Wolfgang Kramer, Markus Lübke Colosseum
|


| Mes relations amicales avec l’équipe de Days of Wonder font que j’ai bien souvent l’occasion de tester leurs jeux bien avant leur sortie. Pour Colosseum, dont j’entend régulièrement parler depuis plus d’un an sous le nom de « Spektakel », tous les rendez-vous ont pourtant été manqués, soit que Cyrille n’ai pas pensé à prendre le prototype, soit que Pierre l’ait embarqué au dernier moment pour y jouer avec d’autres. C’est finalement sur le jeu publié, le lendemain de son arrivée dans les locaux de Days of Wonder, que j’ai fait ma première partie.
Comme d’habitude chez Days of Wonder, le matériel est d’excellente facture, même si les arènes de Rome font nettement moins nouveau riche que le palais de Cléopatre. La boite est peut être moins réussie que les précédentes de la collection, mais le plateau de jeu, les pions et tous les nombreux éléments intérieurs sont absolument magnifiques.
Les joueurs de Colosseum sont donc des entrepreneurs de spectacle – des impresarios, en quelque sorte – dans la Rome antique. Chacun est propriétaire d’une arène et va s’efforcer de recruter gladiateurs, auriges et orateurs, mais aussi d’acheter des lions, des chevaux de course, des bateaux, et même quelques pièces de marbre pour la décoration. Tout cela pour monter de grands spectacles sobres et de bon goût, comme l’Orchestre équestre de Venus, le de Dentibus Maræ ou la Cavalerie de Spartacus et y attirer un large public, depuis les modestes plébéiens jusqu’aux consuls et même à l’empereur. On regrette juste de ne pas avoir le moindre chrétien à se mettre sous la dent.
À chaque tour de jeu, les joueurs commencent par investir en achetant un nouveau programme de spectacle, en agrandissant leur arène, en installant une loge impériale ou en recrutant des abonnés pour mettre un peu d’ambiance dans la tribune Nord. Les éléments nécessaires pour les différents spectacles, comédiens, musiciens, gladiateurs, décors, navires et animaux exotiques sont ensuite mis aux enchères, par lot, chacun cherchant à acquérir ce qui est nécessaire pour monter ses programmes en l’achetant ou, éventuellement, en l’échangeant avec ses concurrents. Chacun à son tour peut ensuite monter un spectacle, qui lui rapportera de l’or – nécessaire à la poursuite de son activité commerciale – et de la gloire – but ultime du jeu - en fonction de la qualité du programme et des spectateurs présents. Les sénateurs, les consuls et l’empereur, déplacés d’arène en arène avec des dés, apportent des bonus conséquents. Oui, des dés pour déplacer des pions sur une piste, mais ne hurlez pas tout de suite, car leur utilisation, qui laisse pas mal de choix, fait plus penser au backgammon qu’au jeu de l’oie. Enfin, bon, j’ai quand même perdu de deux points parce que j’ai fait 5 au dernier tour alors que j’aurais gagné si j’avais fait 3 – mais c’est aussi ça qui rend un jeu amusant.
Colosseum m’a surpris. À force d’entendre comparer Spektakel aux Princes de Florence, je m’en étais imaginé une sorte de version allégée, plus grand public, et plus rapide. Si la filiation avec les Princes de Florence est évidente, Colosseum en est pourtant très éloigné, et surtout reste un jeu pour joueurs, sophistiqué, stratégique et calculatoire, quelque peu méchant aussi. Quelque chose que Wolfgang Kramer sait très bien faire, mais que je n’attendais pas vraiment chez Days of Wonder. Même si la figurine de l’empereur, pion rouge au front ceint d’une couronne de lauriers, est un discret clin d’œil au Spiel des Jahres, c’est sans doute plutôt le Deutsche Spiele Preis, généralement attribué à des jeux moins grand public, qui est visé ici – avec sans doute de bonnes chances de succès.
|
Since I have very friendly relations with the Days of Wonder team, I usually can playtest their new games long before they hit the shelves. It didn’t work with Colosseum. I regularly hear about it, for more than one year, under the name “Spektakel”, but the appointments we had to play it always failed for a reason or another, like Cyrille forgetting to take the prototype from the office, or Pierre having just left with it to play with some other friends. Anyway, I finally played it the day after it the boxes arrived at Days of Wonder, and on the actual printed game.
As usual with Days of Wonder, the components are glossy, but the Roman arena’s don’t have the excessive “new rich home” of Cleopatra’s palace. The box doesn’t look as nice as the former issues in the Days of Wonder big box series, but the board and the various pawns and tokens are all absolutely gorgeous.
Colosseum players are roman impresarios. Each players owns an arena and needs to recruit gladiators, aurigaes and orators, and to buy race horses, chariots, lions and even some marble pieces for decoration. The aim is to produce some great spectacles, gigantic shows produced with a light, sober and good taste, like Venus’ Equestrian Orchestra, De Dentibus Maræ or the Cavalry of Spartacus, in the hope of attracting the most spectators, be they plain plebeians or consuls, or even the emperor. Pity there’s not a single Christian to devour.
Every turn, players start with investing in a new program, in expanding one’s arena, in building an Emperor’s loge, or in granting some season tickets to the plebeians to make sure there will always be some life in the stands. Then the various performers and assets needed to produce a show (gladiators, actors, musicians, decorations, ships, exotica animals…) are auctioned, in lots of three, and each player tries to get what he needs to fulfill his program either by buying it or trading with his opponents. Then each player in turn can hold an event in his arena, which will bring him money, needed to go on with his industry in the later turns, and fame, which is the ultimate goal of the game. Of course, money and fame depend on the ambition and quality of the show, and on the number and quality of spectators. Senators, Consuls and Emperor move from arena to arena depending on the players die rolls and bring large bonuses in fame and money. So there are dice, yes, rolled to move pawns on a circular track, but players have some flexibility in using them, and it feels more like Backgammon than like Candyland. Well, nevertheless, I could have won my first game if I had rolled a 3 and not a 5 in the last turn, but that’s also what brings a bit of fun in the game.
Colosseum was a surprise to me. I had heard many comparisons with the Princes of Florence, and I was expecting some kind of lighter and faster version of Princes of Florence aimed a Casual gamers. While the relation with Princes of Florence is indeed obvious, the games feel nevertheless very different and, most of all, Colosseum is also an involved, sophisticated, and strategic game, with some nastiness. It’s something Wolfgang Kramer has always been very good at, but also something I was not expecting from Days of Wonder. Even when the Emperor’s figure, red and with a laurel crown, is an obvious wink to the Spiel des Jahres jury, Colosseum is more clearly aimed at the Deutsche Spiele Preis, probably with good odds of success.
| 

 Colosseum au soleil aux XIIIèmes rencontres ludopathiques Colosseum in the sun at the XIIIth ludopathic gathering
Format: Grosse boite
Type: Jeu de gestion
Auteur(s): Wolfgang Kramer, Markus Lübke
Éditeur: Days of Wonder
Année de parution: 2007
Nombre de joueurs: 3 - 5
Durée d'une partie: 2 heures
Liste(s) contenant ce jeu: Jeux de comptables, Les plus beaux jeux, L'Antiquité, Jeux monstres, Jeux de développement
Intérêt du jeu
|
|
Graphisme et matériel
|
|
Complexité
|
|
|
Format: Big box
Genre: Management game
Author(s): Wolfgang Kramer, Markus Lübke
Publisher: Days of Wonder
Released Year: 2007
# of players: 3 - 5
Playing time: 2 hours
List(s) with this game: Games for accountants, Pieces of Art, Classical Antiquity, Monster games, Development games
The game itself
|
|
Graphics and components
|
|
Complexity level
|
|
|
|
|