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Mon jeu de l'année
My game of the year



Sébastien Pauchon
Metropolys

  


Les jeux Ystari ont toujours été excellents, et Metropolys est sans doute l’un des meilleurs, voire le meilleur. Les jeux Ystari ont aussi toujours été moches, et Metropolys est très certainement le pire. Dans les jeux précédents, les Ys, Caylus, Yspahan, Amyitis et Mykerinos, la laideur des couleur et la pauvreté des dessins étaient quelque peu compensés par l’homogénéité graphique de l’ensemble – avec un peu de bonne volonté, on pouvait presque parler de style – et par un souci de clarté et d’ergonomie. Bref, ils étaient laids, mais ils étaient très lisibles et finalement assez agréables à jouer. Ce n’est plus le cas avec Metropolys.
Passons sur l’illustration de couverture, un peu pâlichonne mais quand même impressionnante. Le plateau de jeu, tout en couleurs sombres, est très difficilement lisible et fait déjà mal aux yeux avant même que l’on ait commencé à y placer pions et jetons. Les cartes et les jetons, dans les curieux tons pastel-fluos qui n’existent que sous acide et dans les jeux Ystari, ne font qu’aggraver les choses. Quand aux couleurs des pions des joueurs, allant du rouge le plus vif au gris le plus triste, elles manquent totalement d’homogénéité. Bref, on a l’impression de jouer avec des éléments provenant de jeux différents mais aussi laids les uns que les autres.

Ceci est d’autant plus dommage que Metropolys est sans doute l’un des meilleurs jeux à l’allemande publié ces derniers temps. Le thème, la construction d’une cité par des architectes rivaux, est peu convaincant, mais la richesse et la subtilité des mécanismes imaginés par Sébastien Pauchon le font vite oublier. Au cœur du jeu se trouve un système tout à la fois d’enchère et de placement, par lequel les joueurs vont tenter de prendre le contrôle des différents quartiers de la ville. Lorsqu’un joueur fait une offre pour une case du plateau de jeu, il est possible à ses rivaux de faire une offre plus élevée pour une case libre voisine. Les coups deviennent de plus en plus subtils et méchants lorsque le jeu avance, que le nombre de cases libres commence à diminuer, que les majorités d’arrondissement se dessinent et que l’on devine les objectifs secrets de ses rivaux. Plus tactique que stratégique, Metropolys est un jeu où il faut tantôt attendre et laisser les rivaux s’épuiser en bâtissant leurs plus hautes tours, tantôt ne pas hésiter à brûler ses cartouches pour profiter d’une situation favorable.

Abstrait, simple et rapide mais riche en subtilités, Metropolys me rappelle un peu Manhattan, un jeu un peu oublié aujourd’hui mais auquel j’ai énormément joué il y a une quinzaine d’années. Avec un graphisme moins rebutant, il aurait sans doute pu séduire un public familial et, comme Manhattan, décrocher le Spiel des Jahres. Le style, ou plutôt l’absence de style, de l’édition le réserve malheureusement au public des joueurs acharnés prêts à faire abstraction d'un graphisme un peu déprimant - mais cela en vaut la peine, tant les parties sont passionnantes. C’est en effet un très grand jeu, sans doute le chef d’œuvre de Sébastien Pauchon.

Ystari so far published only great games, and Metropolys is one of the best, may be even the best one. Ystari so far published only ugly looking games, and Metropolys is certainly the most dreadful one. Ys, Caylus, Yspahan, Amyitis and Mykerinos had poor graphics and strange colors, but this was more or less balanced by their sobriety and homogeneity – with some good will, you could even call this a style – and by an obvious concern with clarity and practicality. These games looked ugly, but they were gamer-friendly, easy to play, with no unnecessary graphical chrome. It’s no more the case with Metropolys.
The cover picture has very watery colors, but it doesn’t look bad and is technically impressive. The real problem starts with the board, all in very dark colors. It’s very difficult to distinguish the spaces and districts, and players eyes hurt even before the first tokens and pawns are placed on it. The cards and tokens, in the strange pastel-fluorescent colors that exist only under LSD and in Ystari games, make it worse. As for the players pawns colors, ranging from the most violent red to the palest grey, they lack homogeneity. Playing Metropolys is like playing with parts from completely different games, in different graphic styles but all ugly.

It’s a shame, since this is probably one of the very best German style game published these last years. The background story, rival architects building a city, makes little sense, but players rapidly forget about it, thanks to the richness and subtlety of the mechanisms designed by Sébastien Pauchon. At the heart of the game is a bidding / placement system used by players to take control of the various districts in the city. When a player makes an offer to build one of his building somewhere on the board, the other players may make a higher bid for a neighboring free space. Players’ moves become more subtle and nasty when the number of free spaces decreases, when the fight for district majorities becomes critical, and when you can guess the secret goals of your rivals. Metropolis is more tactical than strategic. It’s sometimes best to wait and let your opponents exhaust themselves in vain competitions, and sometimes to spend all your reserves to make the best use of a good opportunity.

Metropolys is abstract, simple and fast paced, but it’s also highly subtle. It reminds me of Manhattan, a great game which has been unduly forgotten, but which I used to play a lot about fifteen years ago. With more friendly graphics, it could have been a great family boardgame and even, like Manhattan, win the Spiel des Jahres. The graphic style, or rather the absence of graphic style, of the actual edition makes it unlikely to be noticed outside the gaming geek world, and it’s a shame since there's much more here than meets the eyes, and the gameplay is extremely challenging. Metropolys is a great game, probably Sébastien Pauchon's masterwork.


Une partie test d'Oklahoma, le futur Metropolys, aux Rencontres ludopathiques.
A test game of Oklahoma, which will later become Metropolys, at tle Ludopathic Gathering.


Et, quelques années plus tard, une partie du jeu publié.
A few years later, with the published game.



Format: Grosse boite

Type: Enchères et majorité

Auteur(s): Sébastien Pauchon

Éditeur: Ystari

Année de parution: 2008

Nombre de joueurs: 2 - 4

Durée d'une partie: 45 minutes

Liste(s) contenant ce jeu: Enchères, Les incontournables, Objectifs secrets, Trois joueurs

Intérêt du jeu

Graphisme et matériel

Complexité



Format: Big box

Genre: Auction and majority

Author(s): Sébastien Pauchon

Publisher: Ystari

Released Year: 2008

# of players: 2 - 4

Playing time: 45 minutes

List(s) with this game: Auctions, The very best, Secret goals, Three players

The game itself

Graphics and components

Complexity level




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Medina

Samurai

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Metropolys



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