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Mon jeu de l'année
My game of the year



Klaus Teuber
Richard Cœur de Lion
Domaine
Löwenherz

  


Parue en 1997 chez l’éditeur allemand Goldsieber, la première édition de Löwenherz (Cœur de Lion comme Richard, pas comme le camembert) dans une boite rouge, a subi le même sort que nombre de jeux de Klaus Teuber, elle a été largement éclipsée par le succès des Colons de Catan. En 2003, c’est chez un autre gros éditeur allemand, Kosmos, devenu entretemps l’éditeur attitré de Klaus Teuber, qu’est sortie la nouvelle version, dans une boite bleue, publiée également en anglais sous le nom de Domaine et en français sous le nom de Richard Cœur de Lion. Contrairement à ce qui se produit le plus souvent, cette nouvelle édition n’est pas une version enrichie et développée de la première, c’est au contraire une version allégée et simplifiée – certains diront même appauvrie - du premier Löwenherz. Pour ma part, même si j’avoue une nette préférence pour la première version, à laquelle je n’ai pourtant pas joué depuis pas mal de temps, je n’irai pas jusque là. Les deux jeux exploitent le même thème et les mêmes mécanismes de base, mais alors que la version Goldsieber, plus complexe et plus longue, avec un peu d’enchères et un peu de bluff, s’adressait à un public de « gros joueurs », la version Kosmos, plus simple, plus courte et laissant une plus grande place au hasard, vise un public plus familial. Tous deux n’en sont pas moins de très bons jeux, qui ne font pas, je pense, double emploi dans ma ludothèque.

Le titre est trompeur. Il n’y a ni combats de chevalerie, ni amour courtois dans Löwenherz. Le plateau de jeu, modulaire, représente un royaume médiéval avec des forêts, des plaines, des villes ou villages et des mines. Les joueurs sont des nobliaux qui vont dans un premier temps chercher à s’y tailler des fiefs, construisant des châteaux, enrôlant des chevaliers et, surtout, plaçant des barrières délimitant leurs territoires. Les plus puissants de ces fiefs, ceux disposant de la plus puissante armée de chevaliers, s’efforceront ensuite de grignoter leurs voisins en poussant, case après case, les barrières – à moins que la paix ne leur soit imposée.

C’est dans le choix des actions effectuées par les joueurs que réside la différence essentielle entre les deux jeux. Dans la première édition, une carte commune à tous les joueurs indique à chaque tour quelles sont les actions possibles mais, à l’exception de la perception de taxes, chaque action ne peut être effectuée que par un seul joueur – si plusieurs joueurs veulent effectuer la même action, ils doivent négocier, et des enchères secrètes tranchent si la négociation échouent. Dans la seconde édition, chaque joueur dispose d’une main de trois cartes action, et chacun à son tour peut soit jouer l’une de ses cartes en en payant le coût d’utilisation, soit revendre une carte à la banque, les cartes ainsi vendues pouvant être ensuite piochées par les autres joueurs.

Qu’elle qu’en soit la version, Löwenherz est un jeu « à l’allemande », assez abstrait, un peu froid, qui tient plus de la partie de Go que du tournoi de chevalerie. Ce n’en est pas moins un jeu riche, aux choix tactiques très intéressants, dont on pourrait aisément penser qu’il est de Reiner Knizia et non de Klaus Teuber. Tant pour l’esthétique que pour l’intérêt ludique, on préfèrera la première édition dans une boite rouge rectangulaire mais, celle-ci étant aujourd’hui difficile à trouver, la deuxième édition dans une boite carrée bleue fera un second choix tout à fait acceptable.

The first edition of Löwenherz (Lion’s Heart), in a red box, was published in 1997 by the German publisher Goldsieber. Like most of Klaus Teuber’s other designs, it has been largely eclipsed by the world success of Settlers of Catan. In 2003, the now exclusive publisher of Klaus Teuber, Kosmos, published a new edition, in a square blue box, also published in English as Domain and in French as Richard Cœur de Lion. Unlike what usually happens with such new editions, the new Löwenherz is not a heavier developped version of the old game. It is even the opposite, a lighter and simplified version – some gamers have even written on the web that this was an impoverished version of the good old Lion’s Heart. Even when I also prefer the original version, though I’ve not played it for quite long, I think it’s excessive. Both games have the same theme and name, and the same basic systems, but where the Goldsieber game was longer and more complex, with some bidding and bluffing, and clearly aimed at hardcore gamers, the Kosmos game is shorter and lighter, relies a bit more on luck, and is aimed at more casual gamers. Both are very good games, and I don’t think they do the same job in my game library.

Lion’s Heart is a deceiving name, since there’s nothing like knights tournaments or courtly love in it. The modular game board figures a medieval kingdom with forests, plains, towns and mines. The players are rival nobles vying to cut fief territories in it. To do this, they build castles, they recruit knights and, most of all, they place fences to close their territories. The most powerful fiefs will then try to expand into weaker ones, pushing the fences space after space, unless prevented by the king’s peace.

The main difference between both games is in the way the players decide the actions they will do every turn. In the first edition, a common card is drawn every turn and lists the available actions. The only action that can be played by two or more players is levying taxes, and when more than one player wants to hire knights or place fences, they must either find an agreement, usually with some money passing from one to the other, either rely on secret bidding. In the second edition, each player has a hand of three action cards and each player on turn must either play a card, and pay its activation cost, either sell a card to the bank – the cards sold can be drawn later by the other players.

In both versions, Löwenherz is a very German game, somewhat cold and abstract, that feels more like a game of Go than like a knights tournament. It is also a very rich game, with many interesting tactical choices, which feels more like Reiner Knizia’s than like Klaus Teuber’s. The first edition, in a red rectangular box, is a better game and has nicer graphics, but it is becoming hard to find. The new edition, in a blue square box, is a completely acceptable second choice.

  



Format: Grosse boite

Type: Jeu de placement tactique

Auteur(s): Klaus Teuber

Éditeur: Goldsieber, Kosmos, Mayfair, Tilsit

Année de parution: 1997

Nombre de joueurs: 2 - 4

Durée d'une partie: 90 minutes

Liste(s) contenant ce jeu: Frontières et palissades, Jeux de développement, Moyen-Âge et Renaissance

Intérêt du jeu

Graphisme et matériel

Complexité



Format: Big box

Genre: Tactical boardgame

Author(s): Klaus Teuber

Publisher: Goldsieber, Kosmos, Mayfair, Tilsit

Released Year: 1997

# of players: 2 - 4

Playing time: 90 minutes

List(s) with this game: Borders and fences, Development games, Middle Ages and Renaissance

The game itself

Graphics and components

Complexity level




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