| Phalanx devant m’envoyer mes exemplaires d’auteur de Chicago Poker, je leur ai demandé d’en mettre un de moins et de le remplacer par une boite de Before the Wind, le jeu de de Tortsten Landsvogt qu’ils publient en même temps, dans la même collection. Rien de plus différent pourtant que Chicago Poker, fondamentalement un petit jeu de cartes qui a été un peu surdimensionné pour entrer dans une boite au format Carcassonne, et Before the Wind, un bon gros jeu de gestion dans l’esprit de Dschunke ou Goa, auquel seule l’absence de plateau permet de rentrer, bien serré, dans une assez petite boite. Le poids d’un jeu n’est pas toujours proportionnel au volume de la boite. Un coup d’œil au dos de boite, montrant de nombreuses cartes cachées et visibles, savamment disposées, donne d’ailleurs une idée de la relative complexité de l’ensemble, qui dure bien plus que les 75 minutes indiquées au dos de la boite.
Les joueurs sont des négociants d’Amsterdam qui doivent remplir leurs entrepôts de marchandises, pomme, fromage, épices et tissus, avant de charger des navires pour les expédier outremer. Mieux vaut cependant que les marchandises ne restent pas trop dans les magasins ou certaines, les pommes notamment, risquent de pourrir. Bref, il faut gérer avec soin sa main de cartes et son entrepôt en fonction des navires à quai, de ce que l’on voit ou devine des choix des autres joueurs, et de l’état de son compte en banque. Deux éléments permettent une très forte interaction entre les joueurs – très forte interaction étant, en matière de jeux de société, un euphémisme pour coups de putes. Les navires prêts à partir sont en effet les mêmes pour tous les joueurs, et c’est souvent la course pour pouvoir charger les plus rémunérateurs. Surtout, les actions que les joueurs peuvent effectuer à chaque tour, piocher des cartes marchandises, remplir son entrepôt, charger un navire, percevoir des revenus, plus quelques actions spéciales plus rares, sont sélectionnés grâce à un astucieux système de « draft » - un mécanisme à la mode mais qui est ici décliné d’une manière très originale, avec la possibilité de racheter à un autre joueur l’action qu’il avait d’abord sélectionnée.
Les joueurs avec qui, au week-end ludique d’Anse, j’ai sorti pour la première fois Before the Wind, ont été aussi surpris que moi. Vu le format de la boite, nous nous attendions à partir dans un petit jeu de cartes sans surprises, nous nous sommes trouvés pris deux heures dans un jeu de gestion original et assez exigeant pour les neurones – mais aucun d’entre nous ne l’a regretté.
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Since Phalanx had to send me my author copies of Chicago Poker, I asked them to send one less and replace it with a copy of Torsten Landvogt’s Before the Wind, which was published at the same time in the same collection. Same boxes, but extremely different games. When Chicago Poker is basically a light card game which has been slightly overproduced to fit in a Carcassonne size box, Before the Wind is the reverse, a relatively heavy management game which could fit, with some difficulty, in a small box only because it has no real board. So remember, a game’s weight is not in direct proportion with the box size. A look at the back of the box, with a picture of the many cards deck, some face up and some face down, intricately placed on the game table, gives a better idea of the game’s complexity. And, of course, it takes longer than the 75 minutes stated on the box.
Players are merchants of Amsterdam, and have to fill their warehouses with various goods – fruits, cheese, spices and cloth – before they load them aboard the ships waiting at the harbor. Better not have goods wait too long in the warehouses since some of them, especially fruits, can rot. This means you must cleverly manage the cards in your hand and in your warehouse, depending on the ship captain’s demand, the other players’ strategies, and your bank account. Two systems make for strong players interaction – which is the usual euphemism for nasty tricks. First, the ships waiting in the harbor are the same for all players, which results in small races to get the goods that can be loaded in the most profitable ones. Second, the actions made by players every turn are chosen using a very clever card drafting system, where it’s possible to buy back from another player the card he had first chosen.
At the Anse game week-end, the players with whom I have first played Before the Wind were, like me, expecting a light card game. We’ve been taken by surprise and lured into a two hours long brain burning and rather original management game – but none of us regretted it.
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