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Mon jeu de l'année
My game of the year



Jerry Dziuba
Castle Merchants



Castle Merchants est un jeu qui semble avoir tout contre lui. Le matériel est d’une qualité très moyenne, avec de vilains pions en plastique et des cartes qui glissent mal. Les illustrations, quant à elles, sont carrément ratées, et le plateau de jeu d’une laideur repoussante. Le thème, des marchands médiévaux allant de château en château vendre des armes, du tissu ou du vin, n’est ni très excitant, ni très original. Si les règles sont simples et claires, leur lecture peut laisser croire à un simple de jeu de « Pick-up and deliver » largement déterminé par le hasard du tirage de cartes. Bref, si l’éditeur ne m’avait pas offert une boite de Castle Merchants au salon d’Essen 2005, je ne l’aurai sans doute pas acheté. Et même dans ces conditions, il a fallu plus d’un an, et quelques rumeurs entendues ici et là selon laquelle ce jeu serait bien meilleur qu’il n’en avait l’air, avant que je ne me décide à le sortir lors d’une soirée jeux.

Bien m’en a pris, car Castle Merchants s’est avéré, à quatre joueurs – car je doute fort que cela marche aussi bien à deux ou trois – un jeu de société familial simple, dynamique, amusant et, surtout, extrêmement interactif, voire méchant.

C’est d’ailleurs peut-être là l’autre raison pour laquelle Castle Merchants n’a pas trouvé son public. Les règles, simples et astucieuses, et le thème pas toujours très convaincant, le rattachent en effet à l’école allemande, tandis que la nécessité de jouer de manière assez agressive, et souvent de s’allier pour contrer le joueur en tête, sont plutôt des caractéristiques des jeux de l’école anglo-saxonne. Certes, cela n’a pas empêché en son temps l’excellent Manhattan de recevoir le Spiel des Jahres, mais ce temps est peut-être aujourd’hui révolu. Si Zooloretto ou der Markt von Alturien l’emportent cette année, ce qui me ferait assez plaisir, cela voudra dire que je me suis trompé.

Les joueurs sont donc des marchands vaguement médiévaux. Chacun débute la partie avec un chariot transportant des armes, du tissu, du vin, du fromage et des bijoux. Chacun des cinq châteaux de la région est demandeur de l’un de ces produits, et c’est donc une course qui va s’engager pour être le premier à livrer les acheteurs. Tout l’intérêt du jeu, et sa méchanceté, résident dans le système de cartes permettant de constituer les chemins et de déplacer ses marchands. Chaque joueur dispose d’une main de cartes, généralement entre trois et six, avec lesquelles il peut placer des cases de marais, village, montagne, plaine ou forêt sur le plateau de jeu, et avec lesquelles il peut également se déplacer. Lors du déplacement, une zone de plusieurs cases identiques côte à côte compte comme une case unique, et chacun cherche donc à créer les raccourcis qui l’intéressent… et à bloquer ses adversaires en détruisant ensuite ces chemins, voire en provoquant des éboulements. Cela est thématiquement assez curieux, un peu comme si l’Europe médiévale avait été en proie à d’incessants tremblements de terre - à moins que ce ne soit, bien sûr, un effet de magie, qui peut toujours tout expliquer. Cela dit, c’est dans ces manipulations du terrain que résident le dynamisme, la subtilité et la méchanceté de Castle Merchants. D’ailleurs, un peu comme à Elfenland ou aux Aventuriers du Rail, si on joue gentil et sans chercher à bloquer ses adversaires, le jeu perd tout intérêt.

Castle Merchants avait tout pour passer inaperçu, et vous ignoriez sans doute, jusqu’à aujourd’hui, son existence. Ce très bon jeu est pourtant toujours disponible, et il est donc encore temps de réparer cet oubli.

Castle Merchants was a doomed game with everything against it. its components are of poor quality, with bland plastic pawns and poor cardstock cards. The graphics are bland, and the board plain ugly. The setting, mediaeval merchants traveling from castle to castle to sell weapons, cloth or wine, is neither exciting nor original. The rules are simple, short and well written, but from reading them you can think this will only be a bland “pick-up and deliver” game mostly driven by the luck of the cards draw. If the publisher, Z-man games, had not given me a free copy of castle Merchants at the 2005 Essen fair, I would probably never had bought one. Even so, I brought it to a game evening only more than one year later, and after having heard from trustful friends that there was more in it than meets the eyes.

There was indeed, and with four players (I doubt it would be as good with less players), Castle Merchants is a light, dynamic, fun and highly interactive – meaning slightly nasty – family game.

This might be the other reason why castle Merchants went under radar. On the one hand, with its simple and clever rules, its thin and not very convincing theme, it clearly belongs to the German school of game design. On the other hand, it rewards aggressive play, and even ganging up on the leader, which are usual characteristics of the American school of game design. Well, such characteristics didn’t prevent Manhattan to get the Spiel des Jahres, but it was fifteen years ago, and I doubt the same culd happen nowadays. If Zooloretto or Der Markt von Alturien wins this year, which would be a nice surprise, it will mean I am wrong.

So, players are vaguely mediaeval players. Each player starts the game with a cart loaded with weapons, cloth, wine, cheese and jewels. Each one of the five castles in the province wants to buy one kind of wares, so the game is a race to be the first one to deliver them and get the best price. The interest, and the nastiness, of the game is in the card system used to build paths and move carts. Each players has a hand of cards, usually between three and six, which are used both to place swamp, village, mountain, forest or plain tiles on the board, thus building movement paths, and to move one’s cart on these paths. The trick is that a group of two or more adjacent identical tiles is considered a single space for movement, so each player will try to create the best paths to move his cart on, and to block his opponents with removing them or even placing rock obstacles behind. Of course, this Mediaeval Europe permanently altered by earthquakes and landslides is thematically weak, but that’s also where are the fun, the dynamism, the subtleness and the nastiness of Castle Merchants. Like Elfenland or Ticket to Ride, Castle Merchants loses all its fun and interest if played nice and without trying to block opponents.

Castle Merchants went totally under radar, and you probably don’t know about it yet. The game is still in print, so it’s still time to make up for this.




Format: Grosse boite

Type: Jeu de déplacement

Auteur(s): Jerry Dziuba

Éditeur: Z Man Games

Année de parution: 2005

Nombre de joueurs: 2 - 4 (optimum 4)

Durée d'une partie: 90 minutes

Liste(s) contenant ce jeu: Jeux chaotiques, Jeux d'enfoirés, Négociants et marchands, Chauffeur-livreur et représentant de commerce

Intérêt du jeu

Graphisme et matériel

Complexité



Format: Big box

Genre: Pick up and Deliver

Author(s): Jerry Dziuba

Publisher: Z Man Games

Released Year: 2005

# of players: 2 - 4 (optimum 4)

Playing time: 90 minutes

List(s) with this game: Chaotic games, Nasty games, Traders and merchants, Salesman and Delivery-man

The game itself

Graphics and components

Complexity level




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Manhattan

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