| Fin 2002, Ravensburger m'a demandé de relire quelques traductions françaises de règles, au nombre desquelles les trois premiers jeux de la nouvelle gamme de jeux de cartes pour deux joueurs, Crazy Chicken, Baker Street et Richelieu. Les règles étant déjà fort bien traduites, je n'ai pas eu grand chose à corriger, mais je me suis fait une première idée des jeux. J'ai pensé j'allais adorer Crazy Chicken. J'ai été très intrigué par Baker Street, et j'attend d'y jouer pour voir si ça marche - mais si ça marche, ça doit être très bien. J'étais très sceptique sur Richelieu, même après avoir vu la signature de Michael Schacht - le jeu semblait abstrait et mécanique.
J'attend toujours le gros colis de boites de jeux que Ravensburger m'a promis pour la peine, mais j'imagine qu'ils attendent que tout soit paru. Lors de mon dernier passage à Paris, j'ai pourtant tellement entendu dire de bien de Richelieu que c'est celui-ci, et non les autres, que j'ai essayé. Bien m'en a pris, car ce petit jeu à deux très tactique est une vraie perle.
Le thème, la journée des dupes qui a vu Marie de Médicis sur le point d'obtenir le renvoi de Richelieu, est original mais reste très superficiel.
La mécanique du jeu rappelle un peu celle du Buried Treasure / Das Super Blatt de Sid Sackson. Toutes les cartes sont posées sur la table en début de partie, faces visibles, en 4 rangées, et les joueurs, tour à tour, peuvent prendre une ou deux cartes aux extrémités des rangées, le but du jeu étant d'avoir la majorité dans les différentes couleurs de cartes. Toute la stratégie du jeu réside donc dans le fait que, en prenant une carte, vous pemettez à votre adversaire de prendre éventuellement celle qui est dernière, et ainsi de suite. Cela n'a l'air de rien, mais ça peut quand même vous plonger dans des abimes de réflexion qui font oublier la légèreté du thème.
Ce jeu ressemble beaucoup au jeu de cartes Kardinal & König, publié à compte d'auteur par Michael Schacht il y a quelques années. Michael a surtout simplifié le système de score ce qui, selon lui, fait de Richelieu un bien meilleur jeu. |
In the last weeks of 2002, I was asked by the Ravensburger people to proofread the french rules of a few games, among which the first games of their new two player card games line, Crazy Chicken, Baker Street and Richelieu. The translations were already good, and I had little work to do, but I made up from them my first ideas on the games. I knew that I will like Crazy Chicken. I was puzzled by the highly original Baker Street, and I'm still curious to see if it works - but if it does, it could be great. I was sure, even after seeing the name of Michael Schacht at the bottom of the rules, that I won't like Richelieu, which looked abstract and mechanical.
I'm still waiting for the big parcel of games that Ravensburger has promised me as a payment - they wait until all the games are printed. However, last time I was in Paris, I asked some friends about these games, and they all told me that the best one was Richelieu - so I tried this one and not, as I first wanted, Crazy Chicken or Baker Street. Richelieu, indeed, is a true gem.
The theme is the "journée des dupes", in 1630, when Mary of Medici tried to have the young Louis the XIIIth dismiss the Cardinal of Richelieu. An original theme, for sure, but also a very thin one.
The game systems reminds a bit of Sid Sackson's Buried Treasure / das Super Blatt. All the cards are placed face up on the game table, in 4 rows. Players, in turn, can take one or two cards at the end of the rows, the goal being to have the majority of cards in each colour, as well as with some symbols. All the tactics of the game lies in the fact that, when taking a card, you allow your opponent to take the card immediately behind it, and so on. It sounds light and simple when reading the rules, but it can lead to really deep thinking.
This cardgame is based on the Kardinal & König Kartenspiel that Michael Schacht self published a few years ago. Michael, however, has changed a few rules and, most of all, greatly simplified the scoring which makes, in his own opinions, for a much better game.
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