
| La politique éditoriale d’Asmodée a longtemps eu un caractère quelque peu schizophrène. D’un côté, des produits très grand public, Jungle Speed et Pokemon - et je ne parle pas de Bella Sara. De l’autre, des « trucs de geeks », qu’il s’agisse de jeux ambitieux comme Senji, décalés comme l’âge des Dieux, ou ésotériques et à peindre comme Hell Dorado. Entre les deux, pas grand chose jusqu’à ces derniers temps.
Bakong, d’Antoine Bauza, le premier jeu d’une gamme que j’espère voir bientôt grandir, est le jeu de société familial par excellence, un jeu de parcours avec des dés. Les joueurs sont des aventuriers cherchant de précieuses émeraudes au cœur de la jungle cambodgienne. Pour cela, il leur faudra déjouer les pièges de la forêt, précipices, sables mouvants et ravins, pour parvenir jusqu’au temple de Bakong, puis retourner au camp de base. Le thème, s’il peut faire un peu vieillot, convient fort bien au jeu.
Bakong est un jeu simple et rapide qui repose beaucoup sur la chance, puisque l’on y lance régulièrement des dés. Les choix tactiques n’en sont cependant pas absents, par exemple pour choisir lequel de ses deux dés utiliser pour retourner une case du parcours, et lequel pour avancer son pion, ou pour choisir l’équipement le plus approprié. Les cases du parcours étant des tuiles recto-verso, la mémoire vient aussi rapidement s’en mêler, d’autant qu’après être arrivé à Bakong, il faut reprendre le parcours en sens inverse pour retourner à la civilisation.
Bakong est donc un jeu de parcours léger, simple, sans prétention, mais aussi très agréable pour réunir autour d’une table des joueurs d’âges différents sans que personne ne s’y ennuie. C’est un jeu qui n’aurait pas déparé dans la belle gamme Ravensburger des années soixante-dix et quatre-vingt.
Mars 2009
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Asmodée’s editorial policy has long been a bit schizophrenic. On the one side, they were publishing, especially in France, mainstream games such as Jungle Speed, Pokemon and even Bella Sara. On the other hand, they were publishing really hardcore gamer stuff, be it ambitious boardgames like Senji, zany geeky ones like Age of Gods, or esoteric lead miniature games like Hell Dorado. It was time they try something in between.
Antoine Bauza’s Bakong is typical family game – a race game with dice. Players are daring explorers crossing the Cambodian jungle looking for emeralds. To find them, they’ll have to escape the traps and dangers of the rain forest, pits, and quicksand, cliffs –happily no tigers – and reach the temple of Bakong, then move back to the base camp. The setting can feel a bit old-style, but it fits the game very well.
Bakong is a simple and fast paced game. There are many die rolls, and it relies heavily on luck, but there are nevertheless some interesting tactical choices when deciding which die to use to advance your pawn and which to flip a tile, or when choosing equipment. Since the track is made of two-sided tiles, a good memory can also help, especially when returning to the base camp after reaching Bakong.
Bakong is a light, simple and unpretentious game, but it’s the kind of game that can work very well with families, since it can be played by kids and adults without anyone getting bored. It could have fit in the old Ravensburger line of the seventies and eighties.
March 2009
|  Couverture de Pierô avec André Malraux adolescent (mais sans cigratte) et, en arrière plan, une fidèle représentation du temple de Bakong. The cover by Piero features a young André Malraux (without his usual cigarette) the Bakong temple in the background.
 Le prototype de Bakong aux rencontres ludopathiques 2008, et le jeu publié à celle de 2009. On remarque que Jef n'a pas changé de chemise. Bakong's prototype at the 2008 ludopathic gathering, and the published game at the 2009 one. You can notice that Jef still wears the same shirt
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