Tory Niemann Alien Frontiers
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| L’idée de remplacer les petits bonhommes des jeux de placement d’artisans par des dés, dont les pouvoirs et les possibilités diffèrent selon leur valeur, n’est pas nouvelle. On la trouve par exemple dans Kingsburg, dans Alea Jacta Est ou, d’une certaine manière, dans Troyes. Dans Alien Frontiers, les dés représentent des vaisseaux spatiaux que, selon leur valeur, on peut envoyer remplir diverses missions – une paire permet de construire un nouveau vaisseau ou d’échanger de l’énergie contre du minerai, une suite de lancer un raid sur les adversaires, un dé suffisamment élevé d’exploiter les mines de la lune, un six de transformer un vaisseau en colonie, un brelan de construire une colonie, etc… La plupart des actions requièrent en outre l’utilisation de ressources, énergie et minerai. Bref, un jeu de placement d’artisans – de vaisseaux – et de gestion de ressources à l’allemande, assez classique.
Tory Niemann est américain. Plus important encore, Alien Frontiers est son premier jeu publié. Il n’est sans doute pas encombré par les interdits arbitraires et frustrants qui se sont peu à peu imposés à la création européenne – pas de violence, pas de carte « pan dans ta gueule », pas trop de hasard, pas trop d’effets bizarres. Peut-être même ignorait-il encore l’existence de ces interdits. Toujours est-il qu’il s’est fait plaisir en ajoutant à son jeu toutes sortes de bonus et d’effets spéciaux permettant, le plus souvent, de s’attaquer directement aux autres joueurs. À la lecture des règles, je craignais un peu que ces effets ne soient trop nombreux et que l’accumulation de bonus, pouvoirs spéciaux et autres modificateurs ne rendent le jeu un peu confus. Il n’en est rien, car ces effets sont simples, généralement logiques, et n’interagissent que rarement les uns avec les autres.
Les jeux de placement et de gestion de ressources sont nombreux. Alien Frontiers n’est sans doute pas le plus sophistiqué ou le plus stratégique, mais c’est très certainement l’un des plus amusants. Un peu comme je l’ai fait avec Isla Dorada, Tory Niemann prend un peu le contre-pied de la tendance actuelle qui veut qu’un auteur respectable se déshonore en introduisant ne serait-ce qu’un zeste d’humour, de légèreté ou de fun dans un jeu de gestion. Et il a bien raison.
Janvier 2011
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Replacing meeples in worker placement games with dice whose power depend on their value is not exactly a new idea. It is so in Kingsburg, in Alea Jacta Est, and in a way in Troyes. In Alien Frontiers, the dice are spaceships and, depending on their values, can be used to fulfill different missions. With a pair, one can go the orbital market or build a new spaceship; with a straight, one can raid opponent’s cards or resources; with a high value dice, one can mine ore from the moon; A six can be instantly transformed in a colony and removed from the game; a three of a kind is another way to build a colony, etc. Most of these actions also require the spending of the two game’s resources, ore and energy. Even with the added randomness of dice, all this sounds like a very classical, and somewhat bland, resource management and worker placement eurogame.
Tory Niemann is an American and, which is probably more to the point, Alien Frontiers is his first published game. He doesn’t feel blocked by the arbitrary codes of European style game design – no violence, no “take that” card, not too much luck, not too many zany effects. May be he even didn’t hear about them. As a result, he just had fun adding some powerful bonuses and special effects to his game, and allowed direct attacks on the other players. When reading the game, I was afraid there were too many special effects and the game would feel overwhelming, chaotic and convoluted. It definitely doesn’t, because the effects are fun, logical, simple to implement, and rarely interact one with the other.
There are many resource management and worker placement game. Alien Frontiers is not the most sophisticated or strategic one, but it is certainly one of the most fun. Like I tried to do with Isla Dorada, Tory Niemann went deliberately against the actual trend in management games. He doesn’t think that a respectable game author would dishonor himself in adding some lightness, fun and humor in a strategy game. And he’s perfectly right !.
Janvier 2011
|  Les huit régions de la planète portent le nom d'écrivains de science fiction, et trois de mes auteurs préférés sont là - Stanislas Lem, Ray Bradbury et, surtout, William Burroughs, même si je ne les aurais pas spontanément classé dans la science fiction. Étant donné la tendance au profil bas et au politiquement correct dans la présentation des jeux, il fallait un certain culot pour appeler la case centrale "Burroughs Desert".
J'espère que les Dick mountains et les Vonnegut plains seront dans l'extension.
Someone just remarked to me that the reference was more likely to Edgar Rice Burroughs, and unfortunately this is probably right. Nevertheless, it doesn't make the game less good. The eight territories on the board are named after science fiction writers, and three of my favorites are there - Stanislas Lem, Ray Bradbury and, most of all, William Burroughs, even when I'm not sure they are really science fiction. Given the general tendency to bowdlerizing game rules and graphics, it required some guts to name the central area Burroughs Desert.
I hope the Dick mountain and the Vonnegut plains will be in the expansion.
On vient de me faire remarquer que la référence était probablement plutôt à Edgar Rice Burroughs, et c'est malheureusement sans doute le cas. Néanmoins, cela n'enlève rien aux qualités du jeu.
 Alien Frontiers, l'un des grands succès des rencontres ludopathiques 2011 Alien Frontiers, one of the main hits at the 2011 ludopathic gathering
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