| Le relatif succès des jeux allemands aux États-Unis ces dernières années a poussé certains éditeurs d'Outre-Atlantique à publier ce type de type de jeux. Mayfair games, qui depuis quelques années se contentait de traduire des jeux venus d'Europe, vient ainsi de publier le premier jeu de Phil R. Chase, Theophrastus, ainsi nommé à partir du véritable nom du médecin alchimiste Paracelse, Theophrastus Bombast von Hohenheim.
Pourtant, même lorsque des américains s'essaient au jeu à l'allemande, leurs créations conservent une patte un peu particulière. L'auteur de Théophrastus a ainsi pris grand soin d'intégrer soigneusement le thème - la recherche alchimique de la Renaissance - dans les moindres détails de son jeu. Les illustrations, la rédaction (un peu touffue) des règles, les textes des parchemins, agrémentés de formules latines, tout est fait pour mettre le joueur dans l'ambiance. De ce point de vue, Theophrastus rappelle un peu Meurtre à l'Abbaye.
Techniquement, Theophrastus est un jeu de cartes assez original qui mèle mémoire, bluff, chance et choix tactiques. Les joueurs sont les élèves du grand Paracelse. Seul l’un d’entre eux sera choisi comme apprenti par le grand alchimiste, et pourra prendre part à toutes ses recherches. Ce sera celui qui aura le mieux réussi à reproduire les trois expériences que Théophraste va mener devant ses élèves, en choisissant les mêmes ingrédients, ou réactifs, – métaux, éléments et essences.
Tous ces ingrédients sont représentés par des cartes. À tour de rôle, les joueurs vont donc pouvoir tout à la fois faire avancer l'expérience modèle du grand Théophraste, en respectant les instructions de la formule piochée en début de partie, en jouant des cartes au centre de la table, et faire avancer leur propre expérience en jouant des cartes devant eux. Certaines cartes sont jouées faces visibles, d'autres faces cachées, ce qui permet de dissimuler des informations aux autres joueurs. Bien sûr, on peut aussi tenter de saboter les expériences des concurrents, grâce aux puissantes cartes de Pierre Philosophale. Lorsque toutes les cartes nécessaires ont été jouées sur l'expérience de Théophraste, les joueurs révèlent les éléments de leurs propres expériences, et marquent des points pour chaque carte identique.
Très séduisant, le jeu n'en a pas moins quelques petits défauts, dont le moindre n'est pas des règles parfois confuses.
Il comporte quelques parchemins vierges pour réaliser ses propres expériences, mais il est bien dommage qu'il ne comprenne pas aussi quelques cartes vierges, car c'est du côté des cartes ingrédients, et notamment des pierres philosophales, que l'imagination des joueurs aurait facilement pu se donner libre cours.
Si le thème est superbement rendu dans le texte des règles et la mécanique du jeu, le graphisme n'est pas à la hauteur, alors que des traités alchimiques de la Renaissance, comme l'Atalanta Fugiens, le Mutus Liber ou le traité de la pierre philosophale de Lambspringk, auraient pu fournir la base d'illustrations magnifiques.
Il est aussi un peu long, et manque parfois de dynamisme. Je suggère donc de l'accélérer quelque peu, et de le rendre un peu plus agressif, en donnant à chaque joueur quatre points d'action, et non trois, à chaque tour, et en décidant que les réactifs interdits font perdre autant de points que leur valeur.
Si Theophrastus est un excellent jeu, mon principal regret est qu'il rende plus improbable encore la publication d'Arcana Arcanissima, un excellent jeu de Frank Branham dont j'ai la chance d'avoir un prototype. En effet, même si les deux jeux ont des mécaniques bien différentes, ils ont exactement le même thème. Espérons quand même qu'il y a assez de place sur le marché pour deux jeux sur l'alchimie de la Renaissance. |
German games have now achieved some success and recognition in the USA, and some american publishers who, so far, mainly translated european games, are now considering publishing their own "german style" games. Theophrastus, the first published game of Phil R. Chase, is named after the real name of the great physician and alchemist Parcelsius, Theophrastus Bombast von Hohenheim, and is published by Mayfair games.
Even though this is clearly a "german style" design, there is still a typical american touch in him. The theme of the game - alchemical research in the Renaissance - is implemented with more care and conviction than it is usually the case in modern card games. The graphics, the rules (sometimes unnecessarily dense and unclear), the text of the various formulas, all with some latin sentences, everything has been made to bring Renaissance atmosphere into the game. That's why, though the mechanics have nothing in common, Theophrastus is somewhat reminiscent of my Murder at the Abbey.
Technically, Theophrastus is a clever card collecting game with a good balance between memory, bluff, luck and tactics. Players are supposed to be the students of the great Paracelsius. Only one of them will be chosen as an apprentice by the master and will have all the true secrets of alchemy revealed to him. To select his apprentice, Theophrastus asks them to reproduce some alchemical experiments. The winner will be the one who best achieves to duplicate Parcelsius own experiment, with using the same alchemical ingredients - metals, elements and essentials.
All these ingredients are figured by cards. Players, on turn, can both play cards on Theophrastus experiment, in the center of the table ,according to the formula drawn at the beginning of the game, and on their own formulas, trying to duplicate the masters work. Of course, some cards are played face up, some others face down, which makes for the suspense and the bluff. There are also ways to gather further information, or to sabotage opponent's works, using the powerful philosophers' stone cards. When all necessary cards have been played on Theophrastus' experiment, all players reveal their cards and scores are settled, each player getting point for every cards that is both in his experience and in Theophrastus' one.
This game has great charm. it has also some flaws, and the first is the rulebook, sometimes confusing.
There are blank formula cards for designing your own alchemical works, but no blank cards for ingredients, when it would have been easier, and more fun, for the players to design their own special ingredients and philosophers's stone effects.
The setting is wonderfully implemented in the text and in the game mechanics, but the graphics are very poor, when some alchemical treatise, like the Atalanta Fugiens, the Mutus Liber, or Lambspringk's treatise of the the philosophers' stone could have given many wonderful alcehmical engravings to use on the cards and formulas.
The game is also a bitt too long and slow for what it is, but it can be made faster and more agressive with giving each player four action point per turn, instead of three, and with forbidden reagents scoring negative points equal to their value.
Though Theophrastus is a wonderful game, I'm a bit sad because it will make even harder for Frank Branham to get his own alchemical game, the outstanding Arcana Arcanissima, published. Though they have completely different mechanics, the two games have indeed almost the same theme. Let's hope there's enough room on the market for two games about alchemy.
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