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Mon jeu de l'année
My game of the year



Fabrice Besson
Géants de l'Île de Pâques (les)
Giants

  


L’épuisement des ressources naturelles de l’île fut vraisemblablement à l’origine du déclin de la civilisation pascuane. Le bois, notamment, était utilisé pour la construction des habitations et des bateaux de pêche, mais aussi pour le transport des Moais, les célèbres géants de pierre, fut surexploité. Lorsqu’il vint à manquer, accélérant l’érosion des sols, la civilisation pascuane s’enfonça dans la famine, la violence et le chaos. Cette histoire, dans laquelle on peut voir un avertissement pour nos sociétés qui exploitent sans compter une terre aux ressources tout aussi limitées, est aujourd’hui à la mode. Après Hatu Matu et Moai, Les Géants de l’Île de Pâques est, en moins de deux ans, le troisième jeu – et même le troisième bon jeu - dans lequel les joueurs sont à la tête de clans rivaux cherchant à construire les statues les plus grandes et les plus nombreuses avant que les ressources de l’île ne soient épuisées.

Hatu Matu étant édité confidentiellement et assez difficile à trouver, c’est avec Moai que l’on est tenté de comparer Les Géants de l’île de Pâques. Les deux jeux sont excellents, mais ils sont très différents et ne font en rien double emploi.

Pour commencer, là où Moai était plutôt moche, et en tout cas sobre, les Géants de l’île de Pâques bénéficient d’une présentation luxueuse, avec de nombreuses figurines de sorciers, de chefs, d’indigènes et, bien sûr, de petits et grands géants de pierre. Tout juste regretterai-je un peu les pions de plastique mignonnement décorés du prototype sur lequel j’ai joué aux rencontres ludopathiques.

Les auteurs des deux jeux ont aussi fait une lecture assez différente de l’histoire de l’île de Pâques.
Moai est empreint de violence et de pessimisme. Lorsque les ressources viennent à manquer, tous les moyens sont bons – cannibalisme, incendie – pour survivre quelques tours aux clans rivaux.
L’action des Géants de l’île de Pâques se situe plus tôt, durant l’âge d’or de la culture locale. Si les clans rivalisent pour sculpter des statues plus grandes et plus nombreuses et pour les ériger sur les plus beaux emplacements de l’île, cette compétition reste pacifique, et il n’est pas rare de voir des pions de plusieurs joueurs collaborer pour le difficile transport des statues.

Mécaniquement, les jeux n’ont rien à voir, même si tous deux sont très interactifs.
Dans Moai, qui est un jeu de majorité très méchant, interaction est un euphémisme pour parler d’agression directe.
Dans les Géants de l’Île de Pâques, l’interaction consiste à profiter des pions des adversaires, et occasionnellement à griller la politesse aux autres clans pour poser avant eux une statue sur un emplacement intéressant – rien de très méchant. Les joueurs doivent d’abord sculpter des statues, une enchère déterminant qui peut choisir son moai en premier, et des coiffes, qui proviennent d’une autre carrière, à la pierre plus sombre. Les statues doivent ensuite être transportées en haut des falaises par les membres de la tribu, aidés parfois par des tribus rivales. Le poids des statues nécessitera souvent, surtout pour les plus grandes, que l’on abatte des arbres dans la forêt pour pouvoir les faire rouler. Bien évidemment, les emplacements les plus éloignés des carrières rapportent plus de points, mais le risque est alors de se faire prendre l’emplacement convoité, voire même, cela s’est vu, de se faire subtiliser son Moai en chemin. Heureusement, les sorciers veillent…

Malgré sa très grosse boite et son matériel impressionnant, les Géants de l’île de Pâques n’est pas un « jeu monstre ». C’est un excellent jeu de stratégie poids moyen, familial, qui se joue en une heure environ et bénéficie d’une présentation superbe. C’est sans nul doute la plus intéressante et la plus originale des grosses boites publiées à ce jour par mon ami Hicham, des éditions du Matagot, un petit éditeur en passe de devenir grand.

The fast exhaustion of the natural resources of the island was probably the cause of the decline of the Pascuan civilization. Forest wood was used to build houses and fishing boats, but also to carry the Moais, the famous stone giants, and became overexploited. This caused soil erosion, and soon food was lacking as well. The Pascuan civilization ended in famine, violence and chaos. This sad story is now often told, because it sounds like a warning for our greedy civilization which is spending far too fast the limited resources of our small planet. As a result, the Easter Island has become a kind of ecological icon, and in two years, we’ve had three games published in which the players control islander tribes trying to build the most and the tallest stone giants before the resources of the island are exhausted. First came Hatu Matu, then Moai, and Giants is the third game version of the same story.

Hatu Matu is a good game, but it was self published, with sub-par components, and is hard to find. Therefore, I will mostly compare Giants with Moai. Both games are great, but they are also very different, which means that there’s no reason not to own both.

The graphics and components of Moai looked rather bland, Giants looks gorgeous, with lots of miniatures for islanders, chiefs, shamans and, of course, stone giants in different heights. The plastic pawns of the prototype I played at the ludopathic gathering were really cute, but they didn’t look very serious.

Both games have a very different approach of the Easter Island history.
Moai is all violence and pessimism. When resources become scarce, all means, including arso and cannibalism, can be used to survive a few rounds longer than opponents.
Giants’ action takes place in the golden age of the Pascuan civilization. Tribes vie to build the most and the highest stone statues and to carry them to the best places on the coastal cliffs. This competition, however, is pacific, and islanders from rival tribe can even help carrying heavy statues across the island.

Mechanically, both games are highly interactive, but in very different ways.
Moai is a nasty majority game, where interaction is only an euphemism for direct aggression.
In Giants, interaction lies in the possibility to use other players’ pawns and wooden logs, and occasionally in outracing an opponent to bring a statue on one of the best spots – nothing really nasty. Players must first carve statues, with a bidding to know who gets to choose his moai first, and headdresses, which are made from a different kind of stone found in a different quarry. Then giants and headdresses must be carried to the top of the cliffs by the tribe members, with the occasional help from other islanders. The biggest moai will usually need to be rolled on wooden logs taken from the forest. Of course, the spots farthest away from the quarries score higher, but there’s always a risk in leaving a statue on the way at the end of your turn, since another player can sometimes take it away. By chance, shamans can be used for help and protection.

Despite its very big box and gorgeous components, Giants is not a “monster game”. It’s an outstanding middle-weight strategy game, a family game with gorgeous parts that can be played in about one hour. It is by far the best of the big boxes games published so far by my friend Hicham, of editions du Matagot, one of the most promishing french small publishers.


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Aux ludopathiques 2007, Cyrille, de Days of Wonder, qui avait hésité à publier les Géants de l'Île de Pâques, présente le jeu à Hicham, du Matagot, qui décidera de le publier.
At the 2007 ludopathic gathering, Cyrille, of Days of Wonder, who had considered publishing it, shows the Giants of Easter Island to Hicham, of Matagaot, who will publish it in the end.



Format: Grosse boite

Type: Jeu de gestion et de parcours

Auteur(s): Fabrice Besson

Éditeur: Matagot

Année de parution: 2008

Nombre de joueurs: 3 - 5

Durée d'une partie: 1 heure

Liste(s) contenant ce jeu: Chauffeur-livreur et représentant de commerce, Thème fort, Trains et Réseaux, Les plus beaux jeux, L'Antiquité, Enchères

Intérêt du jeu

Graphisme et matériel

Complexité



Format: Big box

Genre: Race and management game

Author(s): Fabrice Besson

Publisher: Matagot

Released Year: 2008

# of players: 3 - 5

Playing time: 1 hour

List(s) with this game: Salesman and Delivery-man, Games true to their theme, Trains and Networks, Pieces of Art, Classical Antiquity, Auctions

The game itself

Graphics and components

Complexity level




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