| Parmi les nouveautés que beaucoup ont découvertes aux rencontres ludopathiques 2008, L’Âge de Pierre ne fut pas l’une des plus vantées, ni l’une des plus discutées, mais ce fut très certainement, comme on peut le voir sur les photos, l’une des plus jouées.
Cette contradiction s’explique par le peu d’originalité d’un jeu qui donne incontestablement, dès les premiers tours, une impression de déjà-vu. Les joueurs posent en effet de petits bonhommes de bois sur des emplacements du plateau de jeu pour pouvoir ensuite percevoir des ressources qui leur permettront enfin de marquer des points de victoire. Nous sommes ici dans lignée de Caylus, Leonardo, Kingsburg, Age of Empires III et, surtout, Les Piliers de la Terre, dont L’Âge de Pierre semble parfois une version allégée. Le recours au même illustrateur pour dessiner un plateau de jeu très similaire à celui des Piliers de la Terre ne fait que renforcer encore cette impression.
Reste que l’originalité n’est pas en soi un gage de qualité, et que le manque d’originalité est aisément pardonné lorsque le plaisir de jouer est au rendez-vous. Si ce n’avait pas été le cas pour L’Âge de Pierre, il n’aurait pas été aussi joué aux ludopathiques, et je ne me serai pas empressé d’y rejouer la semaine suivante.
À l’Âge de Pierre donc, chaque joueur y contrôle une tribu d’hommes préhistoriques très pacifiques, qui rivalisent pour les meilleures forêts, les meilleurs terres agricoles, les meilleurs territoires de chasse sans qu’il leur vienne à l’idée de se mettre sur la gueule. À chaque tour, chacun doit répartir les membres de sa tribu entre les différentes tâches à accomplir – chasser, couper du bois, tailler des pierres, fabriquer des outils, cultiver les champs, se reproduire, agrandir le village…. On ne peut pas faire tout cela à la fois. Il vous faudra ensuite parfois lancer des dés pour savoir quelle quantité de nourriture ou de minerais vos hommes ont ramené au village, mais la possession d’outil permet d’améliorer les jets de dés. Il vous faudra en fin de tour nourrir votre tribu, mais la maîtrise de l’agriculture simplifie grandement cette tâche. Et puis, bien sûr, il ne faut pas perdre de vue la victoire, avec un système kniziesque offrant une dizaine de manières de marquer des points, certaines en cours de partie, d’autres à la fin. Elles ont visiblement été équilibrées avec soin, mais elles donnent au jeu un aspect un peu mathématique qui peut irriter, même s’il est moins envahissant que dans le précédent opus de « Michael Tummelhoffer », Saint Petersburg. Visiblement d’abord conçu pour quatre joueurs, l’Âge de Pierre perd un peu de sa tension à deux ou trois, malgré quelques ajustements de règles.
Reste que si vous possédez déjà Les Piliers de la Terre, vous n’avez sans doute pas besoin de l’Âge de Pierre,à moins bien sûr d’être un inconditionnel du genre. Sinon, vous devrez choisir entre le plus sophistiqué et le plus varié – Les Piliers de la Terre – et le plus léger, cohérent, et facile d’accès, notamment pour des jeunes joueurs – L’Âge de Pierre.
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Stone Age was one the new games that many of my gaming friends played for the first time at the 2008 ludopathic gathering. It was not among the most praised, nor among the most discussed, but it was definitely, as can be seen from the pictures, one of the most played, which is probably as important.
The reason for this contradiction is probably the lack of originality of a game that gives a strong feeling of déjà-vu. Players place wooden people on marked spaces on the board, then use these people to get resources, then spend resources to score victory points. This has been seen in many recent games, such as Caylus, Leonardo, Kingsburg, Age of Empires III and, most of all, Pillars of the Earth. Stone Age feels a bit like a lighter version of Pillars of the Earth, all the more so for the board, painted by the same artist and in the same style.
Originality is not always a token of excellence, and lack of originality is easily forgotten when the game is fun and challenging to play, which is definitely the case with Stone Age. If it were not, it would not have been played so much at the ludopathic gathering, and I would not have played it again at the first occasion when coming back.
We are at the Stone Age, of course, and each player has a pacific tribe in charge. Tribes vie for the best hunting grounds, the best crop fields, the best forests, without ever thinking of fighting for them. Every round, one must allocate his tribesmen to the various chores – hunting, wood cutting, stone carving, tools manufacturing, agriculture, village building, reproduction… Of course, one can’t do everything at once, and choices are critical. Sometimes, one must roll dice to determine the results of the hunting raid or the wood gathering expedition, but good tools help you improve the results. Every turn, one must feed his tribesmen and here some crop fields can help a lot. Of course, one must never forget the goal of the game – victory points. These are awarded in a very kniziesque way, with a dozen of different scoring systems, some during the game, some at the end. They have obviously been cleverly balanced, and make the game challenging, but they also give it a mathematical feel, though it’s not strong and irritating like in Saint Petersburg, the former game by Michael Tummelhoffer. Stone Age was clearly designed for four players and, despite some rules changes, it loses some of its tension and fun with less.
If you already own Pillars of the Earth, which feels richer and more varied, you probably don’t need Stone Age, unless you’re a real fan, have played it a lot and feels the need for a change. If not, you’ll have to choose between a more varied and sophisticated game, Pillars of the Earth, and a lighter, easier and more family fare one, Stone Age.
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