| Longtemps, les jeux de coopération sont restés un genre mineur, généralement destiné aux enfants. En 2000, avec son grand jeu du Seigneur des Anneaux, Reiner Knizia a entièrement renouvelé le genre et pratiquement inventé le jeu de société coopératif pour adultes. Nombre d’auteurs s’en sont ensuite inspirés, et le jeu de société coopératif est devenu un genre à part entière. La plupart de ces jeux utilisent le même mécanisme de base – une pioche d’événements néfastes – les « cartes noires » - arrivant dans un ordre plus ou moins aléatoire, une pioche de « cartes blanches » permettant aux joueurs de régler les problèmes. Les jeux les plus réussis, comme Les Chevaliers de la Table Ronde, sont ceux qui parviennent à créer une réelle interaction entre les joueurs et à faire sans cesse remonter la tension, maintenant le petit univers du jeu sur le fil du rasoir. Ce sont aussi ceux dont les mécanismes sont suffisamment variés et aléatoires pour permettre un renouvellement des parties et éviter les automatismes. Les jeux de coopération semblent devoir être l’une des grandes tendances des mois à venir, et j’en ai d’ailleurs moi-même un dans les tuyaux.
Pandemic est donc un pur jeu de coopération, dans la lignée du Seigneur des Anneaux. Comme de coutume, le but est de sauver le monde menacé, cette fois, par quatre terribles virus se répandant rapidement sur la planète. Les joueurs sont des scientifiques, bénéficiant chacun d’un petit avantage particulier, qui parcourent le globe tentant tout à la fois de ralentir l’épidémie dans les cités touchées et d’avancer dans la recherche de vaccins ou de remèdes. À la fin de chaque tour d’un joueur, des cartes d’infection sont piochée indiquant dans quelles villes les virus encore actifs se répandent, parfois très rapidement. Les joueurs l’emportent s’ils parviennent à éradiquer les quatre maladies, et perdent si elles échappent entièrement à leur contrôle.
Le thème, sans doute l’un des plus sombres jamais vu dans un jeu de société, pourra certainement choquer. Traité au premier degré, avec un graphisme sombre et sans humour apparent, il parvient cependant à échapper au mauvais goût et à créer une réelle tension, ce qui est la clef du succès pour un jeu de coopération. Les discussions entre joueurs sont tendues, et les choix difficiles. Vaut-il mieux se concentrer sur la recherche ou sur les soins ? Doit-on négliger l’Amérique quelque temps pour tenter tous ensemble d’éradiquer le virus qui s’est répandu en Asie, ou au contraire se répartir sur les différents continents pour pouvoir réagir facilement aux crises ? Peut-on prendre le temps de se rencontrer pour échanger des informations, c’est à dire des cartes, ou doit on compter sur la chance de la pioche ? Ne me demandez pas la bonne réponse, j’ai à ce jour perdu mes trois parties de Pandemic.
Comparé aux autres jeux de coopération parus ces derniers temps, Pandemic est certainement le plus rapide, une partie durant à peine plus d’une demi-heure. C’est aussi l’un des plus simples à jouer, avec des règles logiques et fort bien présentées, mais qui risquent peut-être de manquer de variété après une dizaine de parties. Mais attention, ce n’est certainement pas le plus facile !
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Cooperative games have long been a minor genre, mostly aimed at young kids. With his big box Lord of the Rings game, Reiner Knizia has reinvented the genre and designed the first modern adult cooperative boardgame. Many authors have followed since, and cooperative game has become a noticeable genre these last years. Most of these games use the same kind of “game engine”, with a drawing deck of bad events – the “black cards” - arriving in a more or less random order, and a drawing deck of “white cards” used by the players to solve the critical situations. The most successful such games, like Shadows over Camelot, have a strong player interaction and a high tension, the small game world always standing on the edge. They also have enough variety and randomness to make every new game different. Cooperative game seem to be a strong trend at the moment, with several scheduled to hit the shelves. I also have one in the pipe.
Pandemic is a pure cooperative game, in the Lord of the Rings style. As usual, the goal is to save the world, this time from four viruses threatening to spread all over the planet. Players are scientists, each one with a specific ability, traveling across the globe trying to treat and slow the infection, and if possible to find cures for the four diseases. At the end of a player’s turn, infection cards are drawn to know in which town the active viruses will multiply, and sometimes spread to neighboring cities. The players win if they manage to eradicate the four diseases, and lose if they get out of control and overtake the world.
The theme, probably the darkest one ever used in a boardgame, can feel disturbing. It is treated very seriously, with dark and realistic graphics and no apparent humor, but avoiding bad taste. It also create a strong and always renewed tension, which is the critical point in a cooperative game. The debate between players is always very lively, and the decisions hard to make. Better focus on searching a cure or on treating the infected cities? Better ignore America for a while and all together try to eradicate the Asian disease, or scatter through the world and be ready to jump on any crisis situation? Is it worth taking time and movement to share knowledge, meaning giving or taking a card, or just rely on the luck of the draw ? Don’t ask me what the right answers are – so far, I’ve lost all my games of Pandemic.
Pandemic plays much faster than all other cooperative games, a game lasting little more than half an hour. It also has the simplest and clearest rules, and I’m a bit weary that it can become repetitive after a dozen games. This doesn’t mean, however, that the game is easy.
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