| Comme nombre des grosses boites publiées ces dernières années par Hans im Glück, Egizia est un jeu sans surprise. Comme les créations précédentes du groupe d’auteurs italiens Achitocca, Egizia est un jeu à l’allemande sans originalité apparente. C’est un Caylus light de plus sur le thème déjà cent fois traité de la construction des pyramides.
Quand on donne dans le classicisme absolu, on ne peut se permettre la médiocrité. Fort heureusement, la petite équipe d’Achitocca a visiblement une bonne culture ludique et parvient à en faire le meilleur usage. Egizia est certes un jeu auquel on a l’impression d’avoir déjà joué, mais c’est aussi un jeu auquel on a très envie de rejouer, pour voir des positions différentes et essayer de nouvelles stratégies. Le jeu est plus fluide que Caylus et beaucoup de ses successeurs. Les objectifs secrets permettent à chacun de rester dans la course, ou de le croire, jusqu’à la dernière minute. Les stratégies possibles, privilégiant tel ou tel chantier, les ouvriers, la nourriture ou les pierres, sont très différentes et visiblement bien équilibrées. Le petit mécanisme original du jeu, l’obligation de placer ses bateaux dans le sens du courant, crée une certaine tension et oblige à d’intéressantes prises de risque. Bref, un jeu qui ne se fait pas remarquer par sa différence – il n’en a guère – mais par son intérêt, ce qui est finalement l’essentiel. Plus sophistiqué que l’Âge de Pierre, plus rapide qu’Age of Empires, moins prise de tête que Caylus, moins tarabiscoté que Les Piliers de la Terre, Egizia est sans doute l’un des meilleurs choix si vous ne devez acheter qu’un seul jeu de « placement d’ouvriers ».
Mai 2010
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Like most of the big boxes games published these last years by Hans im Glueck, Egizia is unsurprising. Like the former designs of the Italian game designer group Achitocca, Egizia is a German style design without any visible originality. It looks like one more Caylus-light in a hackneyed setting – building pyramids in ancient Egypt.
Absolute classicism is more risky than it looks, because it doesn’t stand mediocrity. The Achitocca team seems to have a strong gaming culture and knows how to use it. Of course, Egizia feels like a game one has already played many times, but it’s also a game one immediately wants to play again to see different situations and try new strategies. Egizia feels lighter than Caylus and most of its followers. The secret goal allow every player to stay in the race, or think they do, until the last round. There are many different efficient strategies, focusing on a monument or another, on workers, on stones or on food. The one original little system, the obligation to place ships in a descending order along the Nile, creates a strong tension and makes for interesting risk-taking decisions. Egizia certainly won’t be noticed for its originality, it has none, but deserve to be played simply because it’s a really good game, which, in the end, is the only important thing. More sophisticated than Stone Age, faster than Age of Empires, Less brain burning than Caylus, les convoluted than Pillars of the Earth, Egizia might be a good choice if you want to buy only one “workers placement” game.
May 2010
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