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Mon jeu de l'année
My game of the year



Andrea Chiarvesio, Luca Iennaco
Kingsburg



Kingsburg, c’est comme Caylus, sauf que l’on lance plein de dés et que l’on frite des gobelins. Cela risque de valoir à ce jeu pas mal d’incompréhension, que ce soit parmi les joueurs qui ne supportent pas le hasard des jets de dés, parmi ceux qui sont lassés de dépenser un cube rose et deux cubes gris pour construire un bâtiment produisant des cubes jaunes, voire parmi les partisans de l’amitié entre les peuples. Ceux que de tels mélanges exotiques séduisent, et qui ont par exemple apprécié Yspahan, devraient à l'inverse apprécier Kingsburg.

Les joueurs, des gouverneurs de province dans le royaume du roi Tritus, cherchent à développer leur région. Tout cela demande des ressources, en or et en matériaux divers, qu’ils vont chercher à se procurer en obtenant le soutien du roi, de la reine – non seulement plus séduisante mais aussi plus puissante que son époux – et des nombreux courtisans, bouffon, sorcier, alchimiste et aux autres conseillers. Pour cela, les joueurs lancent trois dés et, chacun à son tour, placent devant un membre de la cour un ou plusieurs dés dont la valeur totale est exactement égal au rang du courtisan – de 1 pour le bouffon à 18 pour le roi. Selon les résultats de ses dés, chacun a donc des possibilités différentes, et si un total élevé est généralement plus favorable, de petits dés peuvent aussi s’avérer utiles. Chaque courtisan ne pouvant soutenir qu’un seul joueur, il y a parfois des possibilités de collusion pour bloquer celui qui est en tête. Chaque courtisan rapporte certaines ressources, ou permet de marquer des points de victoire, de renforcer ses troupes, ou d’obtenir des renseignements sur l’ennemi qui ne manquera pas d’attaquer le royaume au prochain hiver. Les ressources ainsi obtenues permettent ensuite de construire des bâtiments, de la simple muraille au prestigieux hôtel de la guilde des sorciers-confiseurs, qui donnent généralement un avantage pour la suite de la partie, ou des points de victoire, ou les deux. L’hiver venu, des hordes de gobelins déferlent sur le royaume et détruisent les bâtiments les plus jolis et les moins défendus.

Très rapide et dynamique à trois ou quatre joueurs, Kingsburg devient un peu trop long et confus à cinq. Si la stratégie n’en est pas absente, notamment dans la recherche de combinaisons de bâtiments, le jeu mêle plutôt chance et tactique, demandant de s’adapter sans cesse aux possibilités offertes par les dés.

Parmi les nombreux jeux ramenés du salon d’Essen 2007, Kingsburg est celui qui, à la lecture de règles, m’avait semblé le plus original et le plus intéressant. Si je suis quand même à demi déçu après y avoir joué, ce n’est pas parce que le jeu est mauvais – il est très bon, comme le montre ma critique - c’est parce qu’il aurait pu être meilleur encore. Les pouvoirs des membres de la cour se ressemblent en effet un peu trop, tout comme ceux des bâtiments, qui auraient pu être moins nombreux et plus typés. J’espère donc que cette critique donnera aux auteurs du jeu, Andrea Chiarvesio and Luca Iennaco, ou à d’autres, l’envie de concevoir un set de personnages et de bâtiments aux effets plus variés, plus tranchés, plus imagés, car c’est clairement là que ce jeu aux principes de base particulièrement malins et efficaces pêche quelque peu.

Mise à jour 2009

Deux ans plus tard, mes vœux sont exaucés. L'indispensable extension "To Forge a Realm" appote à Kingsburg, sous la forme de 5 modules différents, toute la variété dont il manquait. De nouveaux bâtiments, de nouveaux personnages, ce qu'il fallait pour faire de ce jeu un grand classique.

Kingsburg feels like Caylus with dice rolls and goblin bashing. This will probably grant him some wariness and miscomprehension, from gamers who can’t stand the luck of the dice, from others tired of spending one pink and two grey cubes to build a district producing yellow cubes, and of course from goblins. On the other hand, those who like strange mixes, and who enjoyed "dice management" games such as Yspahan, can be interested in Kingsburg.

Players are governors of the provinces in King Tritus’ kingdom, and try to develop their territories. Of course, this requires gold and other resources, as well as troops to fight the king’s enemies. To get the gold and various resources they need to construct buildings and the troops needed to protect them, the players will call upon the help of the king and queen – the latter being not only nicer looking but also much more efficient than the former – and their trusted advisors, such as jester, astronomer or treasurer. To do this, players roll three dice each and take turns spending one of more dice to get the help of a court member whose rank – from 1 to the jester to 18 for the king – equals the exact value of the dice spent. Since each court member can help only one player, there are often opportunities for blocking opponents. Each court member can give some specific resource, award victory points, or help hiring soldiers or get some secret news about the enemy troops that will attack the kingdom next winter. Resources acquired that way are then spent to build powerful and prestigious buildings, from a simple palisade to the gorgeous palace of the wizards guild, which will give some advantage to the player for remaining of the game, and/or give him victory points. Every winter, orcs and goblins enters the kingdom from the northern border and wander through all provinces, destroying the nicest looking and least defended buildings.

The game is fun and fast with three or four players, but becomes a bit too long and confusing with five. There’s some strategy to it, in trying to get the best building combos, but it’s nevertheless more about luck and tactics, with players trying to adjust their strategy to the possibilities offered by their dice rolls.

Kingsburg was, among the many games I brought back from the 2007 Essen fair, the one I was most excited about after reading the rules, since it sounded original, interesting and challenging. After playing it, I can’t help being half disappointed. The game is not bad, it is even quite good, as I just told in this review, but I’m sure it could have been much better. The effects of the different buildings, as well as the powers of the King’s advisors, are very similar, when they could probably have been less numerous, but more different and more thematic. I hope this review will help convince Andrea Chiarvesio and Luca Iennaco, or other gamers, to design a whole new set of characters and buildings with more varied and more specific effects, since this is the only weakness of this good game based on a great game system.

2009 Update

Two years later, the Kingsburg expansion, To Forge a Realm adds all the elemenst I was asking for, and a few more. There are new rows of buildings, new characters and lots of stuff in five different additional modules. All that was needed to change Kingsburg from a really good game into a true classic.




Format: Grosse boite

Type: Jeu de gestion et de dés

Auteur(s): Andrea Chiarvesio, Luca Iennaco

Éditeur: Stratelibri, Ubik

Année de parution: 2007

Nombre de joueurs: 3 - 5

Durée d'une partie: 1 heure

Liste(s) contenant ce jeu: Trois joueurs, Les mondes enchantés, Route et artisans, Jeux de développement, Jeux de comptables

Intérêt du jeu

Graphisme et matériel

Complexité



Format: Big box

Genre: Light management game

Author(s): Andrea Chiarvesio, Luca Iennaco

Publisher: Stratelibri, Ubik

Released Year: 2007

# of players: 3 - 5

Playing time: 1 hour

List(s) with this game: Three players, Fantasy worlds, Worker placement, Development games, Games for accountants

The game itself

Graphics and components

Complexity level




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