prototypes, which is quite flattering. So I played three games of “Save the Kursk!”, a cooperation game about the dangers of drinking alcohol in a confined environment, and this even though this game had found a publisher the day before the fair.

Un test avec Rik Falsh, de Valley Games
Prototype testing with Rik Falsh, of Valley Games


Save the Kursk!
Depuis quelques années, le petit milieu du jeu se fait une idée des meilleurs jeux du salon à partir du classement de la revue FairPlay, rapidement répercuté sur de nombreux sites web. Je pense personnellement qu’il n’a plus beaucoup de valeur. À l’origine, le questionnaire FarPlay avait été conçu pour permettre aux joueurs présents sur le salon de donner leur impression sur tous les jeux qu’ils avaient essayés, et donner ainsi une visibilité plus grande aux meilleurs jeux, notamment ceux publiés par de petits éditeurs. L’idée était louable, et a longtemps fonctionné, mais les effets pervers du système ont fini par l’emporter et le classement obtenu n’a plus grande signification. Les joueurs qui prennent la peine de remplir le questionnaire de Fair Play ne sont absolument pas représentatifs, étant souvent de gros joueurs amateurs de gros jeux stratégiques, ce qui conduit à éliminer d’office les jeux plus légers et plus familiaux. Beaucoup de joueurs ayant tendance à noter les jeux, et surtout ceux qu’ils on appréciés, juste après y avoir joué, les résultats sont également biaisés en faveur des éditeurs dont le stand est à proximité de celui de Fair Play. Surtout, les petits éditeurs ont vite compris que, vu le petit nombre de votants, les résultats étaient faciles à manipuler ; si les plus honnêtes se contentent de suggérer à ceux qui ont essayé le jeu sur leur stand d’aller donner leur avis, d’autres convoquent le ban et l’arrière ban de leurs amis et testeurs pour aller faire monter leur note, ce qui conduit à d’étonnants mouvements de va et vient. Bref, les résultats sont tellement biaisés qu’une bonne note sur la liste Fair Play finit paradoxalement par ne plus être vraiment signe de qualité ludique que si elle concerne un jeu grand public publié par un grand éditeur.
Pour toutes ces raisons, j’en suis venu à tenir pour plus fiable la simple rumeur du salon, les commentaires entendus ici et là, l’impression de plaisir que donnent ou non les joueurs assis autour des tables de jeu. Il m’est d’ailleurs souvent arrivé d’interroger les joueurs sur les stands et de leur demander simplement si le jeu était bon.
For a few years, the small world of dedicated gamers gets a first idea of the new noticeable games using the FairPlay magazine poll, whose results are published on many websites. I personally don’t trust this poll anymore, and would like to explain why. It was originally designed to give to all gamers on the fair an opportunity to give their feelings about the new games they had played, and to give a higher visibility to the best of them, especially when coming from small publishers with a small booth in a faraway hall. It was a nice idea, and it worked for a few years, but the system has now been perverted and doesn’t have any more real meaning. The gamers who take the time to fulfill the Fairplay form are a very specific kind, usually interested mostly in heavy and/or luckless strategy games, which means that light and family fare games are out of the run before it has even started. Many players think of filling the form only just after playing the game, meaning the results are strongly biased in favor of the publishers whose booth are near the Fairplay one. But the main problem is that small publishers have soon found out that, given the small number of voters, the results were easy to manipulate. Some are correct and only ask the players who played and liked the game to go and vote at FairpPlay, but other simply ask all their friends to give the best notes to their games. There are now so many strong biases affecting the FairPlay poll that I don’t think it can be trusted in any way, except when it favors a light game published by a big publisher whose booth is far from the Fairplay one – and it never happens.
That’s why I think the fair alleys rumors, the gamers’ comments, the feeling of fun, deep satisfaction or plain boredom that you can see on the gaming tables, are a better indicator of the games value. I sometimes simply stopped at gaming tables and asked the players “is it good?”.

Quatre tendances se dégagent au vu des nombreuses nouveautés du salon d’Essen 2007 – les jeux sont nombreux, moches, gros et souvent chinois. Je ne reviendrai pas sur leur nombre, n’ayant malheureusement sur ce point pas grand chose à ajouter à mes réflexions d’avant salon.

Entre le moche minimaliste de Moai ou Im Jahr der Drachen, donnant l’impression que l’éditeur a tout juste édité un prototype, les illustrations médiocres de Kingsburg ou Battue, rappelant ce que le jeu de rôles a connu de pire, et la surcharge graphique de Cuba ou d’El Capitan, plus luxueux que véritablement élégants, on se dit que beaucoup d’éditeurs auraient besoin d’un conseiller artistique. Même le nouveau Kris Burm, Tzaar, est moins joli à voir que ses précédents opus. Quand la boite est belle, comme pour Container ou Gipsy King, le contenu est souvent tristounet. Et je ne cite là que des jeux qui semblent par ailleurs très bons – on peut sans doute en trouver qui sont à la fois moches et mauvais.

Côté thème, les chinois et assimilés semblent avoir pris le relais des Vikings, avec Chang Cheng, Ming Dynastie, l’Année du Dragon et King of Siam et quelques autres. Signalons aussi la surprenante présence de deux jeux sur un thème délicieusement exotique, le transport de containers.

A survey of the games published at this fair shows four main trends – the games are numerous, ugly, heavy and often Chinese. Since I’ve unfortunately nothing to add to what I wrote in my former editorial about the excessive number of games published, I won’t discuss any longer here.

Games can be ugly in many ways. Many are ugly in a minimalistic way, as if the publisher simply published the prototype, like Moai or Im Jahre der Drachen. Some, like Kingsburg, or Battue, have simply bad graphics, reminding of the worse RPGs. Others are graphically overloaded, like Cuba or El Capitan, who look luxurious but not elegant. Even Tzaar, Kris Burm’s last opus, doesn’t have the classy look of its predecessors. Some games have really nice looking boxes, like Container or Gipsy King, but the components inside look much blander. And I list here only games which, from all I’ve heard, are really good! There are probably other ones which are both ugly and bad.

Old Chinese seem to be this year’s Vikings, with Chang Cheng, Ming Dynasty, Year of the Dragon, King of Siam and a few others. Coincidentally, there are two games published on the same sexy and exotic theme, containers sea transport.
Comme je l’ai plusieurs fois entendu dire sur le salon,si les candidats pour le DSP semblent nombreux, c’est en vain que l’on cherche parmi les nouveautés un prétendant crédible su SdJ. Kingsburg, un jeu de gestion aux règles originales et astucieuses et avec pas mal de lancers de dés, est sans doute le jeu auquel j’ai le plus hâte de jouer après lecture des règles. Si même la présence de Miss Canada sur le stand ne parvenait pas à rendre Container vraiment sexy, ce jeu de gestion dont j’ai eu l’occasion il y a quelques années de tester le prototype est d’une grande richesse tactique. De Cuba, encore un gros jeu de gestion ou on échange des cubes verts contre des cubes rouges, j’ai entendu parfois le pire, mais souvent le meilleur – sans doute faut-il aimer le genre pour apprécier le jeu. Moai est encore un jeu de gestion, avec un peu de bluff et quelques coups de pute, et devrait bien me plaire. Parmi les autres gros ou assez gros jeux qui m’ont semblé appréciés des joueurs, il faut citer Battue, Im Jahre der Drachen, Tribun, Chang Cheng, Eketorp, Darjeeling, Amyitis, Race for the Galaxy, King of Siam ou Antler Island, ainsi que Vor dem Wind et Neuroshima Hex, qui sont déjà dans la ludothèque idéale. J’en oublie sans doute, il y en avait vraiment beaucoup.
Tzaar, le nouveau Kris Burm, est le seul jeu abstrait qui m’a semblé remporter un réel succès.
I’ve heard a few people on the fair stating that there were many strong contenders for the DSP, but no serious candidate for the SdJ. Kingsburg, a management game with a clever and original die roll system, is probably the game I’m most eager to play after reading its rules. Even Miss Canada could not make Container a really sexy game, but this heavier management game, which I’ve played a few years ago as a prototype, is very challenging, which is probably more important for most gamers. Cuba is another management game in which you produce, spend and trade various resources;  I’ve heard the best and worst things of it, which means at least that no one was indifferent. Moai, another resource management game, with some bluffing and opportunities for nastiness, is probably the kind of game I will like. Other big games that were talked about and usually praised were Battue, Year of the Dragon, Tribun, Chang Cheng, Eketorp, Darjeeling, Amyitis, Race for the Galaxy, King of Siam and Antler Island, Neuroshima Hex and Before the Wind. The two latter are not really new, since they were already in the ideal game library. I probably forget a few ones, since there were really many, many new games this year.
Tzaar, Kris Burm new offering, was the only abstract game that seemed to be really noticed.

Cuba

Container

Du côté des jeux plus légers et plus familiaux, il n’y avait pas grand chose à remarquer, si ce n’est le nouveau Friedemann Friese, Filou, un excellent petit jeu d’enchères que j’avais testé au printemps dernier et, bien sûr, Chicago Poker, superbement mis en valeur sur le stand Phalanx – même s’il n’y avait pas de vraie bière dans les tuyaux.

Pour les plus petits, il faut citer Bella Sara Kakerlaken Salat – meilleur jeu du salon selon Michael Schacht -, Burg Ritter – jeu de construction en coopération aussi amusant à regarder qu’à jouer – et Ditte Dotter, une nouvelle et amusante variation sur le Memory.

As for lighter and more family fare games, there was much less exciting stuff. Filou, by Friedemann Friese, is a great light auction games, which I enjoyed a lot when I played the prototype last spring. Chicago Poker seemed to be well received, thanks to the gorgeously looking Phalanx booth, even when there was no real beer in the pipes.

For younger gamers, there was Bella Sara Kakerlaken Salat, the best new game according to Michael Schacht, Burg Ritter, a cooperative game as fun to look at as it is to play, and Ditte Dotter, a new and fun variation on Memory.

Bien qu’ayant laissé quelques prototypes ici et là à des éditeurs, je n’ai pu mettre samedi soir dans notre voiture bien pleine qu’une vingtaine de nouveautés, essentiellement celles que j’ai citées plus haut, plus quelques jeux que l’on m’avait offert. Comme nous étions plusieurs à travailler lundi, nous sommes rentrés dimanche, parvenant même à partir dès 6h30 du matin, ce qui m’a permis de reprendre mes cours lundi matin après avoir dormi et en ayant l’air presque frais. Reste maintenant à faire la liste des jeux que j’ai ramenés, celle de ceux que j’aimerai avoir ramené et que je vais demander à mes amis de Heidelberger de m’envoyer, et celle des prototypes que je dois imprimer, coller, découper, mettre en boite et envoyer aux différents éditeurs. Heureusement, ce n’est pas moi qui dois trouver en urgence 140 dés de poker…

Even with leaving a few prototypes to publishers, there was no room for more than twenty or thirty new games in the car, including some I had been offered by publishers. Since some of us had to be back to work on Monday, we managed to left early – at six thirty – on Sunday morning, and I could give my first lecture Monday at nine a.m., looking almost fresh. Now I must make a listing of all the games I brought back with me, of all the ones I would like to get and I will ask my friends from Heidelberger to send me, and of all the prototypes I will print, paste, cut, box and send to various publishers next week. It’s good I’m not the one who must, at once, find 140 poker dice.

 

Burg Ritter

Photos de Gwenaël et Alain Pictures by Gwenaël and Alain

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