Glenn Drover Age of Empires III
|

| Il y a une quinzaine d’années de cela, j’ai fait quelques parties de New World, un gros jeu de Derek Carver contant la découverte, l’exploration et l’exploitation de l’Amérique par les puissances européennes rivales. Je garde le souvenir d’un jeu riche, original et intéressant mais aussi un de ces monstres à l’américaine, très long et assez complexe, comme presque toute la gamme Avalon Hill, auquel j’aurais sans doute du mal à rejouer aujourd’hui. Age of Empires reprend exactement la même thématique, mais avec plus de légèreté et de fluidité, et en deux heures au lieu de six ou sept. Comme récemment Invasions, Age of Empires III réussit à saisir le meilleur des deux mondes, le thème et la richesse un peu baroque des jeux américains, et les règles fluides et sans fioritures inutiles des jeux allemands, et ce même si le hasard omniprésent dans Invasions est bien moindre dans Age of Empires. Comme Invasions également, il bénéficie d’un matériel luxueux.
Chaque joueur représente donc l’une des grandes puissances qui, au tournant des XVème et XVIème siècle se lancent à la conquête du nouveau Monde. À chaque tour, les joueurs placent leurs pions colons sur les différentes « boites » de programmation des différentes phases du jeu, initiative, exploration, colonisation, commerce, développement, recrutement et, parce que c’est quand même un jeu américain, guerre. Le système de placement des colons sera familier à beaucoup de joueurs, puisque c’est celui de jeux comme Caylus, Les Piliers de la Terre ou Leonardo, avec ici bien des subtilités permises par les pouvoirs spéciaux de certains pions, marchands, capitaines, soldats et missionnaires, selon la « boite » où ils sont placés.
Les différentes « boites » sont ensuite résolues une à une. Les joueurs débarquent des colons dans les régions déjà explorées, éventuellement accompagnés de missionnaires pour convertir les populations locales. Ils explorent des régions encore inconnues, à la recherche de richesses et de renommée, et espérant que les indigènes seront peu nombreux et bien intentionnés. Ils font du commerce avec la métropole, meilleur moyen de s’enrichir régulièrement. Ils construisent des cités et des bâtiments qui, dans les premières phases du jeu, leur donneront des avantages pour la suite de la partie et, dans les derniers tours, leur rapporteront des points de victoire. Enfin, même si ce n’est pas le cœur du jeu, ils peuvent se faire la guerre pour s’assurer le contrôle de telle ou telle région. Tout cela peut avoir l’air complexe, mais les mécanismes fluides et logiques, et le plateau remarquablement bien conçu, font que tout semble couler de source et que l’on ne consulte que rarement le livret de règles, par ailleurs fort clair.
La grande richesse d’Age of Empires III, qui semble avoir été testé et équilibre avec énormément de soin, est dans les différentes stratégies possibles. Selon leurs choix, selon aussi les bâtiments qu’ils auront pu acquérir dans les premiers tours, les joueurs peuvent en effet opter pour des stratégies très différentes, fondées sur l’exploration, sur le pillage, sur la colonisation, sur le commerce, sur le développement ou sur la guerre et qui, toutes, peuvent mener à la victoire.
En découvrant Age of Empires, je n’ai pu m’empêcher de penser à Mission : Planète Rouge, le jeu d’exploration martienne que j’ai conçu avec Bruno Cathala, et pour lequel nous avions un temps envisagé le thème de la découverte de l’Amérique. Les deux jeux sont à la fois très similaires et extrêmement différents. Partant des mêmes prémisses et visant le même format de jeu, Glen Drover s’est de toute évidence posé les mêmes questions que nous, mais n’a pas toujours choisi les mêmes réponses. Il y a plus de bluff dans Mission: Planète Rouge, plus de Stratégie dans Age of Empires III, mais ces deux jeux de découverte et de majorité relèvent clairement de la même démarche.
Le seul vrai reproche à faire à ce jeu concerne son nom et sa couverture. Le jeu s’appelle « Age of Empires III », mais ne cherchez pas des éditions précédentes portant les numéros I et II, il n’y en a pas eu. Cela s’explique par la référence à un jeu video portant ce nom et qui en est, lui, à sa troisième époque, correspondant à la période des grandes découvertes. Même si je comprends la logique commerciale qui a imposé le choix de ce titre pour le jeu de plateau, je le trouve assez maladroit, car l’expression « Age of Empires » fait plutôt spontanément penser à l’antiquité qu’au XVIème siècle. La couverture de la boite, avec illustration d’une bataille rangée qui semble plutôt XVIIIème siècle, ne fait qu’ajouter à la confusion. Bref, il faut regarder le dos de boite pour comprendre quel est le vrai thème du jeu, ce qui est quand même surprenant. Si « Age of Empires » s’était appelé « New World », « America » ou « Age of Discovery », avec une jolie caravelle sur la boite, les choses auraient été plus claires.
Age of Empires III n'était jusqu'ici disponible qu'en anglais, mais des éditions dans d'autrs langues devraient apparaître fin 2008 ou début 2009. Pour en savoir plus à ce sujet, vous pouve contacter les distributeurs respectifs :
Allemagne: Pro Ludo
Tchéquie: ADC Blackfire Entertainment
Lithuanie: Kadabra
Espagne: Rodacalles SL
France: Millenium
Russie: Smart Ltd.
Italie: Idea Edizioni srl
Pays Bas: White Goblin Games
Hongrie: Gamer Café Ltd.
|
Fifteen years ago, I played a few games of New World, a big game by Derek Carver about the discovery, exploration and colonization of America by rival European empires. I remember a richly flavored game, original and challenging, but also long and complex, like many monster games of these times, and most of the Avalon Hill line – a game I will probably never find an opportunity to play again. Age of Empire tells the very same story, but in a much lighter and more fluid way, and in two hours instead of six. Like the recent Fire and Axe, Age of Empires manages to take the best of two worlds, the rich setting and baroque feel of American-style design and the fluid and efficient rules of German games – even when the two games are in many ways very different, and Age of Empires much less luck dependent. Like Fire and Axe as well, Age of Empires III has gorgeous components.
Each player plays one of the great European states which, at the turn of the XVIth century, vied for the conquest of the new world. Eevery turn, players place colonist pawns on the different “event boxes” on the board, boxes for initiative, discovery, colonization, trade, development, recruitment and, since it’s an American game, warfare. This placement and programming system will feel familiar to the players of Caylus, Pillars of the Earth or Leonardo, but it is enriched here with the specialist pawns, merchants, captains, soldiers and missionaries, which can have special powers depending on the box in which they are played.
Boxes are then resolved one after the other. Players land settlers in the previously discovered regions, sometimes with missionaries to help them convert the Indians to the only true faith. They explore undiscovered regions, looking for gold and fame, and hoping the natives won’t be too aggressive. They trade with their homeland, probably the best and safest way to make money. They build cities and buildings, that will give them special powers for the rest of the game, or victory points in the end. Also, even when it’s not the heart of the game, they can wage war against their opponent for the control of a critical region. All this can look complex and convoluted, but it is not. The logical rules and the well designed board make everything feel fluid, and after one or two turns it’s no more necessary to refer to the rules.
What makes Age of Empires a really good game, obviously developed and playtested with great care, is the variety of balanced strategies. Depending on their mood, and on the buildings they could get in the first rounds, players can focus on different parts of the game – exploration, plunder, settling, trade, city buildings or war – and all these strategies can lead to victory.
When first discovering Age of Empires, I was heavily reminded of Mission: Red Planet, the game I designed with Bruno Cathala and for which we had, at some time, also considered an “Age of Discovery” setting. Both games are at the same time very similar and very different. Starting with the same premises, and the same goal in term of game feel and weight, Glenn Drover and us obviously met the same issues, the same problems, but on some critical points we opted for very different solutions. As a result, there’s more bluff in Mission: Red Planet and more strategy in Age of Empires, but both are exploration and majority games with a somewhat similar feel.
The worse about this game is probably its name and cover art. Don’t look for earlier editions called Age of Empires I or II, there are none. The game’s title is a reference to a computer game, Age of Empires, which is now in its third historical period, the Age of Discovery. Even when I can understand the commercial reasoning that made for this title, I can’t help feeling the game’s name doesn’t fit its theme, since “Age of Empires” reminds more of Antiquity than Renaissance. Furthermore, the box picture, with what looks like a large scale XVIIIth century battle, also doesn’t fit and adds more to the confusion. This means you have to look at the back of the box to understand what the game really is about, which is something strange. This game ought to be named “New World”, “America” or “Age of Discovery”, and with a caravel or galleon pictured on the box.
Age of Empires III is avaialble so far only in English, but international editions ought to hit the shelves soon, thanks to the following distributors :
Germany: Pro Ludo
Czech Republic: ADC Blackfire Entertainment
Lithuania: Kadabra
Spain: Rodacalles SL
France: Millenium
Russia: Smart Ltd.
Italy: Idea Edizioni srl
Netherlands: White Goblin Games
Hungary: Gamer Café Ltd
| 
 Début et fin de partie au week-end ludique d'Anse, organisé par Serge Laget et ses amis du labojeux. First and last rounds at the Anse game week-end, organized by Serge Laget and his friends from the game laboratorium.
Format: Très grosse boite
Type: Gros jeu de conquête et d'exploration
Auteur(s): Glenn Drover
Éditeur: Tropical Games
Année de parution: 2007
Nombre de joueurs: 2 - 5
Durée d'une partie: 2 heures
Liste(s) contenant ce jeu: Les incontournables, Thème fort, Exploration et découverte, Jeux monstres, Moyen-Âge et Renaissance, Route et artisans
Intérêt du jeu
|
|
Graphisme et matériel
|
|
Complexité
|
|
|
Format: Very big box
Genre: Big discovery and exploration game
Author(s): Glenn Drover
Publisher: Tropical Games
Released Year: 2007
# of players: 2 - 5
Playing time: 2 hours
List(s) with this game: The very best, Games true to their theme, Exploration and discovery, Monster games, Middle Ages and Renaissance, Worker placement
The game itself
|
|
Graphics and components
|
|
Complexity level
|
|
|
|
|