Buzz vs Intuition
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Le jeu et les femmes
Women and gaming


Plusieurs jeux en un
Several games in one


Je suis censé être un économiste
I'm supposed to be an economist


Après la fête
After the Party


Minimalisme
Minimalism


Occupying
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Imprévisibilité
Unpredictability


Editorial - Dinosaures
Editorial - Dinosaurs


Sélection pour mon jeu de l'année
Nominated list for my game of the year


Extensions
Expansions


Le Rasoir d'Ockham
Ockham's Razor


Rencontres ludopathiques 2011
2011 Ludopathic Gathering


Fun
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Obsolescence
Obsolescence



Plus/More ...


Mon jeu de l'année 2010

My 2010 game of the year

J'étais assez content de moi après la publication de ma liste de "nominations" pour mon jeu de l'année. Malgré des sorties plus nombreuses, et souvent de grande qualité, j'étais en effet parvenu à une sélection plus restreinte que l'an dernier, seize jeux au lieu de vingt. Cette liste était en outre joyeusement éclectique, allant des petits jeux d'ambiance comme Dobble, Linq ou Identik aux gros jeux de stratégie comme Carson City, Hansa Teutonica ou Last Train to Wensleydale.

Preuve que la liste était bien faite, je me suis trouvé bien embêté ensuite au moment de choisir parmi seize excellents jeux qui, tous, pour une raison ou une autre, semblaient mériter d'être "jeu de l'année".

I was quite proud of myself after uploading the nomination list for my "game of the year" award. Despite the many games, and the many good games, published this year, I had managed to make a shorter list than last year, with only sixteen games instead of the last year's twenty. Even more, this list was joyously eclectic, with games ranging from very light party games like Dobble, Link or Portrayal to heavy strategy games such as Carson City, Hansa Teutonica or Last Train to Wensleydale.

The best proof that this was a good list was the difficulty I had afterwards when trying to find my "game of the year" in it. All sixteen games seemed, for one reason or another, to deserve the award.

 
Xavier Georges
Carson City
Inon Kohn
Charly
Cephas Howard
Creationary
Bruno Cathala
Ludovic Maublanc

Cyclades
L'un des plus drôles et dynamiques des nombreux successeurs de Caylus.
One of the most fun and dynamic of all the successors of Caylus.
Un petit jeu de cartes sans prétention mais amusant et bien foutu.
A light and clever family card game.
Pictionary avec des legos, il suffisait d'y penser.
It's just Pictionary with Lego bricks, but it's fun.
Un jeu de conquête très mouvementé, avec des enchères et des pouvoirs spéciaux.
A very dynamic conquest game, with auctions and special powers.
 
Denis Blanchot
Guillaume Gilles-Naves
Igor Polouchine

Dobble
Spot it!
Rüdiger Dorn
Cœur de Dragon
Dragonheart
Carl de Visser
Jarratt Gray

Endeavor
Matt Leacock Baumann
L'île Interdite
Forbidden Island
Observation et réflexes… on est doué ou pas.
A fun card game of observation and speed.
Un bon petit jeu de cartes pour deux joueurs.
A clever two players card game.
Un jeu de gestion à l'allemande où les erreurs ne pardonnent pas.
A sophisticated German style development game.
Pandemic pour toute la famille.
Pandemic for the whole family.
 
Marco Ruskowski
Marcel Süsselbeck

Fresco
Andreas Steding
Hansa Teutonica
Reinhard Staupe
Havana
Kristian R.A. Otsby
Hotel Samoa
Un très beau jeu de cubes à l'allemande, pas trop prise de tête.
A nice and relatively light German cubes managament game.
Un bon gros jeu à l'allemande, bien prise de tête.
A German brain burner.
Un jeu de cartes avec des personnages et du bluff, genre Citadelles.
A card game with bluff and special characters, à la Citadels.
Un jeu de gestion léger et original.
A light and original management game.
 
Amanda Kohout
William Jacobson

Identik
Portrayal
Andrea Meyer
Erik Nielsen

Linq
Cédric Lefebvre
Offrandes
Martin Wallace
Last Train to Wensleydale
Un très curieux jeu de dessin.
A strange drawing game.
Le successur de Taboo ?
The new Taboo ?
Un très ambitieux jeu d'enchères.
An ambitious auction game.
Encore un jeu de trains de Martin Wallace, mais celui-ci est différent.
One more train game by Martin Wallace, but this one is different.
 

Prix spécial
Special prize

Meilleur jeu de baston à l'ancienne
Best old school conquest game

Le vainqueur
The winner

meilleur jeu d'ambiance
also best party game

Prix spécial
Special prize

Meilleur jeu de stratégie à l'allemande
Best German style brain burner

Après quelques longues séances de contemplation de cette liste, je me suis quand même retrouvé avec trois finalistes, trois jeux qui, par leur originalité autant que par leur qualité ludique, me semblaient sortir d'un lot pourtant déjà remarquable. Ces trois jeux sont Cyclades, Hansa Teutonica et Linq.

Là, les choses sont devenues plus difficiles encore, car j'avais une excellente raison de ne pas choisir chacun d'entre eux.

After long hours contemplating this list, I ended at last with three finalists, three games whose originality and interest seemed to be even stronger than that of the thirteen other ones. These games are Cyclades, Hansa Teutonica and Link.

This made things even more complex, because there was also a good reason not to choose each one of these.

Cyclades est, comme Smallworld que j'avais couronné l'an dernier, un jeu de baston de facture assez classique, un lointain cousin du Risk. Le jeu est rapide, plein de rebondissements, les pouvoirs des dieux et des créatures lui donne une grande variété. L'édition est en outre magnifique, avec de belles figurines et de jolis dessins de Miguel Coimbra.
Il m'était pourtant difficile de choisir Cyclades. Bruno et Ludo sont des amis, et il se serait encore trouvé des gens pour laisser entendre que bon, copinage, tout ça. Peut-être auraient-ils eu un peu raison, tant il est difficile de juger honnêtement le travail d'un auteur que l'on connait.
Je sais en outre qu'il y a quelques personnes qui, chaque année, achètent mon jeu de l'année. L'an dernier, je leur avais fait acheter Smallworld, et je ne pense pas qu'ils l'aient regretté. Cette année, avec Cyclades, je prenais le risque de leur faire acquérir un jeu un peu du même style, mais finalement moins original, ce qui pouvait être dommage.
Cyclades is an old style conquest game, a distant heir of Risk, like last year's game of the year, Smallworld. Cyclades is fast paced, full of twists and turns. The different powers of gods and mythical creatures gives him variety and replayability. The game is also gorgeously produced, with nice plastic miniatures and great graphics by Miguel Coimbra.
The first problem with giving the award to Cyclades was that its authors, Bruno and Ludo, are friends. I'm sure there would again have been, on the french forums, talks of cronyism. And may be it would have been the case, because it's hard to judge honestly the work of someone one knows well.
There are a few gamers who, every year, by my game of the year. Last year, they bought Smallworld. It may not have been the best idea to make them buy Cyclades, which belongs to the same genre and is probably a bit less original.
Hansa Teutonica est indiscutablement un chef d'œuvre du bon gros jeu stratégique à l'allemande. Ce jeu m'a même réconcilé avec un genre dont je commençais à me lasser. Il reste que c'est un jeu exigeant, calculatoire, prise de tête - un jeu que j'adore mais que je n'oserai pourtant pas conseiller à tous, pas même à tous les habitués de la ludothèque idéale. Hansa Teutonica is undoubtedly a masterwork of German heavy strategic game design. This game even reconciled me with a genre I was getting bored of. It is still, however, a very demanding, brain burning and mathematical game. This is something I would not dare to recommend to everbody, not even to every regular of my ideal game library.
Linq est un jeu de vocabulaire et de communication, un genre certes plus accessible mais qui, là encore, ne plaira sans doute pas à tous. Surtout, ce n'est une nouveauté que pour les francophones comme moi. Les allemands et anglo-saxons, soit la moitié des visiteurs de la ludothèque idéale, le connaissent depuis cinq ou six ans, même s'il ne semble pas avoir jusqu'ici remporté là bas le succès qu'il mérite. Linq is a communication party game, a more accessible genre but also not something every one likes. Furthermore, if it's a new game for French gamers, it is not for american and German ones, which make half of my website visitors. It has been published in Germany and the US six or seven years ago, even when it went relatively unnoticed.

Choisir entre des jeux si différents, entre un "party game" comme Linq, un jeu de baston à l'américaine, Cyclades, et un jeu de stratégie à l'allemande, Hansa Teutonica, n'a bien sûr guère de sens. C'est un peu comme choisir entre canard laqué, whisky et glace à la pistache - on peut sans problème avoir les trois, même s'il vaut sans doute mieux ne pas les mélanger.

Si j'ai finalement décidé de faire de Linq mon jeu de l'année, c'est parce que, de tous les jeux de la liste, c'est très certainement celui auquel j'ai joué le plus souvent ces derniers mois. Il n'y a sans doute pas de meilleur critère de la qualité d'un jeu que l'envie que l'on a d'y jouer, et donc les occasions que l'on parvient à se créer. Cyclades et Hansa Teutonica se retrouvent donc sur les deux autres marches du podium avec, en quelque sorte, des prix spéciaux du jury pour le jeu à l'américaine et pour le jeu à l'allemande.

Obviously, there is no real sense in making a choice between a party game, Linq, a conquest game, Cyclades, and a german style strategy game, Hansa Teutonica. It's a bit like choosing between peking duck, islay whisky and pistaccio ice-cream. One can obviously get the three, though better not simultaneously.

Well. I finally chosed Linq as my game of the year, because it's clearly the game I have most played this year. There's probably no better token of a game's quality than the will to play it and the opportunities one manages to find. Cyclades and Hansa Teutonica have consolation prizes, as best American style conquest game and best German style brain burner.

 

Pas assez de temps, trop de jeux
Not enough time, too many games

Je ne vais pas cette année, comme je l'avais fait les deux ou trois années précédentes, faire une longue liste des jeux que j'ai le plus appréciés. Il y a à cela deux raisons.

La première est personnelle. J'ai la tête ailleurs, beaucoup d'autres choses à faire, un concours à préparer, des livres qui s'entassent, des jeux qui vont sortir. Si je bâcle un bilan en quelques dizaines de minutes, il ne soutiendra pas la comparaison avec ceux que j'avais soigneusement rédigé les années précédentes. Je risque en outre d'oublier quelques jeux et de faire indûment des jaloux, voire des ennemis. Bref, j'ai la flemme.

La seconde raison est plus générale. Les nouveaux jeux sont très nombreux, et je suis très loin de pouvoir jouer à tous. Déjà, les années précédentes, il m'est arrivé de passer à côté de très bons jeux que je n'ai découvert que plus tard - ou que je n'ai toujours pas découverts. Cela est vrai, en particulier, pour les grosses boites, les Automobile, Stronghold, Runewars, Amyitis ou War of the Roses, auxquels je désespère de pouvoir jouer un jour, et ce d'autant plus que je travaille moi-même en ce moment sur plusieurs projets qui demandent des tests assez réguliers. Bref, en ignorant de nombreux jeux auxquels je n'ai pas eu l'occasion de jouer, cette longue liste aurait nécessairement été non seulement partiale, ce qui est légitime, mais aussi partielle, ce qui l'est moins.

Cela m'amène d'ailleurs à ce qui est sans doute la tendance la plus notable de cette année ludique, une tendance qui m'inquiète autant qu'elle me réjouit, et dont tout semble indiquer qu'elle va se poursuivre. Les parutions sont de plus en plus nombreuses, dans tous les styles de jeux, au point que même un professionnel comme moi ne peut pas suivre. La quantité augmentant, on pourrait craindre que la qualité se dégrade, mais là encore c'est très loin d'être le cas. Il n'y a pas seulement de plus en plus de jeux, il y a de plus en plus de bons jeux, et souvent de jeux innovants.

Il y a sans doute plusieurs explications à cette tendance.
Des secteurs culturellement proches comme le jeu video, la bande dessinée, les jeux à collectionner sont en crise - sans parler du jeu de rôles qui est mort et enterré. Il est assez naturel que certains tentent de se "replier" sur le jeu de société, une activité voisine qui ne semble pas pour l'instant très affectée par la crise économique et qui ne demande que des investissements limités. C'est très bien, mais il n'y aura sans doute pas de place pour tout le monde.
Pourquoi le jeu de société est-il pour l'instant si peu affecté par la crise? Sans doute parce que c'est une activité de repli, rassurante, qui se pratique entre amis ou en famille, contrairement à des pratiques plus individuelles, et donc plus angoissantes, comme la lecture ou le jeu sur écran. Le grand succès des jeux d'"ambiance" comme Les Loups Garous, Time's Up, Dixit et, j'espère, Linq me semble confirmer cette analyse.
Le jeu de société a aussi, même pour des jeux récents et innovants, une image plus traditionnelle, donc là encore plus rassurante, que les jeux en ligne associés à une modernité qui, en ces temps de crise, excite un peu moins et effraie un peu plus. A tort ou à raison, d'ailleurs…

Bref, pourvu que ça dure…

Last years, I had written a long list of other recommended board and card games and added it, with some comments, under my game of the year page. I won't do it this year, for two reasons.

First, I've no time for it. I've other things to do, an exam to read for, lots of books I also want to read, and work to do for the games which will be published next year. If I dash a report of in a few minutes, it will soud mediocre next to what I wrote last years. I will also forget a few games and make some authors and publishers unnecessarily jealous, or even agressive. Anyway, I'm just lazy.

There's also a more serious reason. There are many new games, and I can't find the time to play all of them. In the former years, I already missed some great games which I discovered later, and probably some more which I've not discovered yet. This is especially the case with heavier games such as Automobile, Stronghold, Runewars, Amyitis or War of the Roses, which I never can get around to play. When, like last months, I also have several own designs requiring regular playtests, time becomes a real issue. In short, a list would have necessarily been incomplete. If I am to make an incomplete and partial list, better stick with my original list of sixteen nominated games.

This brings me to what is probably the main recent trend in gaming - always more and more new games. It's both rejoicing and unsettling. The trend is not new, but it clearly accelerated these last years, and from what I've heard, will accelerate even further in the coming months. One could think that a greater quantity means a lower quality, but this is clearly not the case. There are more games, there are more good games, there are even more innovative games. For different reasons.

These are hard times for the video game industry, the collecting card game industry, the comics industry. Better not talk of the role playing industry, if there's still one. Logically, many people working in these sectors are moving to the boardgame industry, which is culturally similar, seems to be still growing, and doesn't require much capital expenditure. It went more or less well so far, but if it goes on at the same pace, there won't be room for every one.
Why is the boardgame industry little affected by the slump? Probably because board and card games are a reassuring activity, a social activity enacted together with friends and family, while other leisures, such as book reading and computer gaming, are more individual and therefore more anguishing activities. The succes of games like the Werewolves, Time's Up, Wits and Wagers, Dixit and, I hope, Linq shows the importance of the social aspect of gaming.
Boardgaming, even when playing newly published games, is also a more traditional and therefore more reassuring activity than video or online games which are associated with technology, with modernity. Rightly or not, on times of economic hardship, technology and modernity are less exciting and more anguishing.

Let's hope it lasts…

 

Et moi, dans tout ça ?
What about me ?

avec Serge Laget
Ad Astra
avec Gwenaël Bouquin
Captain Pirate
avec Antoine Bauza
Pony Express
Lettres de Marque
Letter of Marque
Un gros jeu de développement spatial mêlant bluff, tactique et stratégie.
An ambitious space development game with bluffing, tactics and strategy.
Un petit jeu de cartes très original, avec des alliances qui changent sans cesse.
A very original card game with ever changing alliances.
Un drôle de mélange de chance, de bluff et de dextérité.
A fun mix of luck, bluffing and dexterity.
Un petit jeu de cartes de bluff pur.
A light card game of pure bluffing.

Avec quatre nouveautés à l'automne 2009, Ad Astra, Captain Pirate, Pony Express et Lettres de Marque, je ne m'en sors pas trop mal. Les mieux reçus semblent avoir été les deux grosses boites, Ad Astra et Pony Express. Ad Astra s'est même suffisamment bien vendu pour que l'éditeur envisage la sortie d'une extension, sur laquelle Serge Laget et moi sommes en train de travailler. Pony Express, un jeu de parcouurs assez farfelu conçu avec Antoine Bauza, a également eu son petit succès. Les deux petits jeux de cartes Captain Pirate et Lettres de Marque sont en revanche passés assez inaperçus, ce que je regrette.

Pour l'an prochain, comme je vis sur mon stock, je devrais encore avoir pas mal de parutions. M'étant mis en tête de préparer un concours difficile, et sans doute inutile, je devrais consacrer dans les mois qui viennent moins d'énergie intellectuelle à la création ludique, mais cela n'affectera les sorties de nouveaux jeux que dans deux ou trois ans…

Four new games of mine were published in fall 2009 - Ad Astra, Captain Pirate, Pony Express and Letter of Marque. That's not a bad mark. The two big boxes, Ad Astra and Pony Express, were very well received. Ad Astra sells well enough for the publisher to consider an expansion. Serge and I are working on it. Pony Express, a zany racing game designed with Antoine Bauza also sells very well. The two small card games, Captain Pirate and Letter of Marque, on the other hand, went rather unnoticed. Of course, I find it unfair…

I ought to have as many games published next year, because I'm still living on my stock. On the other hand, since I've started to read fora really difficult (and largely useless) exam, I'll have less time and intellectual energy to devote to game design next year. This, however, will only affect my publications in two or three years.

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