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Mon jeu de l'année
My game of the year



Ludovic Maublanc, Bruno Cathala
Cléopatre et la Société des Architectes
Cleopatra and the Society of Architects

  


Après le succès commercial impressionant des Aventuriers du Rail et le succès critique tout aussi remarquable des Chevaliers de la Table Ronde, on attendait avec curiosité le nouveau jeu de Days of Wonder, Cléopatre et la Société des Architectes. Bien sûr, c’est une petite déception, le jeu n’ayant ni l’évidence des Aventuriers du Rail, ni l’originalité des Chevaliers de la Table Ronde, mais s’il avait été publié chez un éditeur qui nous avait moins habitué aux chefs d’œuvre, Cléopatre aurait certainement reçu un accueil critique bien plus enthousiaste que les premiers échos mitigés lus ici ou là sur Internet – car c’est quand même un sacrément bon jeu de société familial.

Fondamentalement, Cléopatre et les Architectes est un jeu de cartes, de la famille de Showmanager ou du Collier de la Reine. Le matériel impressionnant, avec sphinx, obélisques, pyramides et statuettes, n’était sans doute pas nécessaire, mais il contribue grandement au plaisir du jeu. Un jeu de cartes, donc, dans lequel les joueurs piochent des cartes ressources – pierre, bois, marbre, lapis lazuli, artisans - avec lesquelles ils s’efforcent, un peu dans les colons de Catan, de faire des combinaisons permettant de mettre en jeu les différentes parties du palais de Cléopatre – sphinx, obélisques, murs, portes, mosaïque, salle du trône, afin de se faire payer en talents sonnants et trébuchants. Le nombre d’éléments à bâtir étant limité, c’est une course, et chacun à son tour a le choix entre construire une ou plusieurs parties du palais ou piocher des cartes, qui permettront peut être de bâtir plus ou plus grand plus tard… à condition, comme aux Aventuriers du Rail, de n’avoir pas été devancé d’ici là. Le système de pioche, avec des cartes tantôt faces visibles, tantôt faces cachées, est particulièrement astucieux et introduit un intéressant élément de prise de risque.
Bien sûr, comme dans toute compétition, il y a des tricheurs, qui vont corrompre les personnages de la cour, scribe, vizir ou ambassadeur, utiliser des matériaux de contrebande ou de qualité médiocre, ou stocker plus de cartes qu’ils ne le devraient. C’est un bon moyen d’être le premier à livrer telle ou telle partie du palais, mais ce n’est pas sans risque, car le vainqueur de la partie sera le bâtisseur le plus riche… après que le plus corrompu ait été jeté aux crocodiles. Bien sûr, un joueur qui se pense un peu trop corrompu peut parfois se racheter en faisant une offrande aux dieux… ou directement au grand prêtre du dieu crocodile.

Cléopatre et la Société des Architectes reprend des éléments déjà beaucoup utilisés dans le monde du jeu « à l’allemande », mais l’ensemble tourne remarquablement bien, avec ce qu’il faut de gestion, de chance et de prise de risque. C’est un jeu fluide, agréable à manipuler, et le seul vrai reproche que je lui ferais est d’être un peu rapide. Les parties se terminent un peu tôt, et auraient sans doute gagné en intérêt à durer quelques tours de plus.

After the impressive commercial success of Ticket to Ride, and the equally impressive critical acclaim of Shadows over Camelot, all the boardgaming world was curious of Days of Wonder next game, Cleopatra and the Society of Architects. It’s a small disappointment, since Cleopatra doesn’t have neither the simplicity and evidence of Ticket to Ride, neither the novelty and originality of Shadows over Camelot. On the other hand, if this game had been published by a publisher less used to impressive masterworks, I bet it would have sparked off much more enthusiastic reactions than the mitigated reviews that have already been published here and there on the internet. After all, it’s a really fun and challenging middle weight family boardgame.

At its heart, Cleopatra and the Society of Architects is a card game, akin with Queen’s Necklace or Show Manager. The gorgeous components, with sphinx, obelisks, statues and pyramids, is not really necessary, but it makes for an even better and more involved gaming experience. A card game in which players draw resource cards – marble, stone, lapis lazuli, wood, workers – and spend them, a bit like in Settlers of Catan, to bring ito game the various part of Cleopatra’s palace – sphinx, obelisks, walls, portal, throne room, mosaics – and are payed in good golden talents. Since the number of pieces to build is limited, it is a race. Each player on turn can either build one or more pieces of the palace, either draw cards that may be used later to build more or bigger pieces unless, like in Ticket to Ride, someone has built what you had in mind in the meantime. The drawing system, with cards sometimes face up, sometimes face down, is a clever new twist, that makes for interesting risk taking.
Of course, like in any competition, there are cheaters. These will corrupt the main characters from the Queen’s court, Scribe, Vizir or Ambassador, build with bad quality or smuggled materials, or stock more cards than they ought to. This is an efficient way to be the first to build some part of the palace, but it’s risky business, since the winner will be the richest player… after the most corrupted one has been fed to the crocodiles. On the other hand, a player who feels himself too corrupted can redeem himself with making some offering to the gods… or directly to the great priest of Sobek, the crocodile god.

Cleopatra and the Society of Architects recycles systems already much used in “German style” game design, but all this fits very well together, with a nice balance between risk taking, hand management and sheer luck. The game is fun, easy to grasp, and really nice looking. My only real problem with it is that it feels a bit too short. I’m sure it could have been even better if it had lasted a few more turns.


Bruno Cathala en pleine réflexion.
Bruno Cathala thinking hard.


Lorsque Bruno Cathala m’a annoncé qu’il avait signé chez Days of Wonder pour Cléopatre, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un autre prototype égyptien, la Malédiction de la Momie, que je préfère sans doute à Cléopatre et dont je ne comprend décidément pas qu’il n’ait pas encore trouvé un éditeur.
When Bruno Cathala told me he had signed with days of Wonder for his Cleopatra game, I first thought he was telling of another Egyptian themed game he has designed, Curse of the Mummy. I rate this one higher than Cleopatra and really wonder why it didn’t find a publisher so far.



Format: Grosse boite

Type: Surtout un jeu de cartes

Auteur(s): Ludovic Maublanc, Bruno Cathala

Éditeur: Days of Wonder

Année de parution: 2006

Nombre de joueurs: 3 - 5

Durée d'une partie: 1 heure

Liste(s) contenant ce jeu: Les plus beaux jeux, L'Antiquité

Intérêt du jeu

Graphisme et matériel

Complexité



Format: Big box

Genre: Mostly a card game

Author(s): Ludovic Maublanc, Bruno Cathala

Publisher: Days of Wonder

Released Year: 2006

# of players: 3 - 5

Playing time: 1 hour

List(s) with this game: Pieces of Art, Classical Antiquity

The game itself

Graphics and components

Complexity level




Vous l'aimerez si vous aimez
You'll like it if you like



Colons de Catan (Les)
Settlers of Catan (The)

Andromeda

Atlantic Star
Showmanager

Dschunke

Fureur des Dieux (La)
Odysseus


Morgenland
Aladdins Dragons

Collier de la Reine (Le)
Queen's Necklace

Blue Moon City



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