Buzz vs Intuition
Buzz vs Intuition


Le jeu et les femmes
Women and gaming


Plusieurs jeux en un
Several games in one


Je suis censé être un économiste
I'm supposed to be an economist


Après la fête
After the Party


Minimalisme
Minimalism


Occupying
Occupying


Imprévisibilité
Unpredictability


Editorial - Dinosaures
Editorial - Dinosaurs


Sélection pour mon jeu de l'année
Nominated list for my game of the year


Extensions
Expansions


Le Rasoir d'Ockham
Ockham's Razor


Rencontres ludopathiques 2011
2011 Ludopathic Gathering


Fun
Fun


Obsolescence
Obsolescence



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Après la fête
After the Party

 

La période de Noël est passée, et avec elle la moitié des ventes annuelles de jeux de société. D’ici quelques semaines, je recevrai mes droits d’auteur, sans doute un peu supérieurs à ceux de l’an dernier. J’ai sorti pas mal de nouveaux jeux ces derniers temps, dont au moins un, le Roi des Nains, semble rencontrer un certain succès. Le jeu de société est en outre, plus encore que le jeu video, une activité contra-cyclique. Les ventes augmentent, au moins à court terme, quand le reste de l’économie va mal, et inversement.

Il y a à cela des explications simples, comme le fait que les jeux sont des cadeaux relativement bon marché, qui peuvent être fait globalement à toute une famille ou une fratrie. Il y en a de plus subtiles. Le jeu de société est une activité collective et rassurante, qui permet de réunir les générations quand le système économique et culturel s’ingénie à les opposer. Il permet de se fixer pour quelques minutes ou quelques heures des objectifs étrangers à une réalité à laquelle on ne comprend plus grand chose et dans laquelle les buts que l’on s’était fixés sont souvent mal barrés. Il permet aussi de se réunir à quelques uns autour d’une table sans causer de politique ni abuser de l’alcool. Bref, dans un monde de plus en plus angoissant et donc épuisant, il repose. Le jeu ne change pourtant rien au réel ; il le met entre parenthèses mais ne le fait pas oublier. C’est un bon calmant, pas un antidépresseur - comme la fête.

Janvier 2012

Christmas time is over, and with it more or less half of the yearly boardgame sales. Within a few weeks, I’ll receive my royalties, probably a bit more than last year. I’ve published a few new games these last months, and at least one, The Dwarf King, seems to sell really well. Furthermore, boardgame sales are, even more than videogames ones, anticyclic. They get better, at least in the short run, when the economy get worse, and vice versa.

There are simple explanations. Games are cheap gifts. They can be given to a whole family, or at least a few brothers and sisters. There are more subtle ones. Board and card games are a social reassuring activity because they bring the generations together when the whole economic and cultural fabric seems to drive them apart. For a few minutes or a few hours, it gives everybody virtual goals, indifferent to a real world we are at a loss to understand and in which our personal goals are often badly compromised. It’s also a nice way to spend a few hours with friends, sitting around a table without talking politics or drinking too much alcohol. In a world that feels more anguishing and tiring than ever, it gives some respite, some rest. But it doesn’t change anything to the real world – it just puts it on hold for a while. Like a party, it’s a good tranquillizer, but not an antidepressant.

January 2012

 


 
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Steve Vallée
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