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Mon jeu de l'année
My game of the year



Andreas Pelikan
Malédiction
Witch's Brew

  


Malédiction est un curieux jeu de cartes et, bien qu’il soit assez simple, je ne sais pas bien comment présenter. Les joueurs y sont des magiciens qui doivent se procurer des ingrédients qu’ils utilisent ensuite pour réaliser des potions et des sortilèges, un thème dont le moins que l’on puisse dire qu’il n’est pas vraiment original mais auquel les magnifiques illustrations de Julien Delval donnent cependant un certain cachet. La véritable nouveauté de ce jeu de cartes léger, futé et agréable est plutôt dans ses mécanismes, et en particulier dans le système de sélection et de jeu des personnages.

Chaque joueur dispose en effet d’une même main de douze cartes personnages. Au début de chaque manche, chacun commence par choisir, secrètement, cinq de ces personnages qu’il va tenter de faire agir ce tour ci.
Ensuite se déroule une sorte de jeu de levées. Le premier joueur joue un personnage, annonçant qu’il veut utiliser son pouvoir. Chacun des autres joueurs en sens horaire doit alors, s’il a également choisi le même personnage, le jouer et soit « prendre » l’action du personnage au joueur précédent, soit s’il a peur de se faire à son tour couper opter pour la faveur du personnage, moins puissante. Les actions permettent pour la plupart de recevoir des ingrédients magiques ou de l’or, d’échanger de l’or contre des ingrédients ou l’inverse, ou d’utiliser des ingrédients pour réaliser une potion qui rapporte des points de victoire. Les règles sont donc très simples, se limitant pour l’essentiel à la présentation des pouvoirs des douze personnages, alchimiste, sorcière, druide, assistant, mendiant et autres.

Formellement, Malédiction est un jeu totalement sans hasard. Dans les faits, les choix pouvant être faits par les autres joueurs sont suffisamment nombreux pour en devenir presque imprévisibles, et rendre les parties passablement chaotiques. Ce n'est en rien un défaut, puisque le jeu est très agréable, fluide, rapide, avec des décisions tactiques réelles tant dans le choix initial des cartes que dans celui de la carte que l’on joue quand on prend la main, et quelques subtilités psychologiques très « poker face » quand on doit choisir entre action et faveur. Le seul défaut de ce jeu est de perdre beaucoup de son intérêt à moins de cinq joueurs, et de ne pas avoir de cartes personnages pour plus.

Bien que leurs mécanismes n’aient pas grand chose à voir, Malédiction est souvent comparé à mon Citadelles. Les deux jeux cherchent en effet à créer un tissu complexe d’interactions tactiques et psychologiques entre les joueurs à partir du minimum d’éléments, pour l’essentiel, les huit personnages de Citadelles ou les douze de Malédiction. Citadelles est certes plus complexe, certains diront plus riche, et Malédiction plus facile et plus léger, mais c’est bien la même philosophie qui a, de toute évidence, inspiré ces deux jeux. L’ignore si Andreas Pelikan s’estime flatté par la comparaison, mais en ce qui me concerne, je le suis.

Septembre 2008

Witch’s Brew is a strange card game. It’s light and simple, but I don’t know how to describe it. Players are wizards who must gather magic components and use them to make potions and cast spells – a definitely unoriginal theme, though the great graphics by Julien Delval give it some character and consistency. The originality of this light, cute and clever card game is more in the game systems, and specifically in the character cards rules.

Each player has the same hand of twelve character cards. At the start of a round, each player secretly selects the five characters he will try to use this round, and discards the seven other ones.
Then starts a kind of trick taking game. The first player plays a character card and announces that he want to use its effect. Clockwise, each other player who also selected the same character must play it and either opt for a weaker action – the favor – or steal the main character action from the former player, at the risk of having it stolen again by another player. Most character actions and favors allow players to get components, to get gold, to buy components with gold or the reverse, or to use components to brew a potion and get victory points. The rules are extremely straightforward, the longest part of them being the abilities of the twelve characters, alchemist, witch, druid, beggar, assistant and the like.

Formally, Witch’s Brew is a game with zero randomness. In fact, other players’ choices are very difficult to guess accurately and this makes the game very chaotic. Some players won’t like it, but I’ve no problem with it as long as the game is fun, fluid, fast paced, with real tactical choices when selecting your fives cards for the round, or choosing the card you to open a trick, and with great poker-face moments when choosing between a character’s action and favor. The only drawback of the game is that it loses most of its interest with less than five people – and doesn’t have enough character cards for more.

Even when the game systems have very little in common, Witch’s Brew has often been compared with my Citadels. Both games aim at creating a complex network of tactical and psychological interactions from very few elements, mostly the eight character cards of Citadels and the twelve ones of Witch’s Brew. Citadels is more complex, some would say richer, while Witch’s Brew is easier and lighter, but the same design philosophy is obviously behind both games. I don’t know if Andreas Pelikan finds the comparison flattering for him, but I feel it’s flattering for me.

September 2008


Avec Antoine Bauza dans une partie de Malédiction.
Playing Malédiction with Antoine Bauza and some others.



Format: Boite moyenne

Type: Jeu de cartes

Auteur(s): Andreas Pelikan

Éditeur: Alea, Rio Grande, Filosofia

Année de parution: 2008

Nombre de joueurs: 3 - 5 (optimum 5)

Durée d'une partie: 30 minutes

Liste(s) contenant ce jeu: Devinez votre adversaire, Jeux chaotiques, Les incontournables, Les mondes enchantés, Les plus beaux jeux, Plis et levées, Pouvoirs et personnages

Intérêt du jeu

Graphisme et matériel

Complexité



Format: Middle size box

Genre: Card game

Author(s): Andreas Pelikan

Publisher: Alea, Rio Grande, Filosofia

Released Year: 2008

# of players: 3 - 5 (optimum 5)

Playing time: 30 minutes

List(s) with this game: Bluff and Double guessing, Chaotic games, The very best, Fantasy worlds, Pieces of Art, Trick taking games, Powers and characters

The game itself

Graphics and components

Complexity level




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