Les jeux de stratégie abstraits ne
sont habituellement pas ma spécialité, mais
je m'y suis essayé de temps à autre, ne serait-ce
que pour pouvoir un jour montrer aux frères Gires,
de Gigamic, avec lesquelles j'entretiens d'excellentes relations,
un jeu susceptible de les intéresser.
Pilade, premier nom de Babylone, fut conçu
il y a une dizaine d'années alors que je venais de
découvrir Focus. Les règles n'ont pas changé
d'un mot depuis la première version du jeu, seul le
nombre de couleurs de pions est passé de 2 à
3, puis à 4, afin de permettre plus de variété
dans les combinaisons de jeu.
Pilade est passé près du but,
restant en test assez longtemps chez Gigamic, avant d'être
finalement recalé car il n'y avait pas assez de matériel
pour qu'il s'inscrive dans la belle gamme des Quarto et autres
Pylos. Un peu déçu, j'ai alors mis les règles
à la disposition de tous sur le web, ce qui m'a valu
des échos favorables de joueurs, mais nulle proposition
d'éditeur. À vrai dire, je ne cherchais plus
vraiment.
Vint, début 2003, un sympathique mini
salon du jeu à Toulouse, lors duquel Matthieu d'Epenoux
me présentait quelques uns des jeux à sortir
dans sa nouvelle gamme de toutes petites boites (parmi lesquels
un jubilatoire jeu de lettres de Roberto Fraga, In Extremis,
dont j'espère qu'il est toujours sur les rails). Il
cherchait plutôt des jeux de cartes, mais je me dis
que les 12 pions de Pilade rentreraient tout juste dans sa
boite. N'ayant pas de prototype sur moi, je m'empressais d'aller
cannibaliser une boite d'Isis et Osiris pour lui présenter
le jeu. Matthieu et Ludo le Gars, qui passait par là,
ont été fascinés par le jeu et ont passé
des heures à y jouer, la tête entre les mains,
concentrés comme pour un tournoi de Go (si quelqu'un
a une photo, je la mettrai bien volontiers ici...). Le jeu
était presque vendu. Matthieu demanda l'avis de ses
amis de La Mèche Rebelle, plus au fait en matière
de jeux abstraits, et quelques semaines plus tard, aux IXèmes
rencontres ludopathiques, le contrat était signé.
Restait à lui trouver un titre, le
racinien Pilade n'étant guère convaincant. Puisqu'il
s'agit de la construction d'une tour interrompue avant terme,
nous pensâmes bien sûr à Babel, mais un
jeu du même nom était récemment sorti,
ce qui risquait de poser problème, et ce fut donc,
après quelques discussions, Babylone.
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Abstract strategy games are usually
not my favourites, but I occasionally play them and even tried
to design a few ones - mostly because I have the best relations
with the Gires brothers, of Gigamic, and wanted to have something
decent to show them.
I designed Pilade - the original
name of Babylone - ten years ago, when I had just discovered
Focus. The rules did not change in any way since the first version,
the only change being the number of colors - first two, then
three and finally four, to make for more varied game positions.
Pilade almost made it - it stayed
in test quite long at Gigamic, and was finally dismissed only
because there were not enough components to fit in the nice
Quarto and Pylos line. I was somewhat depited, and I put the
rules on the web. I had good reactions from players, and none
from publishers - but I wasn't really looking for a publisher
anymore.
In the first weeks of 2003, a
nice small game fair was held in Toulouse. Matthieu d'Epenoux
showed me some of the small new games he intended to publish
in small tin boxes (among them was a really fun letter game
by Roberto Fraga, In Extremis. I hope this one is still in the
pipe). He was mostly looking for other card games, but I had
the sudden idea that the 12 pawns of Pilade could fit very well
in the box. I had no prototype with me, but i managed to cannibalize
a copy of Isis & Osiris to demonstrate the game. Matthieu
and Ludo le Gars, who was just wandering by, were held by the
game and spent hours playing it, one game after another, racking
their brains like in a Go tournament (if someone has a picture,
I'd like to put it there). this meant, of course, that the game
was almost sold. Matthieu asked his friends from La Mèche
Rebelle, more familiar with abstract games, and the contract
was signed a few weeks later, at the IXth ludopathic gathering.
The game still needed a good
name, since the racinian Pilade was not convincing. Since the
game is about the interrupted building of a tower, the obvious
name was Babel, but Uwe Rosenberg's two players game with the
same name had recently been published, and this could be problematic.
That's how the game became Babylone.
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