Coloretto, un petit jeu de cartes méchant et original, est sans doute le chef d'oeuvre de Michael Schacht, et un succès commercial durable. Rien d'étonnant donc à ce que l'éditeur, Abacus, ait demandé à Michael s'il pouvait en décliner le principe dans un véritable jeu "de plateau". Je suis bien placé pour savoir à quel point l'exercice est difficile, n'étant jamais parvenu, malgré les relances de l'éditeur, à bâtir à partir de Citadelles un gros jeu de plateau qui soutienne la comparaison avec le jeu de cartes. Même les meilleurs s'y sont cassé les dents, avec 6 nimmt ou Bohnanza dont les déclinaisons en grosses boîtes sont plutôt moins intéressantes que les jeux de cartes. Il en va d'ailleurs souvent de même, à l'inverse, des jeux de cartes construits à partir de jeux de plateau connus, comme Euphrat und Tigris ou Elfenland, même si je me suis laissé dire beaucoup de bien de Caylus Magna Carta.
Une gageure,donc, que Michael Schacht a brillamment relevé avec Zooloretto, dans lequel on retrouve certes un système de prise de jetons qui s'inspire directement du mécanisme de choix des cartes dans Coloretto, mais qui n'en est pas moins bien plus qu'une version surdimensionnée du jeu de cartes.
Chaque joueur de Zooloretto est directeur d'un zoo, qu'il va chercher à développer en se procurant zèbres, chameaux et pandas pour attirer les visiteurs, en s’efforçant d’obtenir des bébés , très appréciés des familles avec enfants, et en installant des boutiques où ils pourront acheter pop corn et souvenirs. Un jeu de gestion donc, mais très léger, et qui reste plus proche de Coloretto que de Puerto Rico. Chacun à son tour doit en effet simplement soit piocher une tuile au hasard, boutique ou animal, soit acquérir le contenu de l'un des camions. Le nombre d'enclos dans chaque zoo étant limité, un joueur peut se retrouver avec des animaux pour lesquels il n’a pas la place dans son zoo, et qu'il ne sera pas toujours facile de revendre. Cela permet quelques amusantes prises de risque, et bien des entourloupes, dans ce qui est doute le jeu de gestion le plus amusant et le plus léger qu’il m’ait été donné de jouer. On reproche parfois aux jeux de gestion de ressembler à un problème de comptabilité et de pouvoir se jouer sous excel – ce n’est pas le cas de Zooloretto.
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Coloretto, a nasty and very original card game, is probably Michael Schacht’s masterwork, and is a lasting hit. It’s not surprising that the publisher, Abacus, asked Mchael if he could design a big box boardgame based on the same systems and ideas. I know how hard this is, since despite regular fostering by the publisher I’ve never found a satisfying way to to develop Citadels into a boardgame that could stand the comparison with the card game. Even the best designers have a hard work with this, as you can see with 6 nimmt and Bohnanza, whose boardgame declinations are not as good as the card games. The reverse seems to be problematic as well, as you can see from the card games declinations of great boardgames like Euphrat & Tigris or Elfenland. I’ve been told Caylus Magna Carta is great, but I want to see.
It was a challenge, and Michael brilliantly held it with Zooloretto. While the truck selection in Zooloretto is directly taken from the card set selection in Coloretto, the boardgame is much more than an oversized version of the card game.
In Zooloretto, each player is the manager of a Zoo and tries to develop it with buying zebras, camels pandas and other animals that will attract visitors. The zoo managers also try to have couples give birth to baby animals, since children and families like them, and to have a few shops to sell postcards and popcorn. Zooloretto is definitely a management game, but a very light one, that feels more like Coloretto than like Puerto Rico. A player’s turn is only either drawing a tile and adding it to one of trucks, either take a truck and place all the animals in it into his zoo. Since the number of enclosures in a zoo is strictly limited, a player sometimes has to get animals which he doesn’t have room in his enclosures at the moment, and which are not always easy to sell to the other zoos. This makes for some risk taking, and some nasty moves. Zooloretto is probably the most fun and light management game I’ve played, one that doesn’t feel like accounting work and can’t be played on an excel sheet.
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