Raymond Eifler, Donald Beyer, Steven Gross Bootleggers
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| Bootleggers a été publié en 2004, et il est un peu dommage que je n’y ai joué qu’en 2008. Si je l’avais découvert dès sa sortie, j’en aurais sans doute fait sinon mon jeu de l’année 2004 – il y avait quand même Les Aventuriers du Rail en face -, du moins l’une de mes plus fortes recommandations. C’est en effet l’un de ces très rares jeux qui parviennent à intégrer dans un ensemble parfaitement cohérent des mécanismes très divers au service d’un thème omniprésent – bref, la synthèse parfaite du jeu à l’allemande et du jeu à l’américaine.
1921, Etats-Unis, la loi interdisant « la fabrication, le transport et la vente des liqueurs toxiques », plus connue sous le nom de prohibition, est entrée en vigueur. Chaque joueur est à la tête d’un gang qui en conséquence, espère bien tirer le meilleur profit de la fabrication, du transport et de la vente des liqueurs toxiques. Chacun débute la partie avec un petit alambic familial, un petit camion, et deux gangsters. Il va falloir ensuite développer ses activités, en agrandissant sa distillerie, en important de l’alcool canadien, en achetant des camions supplémentaires pour transporter les caisses de whisky, en recrutant quelques hommes de main, et en prenant grâce à eux le contrôle des débits de boissons. Il peut arriver qu’un gang n’ait pas les camions nécessaires pour transporter toute sa production ou éprouve des difficultés à l’écouler, mais on peut toujours négocier avec un rival la location d’une camionnette ou la vente de quelques caisses dans les établissements qu’il contrôle. Après 12 tours de jeu correspondant aux douze années de prohibition, le chef de gang le plus riche est vainqueur.
Bootleggers est un jeu de gestion très original, au thème fort bien rendu mêlant, dans un ensemble fluide et remarquablement cohérent, des mécanismes multiples – mises cachées (pour l’ordre du tour), majorité (pour le contrôle des speakeasies), jets de dé (pour la production et la demande de whisky), prises de risque (pour les livraisons), cartes action, négociations (pour la location de camion ou la revente de whisky). Il y faut donc de la psychologie, de la diplomatie, un certain sens tactique, et un peu de chances au dé – tout ce qui fait un grand jeu.
Las graphismes réalistes, dans des tons sombres et bleus, et les superbes figurines de gangsters et de camions, contribuent encore à renforcer l’ambiance d’un jeu où l’on commerce et négocie beaucoup, mais l’on sort rarement les flingues.
Seul petit reproche, les parties à cinq ou six joueurs, la meilleure configuration, peuvent durer bien plus que les quatre-vingt-dix minutes annoncées sur la boite. Rien n’empêche cependant de jouer en huit ou dix tours, pour obtenir des parties plus courtes.
Malgré la richesse et l’originalité du jeu et la qualité de son matériel, Bootleggers est, lors de sa parution, passé relativement inaperçu. Il ne doit d’ailleurs pas s’être très bien vendu puisque, bien que son éditeur ait disparu, il est encore disponible dans de nombreuses boutiques en ligne, à des prix assez modestes vu la richesse du matériel. Profitez-en, cela ne devrait pas durer.
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Bootleggers was published in 2004 and it’s a real shame I played it only in 2008. If I had discovered it at once, it could have become, if not my game of the year – Ticket to Ride was a really strong contender -, at least one of my strongest recommendations. It’s one of the very few big games which manage to put together various, original and consistent mechanism and a very strong theme. This means it brings together the best of both boardgame design schools, the German and the American one.
The year is 1921 and the law prohibiting the “manufacture, sale or transportation of intoxicating liquors” seems to be here to stay. Each player is a mob boss who wants to seize the opportunity and make the best profit of the manufacture, sale and transportation of intoxicating liquors. You start with a small family still, a small truck and two mob gangsters. During the game, you can develop your activities, expand your still, import booze from Canada, buy new trucks to carry moonshine crates, recruit some more gang members, and seize the control of speakeasies. When a mob doesn’t have enough place in his trucks for all the booze he got this year, or has problems selling all his whiskey crates, he can deal with other mobsters to rent a truck or sell his booze in the speakeasies they control. After twelve turns, for the twelve years of prohibition, richest player wins.
Bootleggers is a very original management game, with a strong and well-implemented theme. The many different mechanisms are brought together in a very consistent and fluent game engine. There’s double guessing (for turn order), majority (for control of speakeasies), dice rolls (for booze production and demand), risk taking (for deliveries), action cards, negotiations (for truck renting or booze selling). To win, you need psychology, strategy, diplomacy and some luck with the dice – all that makes a great game.
The game is very well illustrated, and the components are gorgeous, with nice plastic figures of mobsters and trucks. This help players get in the mood of the game, which is more about business than gunfire.
The only drawback of the game is its length. With five or six players, which are the best number of players, it can take twice longer than the ninety minutes advertised on the box. There is no problem, however, with shortening the game and playing only ten, or even only eight, years.
Bootleggers is an outstanding game, rich and original, with gorgeous components. I’m really surprised it went so under radar when it was published, four years ago. It probably didn’t sell well since, one year after its publisher went out of business, it’s still in stock in many online shops, at a modest price for such a gorgeously produced game. Seize the opportunity and get one before they are all sold.
|  Les hommes de main gardent les camions qui attendent d'être déchargés. Men of action protecting the moonshine.
Format: Grosse boite
Type: Jeu de gestion
Auteur(s): Raymond Eifler, Donald Beyer, Steven Gross
Éditeur: Eagle Games
Année de parution: 2004
Nombre de joueurs: 3 - 6
Durée d'une partie: 2 heures
Liste(s) contenant ce jeu: El Grande et ses successeurs, Jeux d'enfoirés, Jeux de comptables, Jeux de développement, Les plus beaux jeux, Six joueurs et plus, Les incontournables
Intérêt du jeu
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Graphisme et matériel
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Complexité
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Format: Big box
Genre: Management game
Author(s): Raymond Eifler, Donald Beyer, Steven Gross
Publisher: Eagle Games
Released Year: 2004
# of players: 3 - 6
Playing time: 2 hours
List(s) with this game: El Grande and its followers, Nasty games, Games for accountants, Development games, Pieces of Art, Six players and more, The very best
The game itself
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Graphics and components
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Complexity level
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