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Mon jeu de l'année
My game of the year



James Ernest, Mike Selinker
Gloria Mundi

  


Gloria Mundi a sans doute été l’un des jeux que j’ai attendu avec le plus d’impatience. Depuis deux ans, peut-être trois, j’entendais régulièrement les louanges de tous ceux qui avaient eu la chance de le tester et regrettaient de ne pas en être les auteurs ou les éditeurs. Ma curiosité était telle que je l’ai acheté dès sa parution, quelques semaines avant le salon d’Essen 2006 où j’étais pourtant sûr de me le faire offrir par Mike Selinker – l’un des auteurs - ou par Joe Nikisch – l’un des éditeurs.

J’emportai donc Gloria Mundi, ainsi que quelques autres nouveautés et une demi-douzaine de prototypes au fabuleux week-end ludique que Serge Laget et ses potes de Labojeux organisaient quelques jours plus tard à Anse, près de Lyon. Il y fut sans conteste, avec Gift Trap, le nouveau jeu le plus joué et le plus apprécié.

Si les mécanismes de Gloria Mundi sont ceux d’un jeu « à l’allemande », le thème original et décalé, n’en est pas moins extrêmement présent. Les barbares, représentés par un prévot ostrogoth vêtu de cuir rouge qui semble revenir de la Love Parade berlinoise, déferlent sur le monde romain. Chaque joueur incarne un riche patricien qui va s’efforcer d’organiser la résistance face aux hordes barbares de faire encore un peu d’argent tant qu’il est temps, avant de réaliser ses actifs, de tout virer sur un compte numéroté à Carthage et de partir pour l’Afrique avec son yacht. La partie se termine quand les goths entrent dans Rome, ou quand le joueur vainqueur débarque à Carthage. Sic transit Gloria Mundi.

Gloria Mundi est un jeu de développement, à la manière des Colons de Catan ou de Caylus, chacun doit utiliser au mieux ses ressources pour construire des bâtiments qui produiront d’autres ressources, et ainsi de suite. Rien de bien neuf, me direz-vous, mais toute la fraîcheur et l’originalité du jeu viennent de ce que ce développement est sans cesse contrecarré par la destruction causée par l’avancée des barbares, avancée qu’il est néanmoins possible de ralentir quelque peu en leur payant un tribut. Et si l’on bâtit chacun de son côté, selon la bonne tradition positive du jeu allemand, les destructions affectent tous les joueurs, et l’on peut parfois s’arranger pour qu’elles fassent plus de dégâts chez les uns et les autres – ce qui fait de Gloria Mundi, aussi, un jeu méchant.

Ni Mike, ni James ne sont de vrais auteurs de jeux allemands. Cela explique que peut être que ce jeu, par ailleurs absolument génial, n’ait pas été fignolé et équilibré avec autant de soins qu’un Prince de Florence ou un Puerto Rico. On pourra donc regretter quelques ambiguïtés dans les symboles décrivant l’effet de certains bâtiments, et j’espère que les auteurs nous mettront quelque part sur le web une liste de l’effet exact tel qu’ils le jouent eux-mêmes de chacun des bâtiments. On regrettera aussi que ces ambiguïtés soient accentuées par une règle française qui, sans être catastrophique, est parfois approximative. Surtout, il nous a semblé qu’il y avait un trop grand avantage, en particulier dans les parties à 5 ou 6 joueurs, à jouer très agricole. Un petit calcul confirme le problème : à 2 ou 3 joueurs, il y a 1,3 fois plus de fermes en jeu que de cités ou de légions, et le jeu semble bien avoir été équilibré ainsi. Ce rapport passe ensuite à 1,4 à 4 joueurs, 1,5 à 5 joueurs, 1,66 à 6 joueurs – et là, c’est trop. Je suggère donc, avec des joueurs nombreux, les modifications suivantes :
• à 5 joueurs, jouer avec une ferme de moins par joueur, soit 5 fermes, 4 cités et 4 légions.
• À 6 joueurs, donner à chacun 4 fermes, 3 cités et 3 légions. Prendre ensuite parmi les cartes restantes 4 fermes, une cité et une légion, les mélanger et en distribuer une à chaque joueur.
Cela devrait rééquilibrer quelque peu le jeu en faveur des cités et des légions.

Gloria Mundi is one of the game I have been most anticipating. In the two, or may be three, last years, I’ve regularly heard it praised by all those who had an occasion to playtest it. Game authors regretted they didn’t design it, publishers regretted they weren’t going to publish it. I was so curious about it that I ordered it from Adam Spielt the very day it hit the shelves, even when I knew that either Mike Selinker – one of its authors – or Joe Nikisch – one of its publishers – will probably give me one for free in Essen a few weeks later.

So I brought Gloria Mundi, along with a few other new games and half a dozen prototypes, at the game week-end that Serge Laget and his friends of labojeux were holding in Anse, near Lyons. It was clearly the most played and most hyped new game, along with Gift Trap but in a very different style.

Gloria Mundi has German style game systems, but also a strong but slightly out of sorts theme. Barbarians, figured on the board by a provost an ostrogoth in dark pink leather just back from the Berlin Love Parade, pour into the roman world. Each player plays a rich roman patrician and tries to organize the resistance against the barbarian hordes make some more money while it’s still possible, then sell all his assets, transfer everything to a numbered account in Carthago and cross the sea in his luxury yacht. Sic transit Gloria Mundi.

Gloria Mundi is a development game, like Settlers of Catan or Caylus, in which you must use your resources to build monuments that will help you gather more resources, and so on. Nothing new so far. All its freshness and originality derives from the fact that this development is regularly counteracted by the advancing gothic hordes. Of course, you can slow them somewhat with paying them tribute. Furthermore, if the building part is made by each player independantly, like in all positive german style games, havoc and destruction affect all players, and you can sometimes manage to have them affect others more than you. That’s why Gloria Mundi is also a fun and nasty game.

Mike and James are no true German game designers, and that’s probably why this fantastic game hasn’t been fine tuned and balanced like Princes of Florence of Puerto Rico. As a result, there’s some ambiguities in the symbolic description of some building effects, and it would be great if the authors post somewhere on the web a full list of the detailed effect of all buildings. More problematic, there seems to be a great advantage, especially with many players, in relying on farms rather than on cities or legions. Simple maths confirm it : with 2 or 3 players, there are 1.33 times more farms than legions or cities. This ratio grows to 1.4 with 4 players, 1.5 with 5 players, and 1.66 with 6 players – and it’s definitely too high. That’s why I suggest the following changes in the game setup with five or six players.
• 5 players : start with one farm less per player, meaning 5 farms, 4 cities, 4 legions.
• 6 players : give each player 4 farms, 3 cities, 3 legions. Then take in the remaining cards 4 farms, one city and one legion, shuffle them and deal one to each player.
This ought to make the game with many players, which can be quite fun, more balanced.



Gloria Mundi au week-end de jeux d'Anse.
Gloria Mundi played at Anse.



Format: Grosse boite

Type: Jeu de développement

Auteur(s): James Ernest, Mike Selinker

Éditeur: Rio Grande, Abacus

Année de parution: 2006

Nombre de joueurs: 2 - 6

Durée d'une partie: 90 minutes

Liste(s) contenant ce jeu: Jeux de développement, L'Antiquité, Les incontournables, Thème fort, Jeux d'enfoirés

Intérêt du jeu

Graphisme et matériel

Complexité



Format: Big box game

Genre: Development game

Author(s): James Ernest, Mike Selinker

Publisher: Rio Grande, Abacus

Released Year: 2006

# of players: 2 - 6

Playing time: 90 minutes

List(s) with this game: Development games, Classical Antiquity, The very best, Games true to their theme, Nasty games

The game itself

Graphics and components

Complexity level




Vous l'aimerez si vous aimez
You'll like it if you like



Balam

Caylus

Giganten

Puerto Rico

Cléopatre et la Société des Architectes
Cleopatra and the Society of Architects


Catan
Colons de Catan (Les)
Settlers of Catan (The)

Dos Rios

Elasund

Settlers of the Stone Age (The)

Bootleggers




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