Je n’étais donc
pas à Essen, mais j’étais, la semaine suivante,
au très sympathique salon du jeu et de la BD de Lucca, en Toscane.
Lucca est une très belle cité Renaissance, et le salon se tient
dans la ville même et non dans un quelconque hangar excentré comme
c’est le cas ailleurs. Le charme du lieu, et le dynamisme du mélange
jeu de société / jeu de rôles / BD / Anime font de ce salon
l’une de mes plus belles expériences du genre.
Il faut dire que j’étais « invité d’honneur »,
ce qui m’a permis de jouer à la vedette, un rôle
toujours agréable, et de me faire un peu materner, n’ayant à m’occuper
ni de l’hôtel, ni des restaurants, ni de rien. Bien sûr,
en contrepartie, je devais donner une conférence, animer un
séminaire sur la création de jeux et apporter des conseils à quelques
auteurs débutants, mais tout cela dans une telle légèreté,
une telle simplicité, que ce fut toujours un plaisir.
Je devais aussi faire des démonstrations d’Ad
Astra, publié chez l’éditeur local, Nexus. Ad
Astra a remporté un grand succès, et fut même
couronné meilleur jeu du salon. Sur le stand de Nexus, j’ai
fait la connaissance de Piero Cioni, qui présentait deux de
ses nouveaux jeux, à paraître très bientôt,
Dakota et Magestorm. Je n’ai pas pu jouer à Magestorm,
mais j’ai vu quelques parties, suffisantes me donner très
envie – en gros, c’est comme Battlelore, mais c’est
aussi complètement différent et profondément
original. J’ai joué à Dakota, un jeu de gestion
bien prise de tête, mais avec des alliances mouvantes et beaucoup
de méchanceté ; il sera sans doute la prochaine
entrée dans la ludothèque idéale. Gonzaga ne
se jouait pas chez Nexus mais chez les voisins de Da Vinci, et ce
jeu tactique un peu dans la lignée des Aventuriers du Rail
est aussi une réussite. La troisième nouveauté,
plus modeste et plus rapide, à laquelle j’ai joué est
Aaaaaaaargh!Tect du toujours surprenant Walter Obert. Un jeu dans
lequel il faut crier Ubungu ! Ubungu ! en tapant avec une
massue gonflable sur le crâne de son partenaire ne peut être
que parfaitement génial. Je n’ai pas eu le temps d’essayer
les autres nouveautés de la saison, fort nombreuses, mais
j’en ai ramené bon nombre dans le coffre de ma voiture.
Sur le chemin du retour – bon, en faisant quand
même un petit détour – je me suis arrêté à Padoue
chez mon ami Emanuele Ornella. Nous avons fait quelques parties – Boardgamegeek
game, Pony Express, Martinique), dit du mal des éditeurs et
solennellement échangé nos dernières sorties
respectives, Ad Astra et Pony Express contre Assyria et Martinique.
Certes, les créations d’Emanuele et les miennes ne sont
pas vraiment du même style, mais j’apprécie ses
jeux – Hermagor, surtout – et il aime bien les miens.
Si un jour nous parvenons à faire quelque chose ensemble,
le résultat pourrait être curieux.
Je ne voudrais pas terminer cet éditorial sans
un très grand merci à toute l’équipe de
Lucca Games, ainsi qu’à Duccio, que j’ai eu un
immense plaisir à retrouver, à Roberto, un grand éditeur
qui ne se prend pas au sérieux, à Piero, un auteur
talentueux, à Susan et Monte qui m’ont donné envie
de me remettre au jeu de rôles, et à Anna, ma traductrice
aussi charmante que cultivée (à moins que ce ne soit
l’inverse).
Novembre 2009 |
So, I wasn’t
in Essen but I was, the following week, at the really pleasant Game
and Comics fair in Luca, in Tuscany.
Lucca is a gorgeous Renaissance city, and the fair takes place in the city center
and not, as it is with most other, in some far away shed. The charm of the old
city, and the fun and dynamic mix of boardgames, role playing games, comics and
anime makes for a great and very casual ambiance. This was probably the nicest
game fair I’ve ever attended.
I even was a “guest of honor”,
which means I was always in the limelight, which is fun, and didn’t
have to deal with trivial matters such as hotels and restaurants.
In counterpart, I had to deliver a lecture, to chair a game design
workshop and to help some aspiring game designers with their prototype.
All this was organized in such a casual, fun and natural way that
it was always a great pleasure.
I also had to make demos and signings
of Ad Astra, which is published by a local publisher, Nexus. Ad Astra
was a hit, and even got the “best game of the fair” award.
On the Nexus booth, I met Piero Cioni, who was demoing two new designs
of his which are to be published very soon by Nexus. I didn’t
play Magestorm, but I’ve seen a few games which looked fascinating – it’s
avery original design, something like Battlelore but completely
different. I played a game Dakota, a brain-burning management game
(read “very German style”) with shifting alliances and
permanent opportunities for backstabbing (read “very American
style”) - kind of Agricola meets Diplomacy. It will probably
be the next entry in the ideal game library. Next to Nexus was the
Da Vinci booth, where I played a game of Gonzaga, a verry well designed
tactical family game more or less in the Ticket to Ride style. The
third new game I played on the fair was the new stupid thing by Walter
Obert – Aaaaaaargh!Tect. A game where you have to shout Ubungu
! Ubungu! While hitting your partner’s head with an inflatable
club cannot be really bad. Actually, it’s even great.
I didn’t have enough time to play the other new games, but my
car’s trunk is full of stuff I’ll try to play in the next
weeks. On the way home – well,
making a small detour – I visited my friend Emanuele Ornella,
in Padova. We played a few games – the Boardgamegeek game, Pony
Express, Martinique -, gossiped about publishers and I solemnly traded
Ad Astra and Pony Express for Martinique and Assyria. Obviously, Emanuele
and I don’t have the same design style, but I like his games – especially
Hermagor – and he enjoys playing mine. If, some day, we manage
to make something together, it will probably be surprising.
Of course, I must end this editorial
with my thanks to all those who helped making this a wonderful gaming
event. Thanks to the whole Lucca games team. Thanks to Duccio – it
was great to meet him again and to learn that he’s still a
gamer. Thanks to Roberto, a great publisher and a casual, friendly
guy. Thanks to Piero, a talented game designer. Thanks to Susan and
Monte, who made me regret that I’ve stopped playing RPGs. And,
last but not least, thanks to Anna, my translator, who is as charming
as she is cultured (or may be it’s the reverse).
November 2009
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