| Friedemann est un homme qui a de la ressource, capable de vous sortir du meilleur Knizia une année, avec Funkenschlag, et du meilleur Faidutti l’année suivante, avec Fiji. Dans ce dernier cas, cela confine même à la caricature, car Fiji, entièrement basé sur un système d’enchères à poing fermé, est sans doute plus chaotique et incontrôlable que la plupart de mes créations.
Le thème, loufoque mais admirablement bien rendu, est celui d’explorateurs cherchant à acquérir auprès de tribus cannibales des têtes réduites afin de les revendre aux musées d’Europe. Pour cela, chacun dispose de jolies perles de verroterie vertes, rouges, jaunes et bleues qu’ils vont offrir aux indigènes dans le cadre d’un échange fortement ritualisé duquel il va s’efforcer de tirer le meilleur parti.
Inutile de vous le dire, le rituel fidjien, déterminé par le pioche de cartes objectifs, offrandes et effets, est passablement tordu. Après que chacun ait placé secrètement dans son poing, un peu comme dans Aux Pierres du Dragon, les perles de verre qu’il souhaite offrir aux indigènes, les offres sont révélées et l’on applique, l’un après l’autre, les effets des cartes déterminant le rituel. Ainsi, par exemple, le joueur ayant misé le plus de perles vertes recevra deux perles rouges, celui ayant misé le moins de perles jaunes en recevra une de chaque couleur, celui ayant misé le moins de vertes pourra changer l’ordre des cartes de l’objectif final, etc… Les ex-æquos se neutralisent et, par exemple, si deux joueurs ont misé le plus de perles d’une couleur, c’est le joueur suivant qui remporte le bonus correspondant – une règle typiquement faidutienne.
Fiji est tout sauf un jeu de stratégie, et même la subtilité psychologique au deuxième ou troisième degré y est souvent prise en défaut. Une grande part du plaisir du jeu consiste à voir comment les calculs savants des différents joueurs, et notamment les vôtres, dégénèrent le plus souvent en une succession chaotiques d’effets assez inattendus. Et quand par miracle tout marche comme prévu, on est content aussi!
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Friedemann is a resourceful guy, who can design a game feeling like the best Knizia one year – Funkenschlag – and a game feeling like the best Faidutti the next year – Fiji. Well, Fiji feels always like a caricature since it is entirely based on closed fist bidding and probably feels more chaotic and uncontrollable than most of my own designs.
The setting is zany but very well rendered. Players are explorers trying to buy shrunken heads from Fijian cannibal tribes, and probably to sell them back at a much higher price to European museums. Each player owns glass beads in various colors, red, blue, green and yellow, and will try to get the best of it in a heavily ritualized trade.
Of course, the Fijian trade ritual, made of goal, offer and effect cards, is terribly convoluted. After each player has placed the glass beads he wants to trade with natives in his closed fist, somewhat like in Fist of Dragonstones, bids are revealed and the various ritual cards are applied, one after the other. S, for example, the player who did bid the most green beads will receive two red ones, then the player who bid the least yellow will receive on of each color, then the player who bid the least green will swap two cards in the final goal line, etc.. This is made even more tricky by the rule stating that tied bids cancel eachother, so if two player bid the same highest number of beads in one color, the next player is considered highest – a typical Faidutti rule.
Fiji is definitely not a strategy game, and even double or triple guessing can end with unpredictable results. Most of the game’s fun is in finding out how complex calculations and intricate triple guessing finally ends in a chaotic succession of unexpected events. Of course, it’s also good when, sometimes, things happen as scheduled.
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