| Ystari, dont le plus grand succès commercial à ce jour reste Caylus, est en quelques années devenu un éditeur majeur dans le petit milieu des « jeux pour joueurs ». Avec Bombay, Ystari a l’ambition de se faire une place sur le marché, plus difficile, du jeu familial à l’allemande – bref, des jeux susceptibles d’avoir le Spiel des Jahres. C’est sans doute pour cette raison que Bombay est présenté dans une boite carrée, pour bien le différencier des précédents jeux Ystari publiés en boite rectangulaire, et bénéficie d’un graphisme plus soigné et plus léger que ses prédécesseurs. Reste que l’auteur du jeu est Cyril Demaegd, amateur de gros jeux qui prennent bien la tête, et que l’on ne se refait pas. Bombay n’est pas Caylus ou Agricola, mais cela reste un jeu bien tactique et parfois assez calculatoire.
Bombay est un jeu de « pick-up and deliver », catégorie que je propose de rendre en français par « jeu de chauffeur-livreur ». Les joueurs y sont des marchands de tissu qui, dans une Inde imaginaire, doivent acheter des ballots de soie colorée dans les ateliers qui les produisent et aller les vendre, si possible au prix fort, sur les marchés. Ils peuvent aussi construire des palais dans les cités, ce qui leur permet ensuite de prélever une taxe sur les caravanes de passage.
Bombay est un jeu rapide, tactique, un peu calculatoire, aux règles simples et claires, au matériel élégant, notamment les jolis petits éléphants sur lesquels sont chargés les ballots de soie. La comparaison est inévitable avec Himalaya, un autre jeu de chauffeur livreur dont l’action se déroule quelques milliers de kilomètres plus au Nord. Si ma préférence va clairement à Himalaya, qui reste un de mes jeux favoris, c’est sans doute parce qu’outre le mécanisme de chauffeur-livreur, on y trouve un autre de mes systèmes fétiches, la programmation simultanée ou « double guessing ». Tous ceux, et ils sont nombreux, qui n’apprécient guère de devoir enrichir leurs calculs tactiques de considérations psychologiques sur le comportement de leurs adversaires, préfèreront Bombay, qui a en outre l’avantage d’être un peu plus rapide, à Himalaya.
Février 2009
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Ystari, whose biggest hit so far has been Caylus, is now established as a major player in the small market niche of hardcore gamers game. With Bombay, they are trying to break this brand image and to move into the more competitive market of German style family games, meaning of games who can pretend to get the Spiel des Jahres. To differentiate it from the former Ystari line, Bombay is published in a bigger and square box, and has a lighter and more professional graphic design. Anyway, since the author of the game is Cyril Demaegd, Ystari’s boss and a lover of heavy brain-burning games, there’s till food for thought in Bombay. It’s not Caylus or Agricola, but there’s still tactics, strategy and even some maths in it.
Bombay is a classical “pick-up and deliver” game. Players take the role of cloth merchants in a fantasy India. They buy colored silk in the country workshops and carry them to the town’s markets, where they try to sell them at high price. They can also build places in the cities, and so levy a tax on the caravans moving through.
Bombay is a fast paced tactical game, with some accounting. It has clear and straight to the point rules, and cute components – especially the elephants which carry the silk bales. One cannot help comparing it with another pick-up and delivery game which action takes place a few thousand kilometers north, Himalaya. I prefer Himalaya, which is still one of my all time favorites, but it’s probably because it also relies on another mechanics I enjoy, simultaneous double-guessing programming. The many players who dislike double-guessing will prefer Bombay, which feels a bit similar and plays a bit faster.
February 2009
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