| C'est lors de mes rencontres ludopathiques que j'ai, pour la première fois, joué à Évolution, un encombrant prototype amené par Philippe Keyaerts, l'auteur de Vinci. J'ai immédiatement été séduit. Quelques mois plus tard, au salon d'Essen, j'apercevais la grosse boite d'Évolution sur le stand de Jeux Descartes / Eurogames, et j'entamais immédiatement une partie avec toute l'équipe, Jacques Béhar, Henri Balczesak, Ron Magin et Uwe Walentin. Lorsque Philippe Keyaerts fit son apparition, quelques dizaines de minutes plus tard, son jeu était quasiment vendu. J'aurais du demander un pourcentage.
Parlons un peu du jeu. Comme Vinci, et comme tous les jeux de Philippe Keyaerts, du moins ceux qu'il m'a été donné de voir et parfois de tester, Evo est un jeu relativement imposant, qui combine des systèmes variés mais simples dans un ensemble étonamment cohérent, empruntant ce qu'elles ont de meilleur à la fois à la tradition des jeux de société allemands et à celle des jeux de simulation anglo-saxons. Evo y ajoute en outre le zeste d'humour qui manquait à Vinci.
Chaque joueur contrôle une espèce de dinosaure qui, pour survivre, va devoir résister tant aux variations climatiques qu'aux comportements délibérément agressifs des espèces rivales. Pour cela, une seule solution, évoluer, évoluer sans cesse. À chaque tour, des "mutations" sont mises aux enchères, selon un système particulièrement astucieux. Une patte supplémentaire permet de se déplacer plus vite, un œuf d'avoir des petits supplémentaires, un peu de fourrure de se protéger du froid, une ombrelle de résister aux grands chaleurs, une corne de combattre plus méchamment, une queue plus longue de jouer en premier… Ensuite on se déplace, on combat si nécessaire, on se reproduit, on essaie de se nourrir, le climat change de manière plus ou moins prévisible, et c'est reparti pour un tour.
C'est relativement simple, et plein d'humour, mais c'est aussi stratégique et plein d'interaction entre les joueurs. Par certains côtés, on pense à un Titan fun, ou à un Kings and Things light. Le matériel est superbe, les illustrations pleines d'humour, et ce jeu, que je préfère à Vinci, mérite de devenir un classique. |
At the Vth Ludopathic Gathering, I played for the first time a bulky prototype from Philippe Keyaerts, the author of Vinci, called Evolution. I immediately loved it. A few monthes later, at the Essen fair, I saw the big and cumbersome Evolution box on of the Descartes/Eurogames booth, and I immediately started a game with the whole Eurogames team, Jacques Béhar, Henri Balczesak, Ron Magin and Uwe Walentin. When Philippe Keyaerts came in, twenty minutes later, his game was almost sold. I should have asked for a fee.
Now about the game. Like Vinci, and like most games from Philippe Keyaerts - or at least the ones I have seen and sometimes tested, Evo is a relatively big and long game, made of various simple systems brought together in a surprisingly coherent game. Like Vinci, it takes the best both from the german tradition of family boardgames and from the american tradition of simulation games. And, this time, there is also some fun and humor, which were not in Vinci.
Each player controls a dinosaur species and tries to survive in a dangerous world. It must stand against the climatic changes, and against the other species agressive behaviour. The only way to survive is to evolve, evolve, and never stop evolving. Each turn, "mutations" are chosen by the players, using an original and clever bidding system. One more leg to move faster, one more egg to make more childs, some fur for the cold winters, an umbrella for the hot summers, one more horn for fighting, a longer tail to play first - the longest tail plays first, it's the law of the dinosaur jungle. Then players move, fight if necessary, give birth, look for food, and the climate changes in a more or less unpredictable way. And one turn more.
It's not too complex, it's fun, but it's also strategic and full of interaction. It sounds sometimes like Titan fun, or Kings and Things light. The components are gorgeous, the graphics are fun, and this game, which I clearly prefer over Vinci, deserves to become a classic.
|