En 2007, lors des préparatifs
du salon d’Essen, Bruno , Ludo et moi furent quelque
peu gênés par une étonnante coïncidence.
Parmi la dizaine de prototypes que notre petite équipe
francophone apportait dans ses cartons, et comptait présenter
aux éditeurs, se trouvaient deux jeux de plateaux,
de format équivalent, tous deux sur le thème
du far-west et, surtout, basés sur l’utilisation
de dés de poker. La ressemblance s’arrêtait
là, puisque le Dice Town de Bruno et Ludo était
essentiellement un jeu de paris, lointain cousin du yams,
et mon Pony-Express un jeu de parcours. Nous décidâmes
donc de présenter comme si de rien n’était
les deux jeux, et il n’est guère étonnant
que ce soit Dice Town, qui était le plus abouti, qui
trouva le plus facilement un éditeur.
In 2007, in the
very last days before the Essen fair, Bruno, Ludo and I noticed
a problematic coincidence. Among the dozen prototypes which
our small team was bringing to show to publishers, there
were two board games of very similar weight, look, theme
and components – family boardgames using poker dice
in a wild west setting. Of course, a game with poker dice
has to be about saloons and cowboys, but this was nevertheless
a striking coincidence.
The games worked very differently, but they looked very similar,
and that was the problem. Ludo and Bruno’s Dice Town
was a dice game loosely based on Yahtzee, while my Pony Express
was a luck based race game with some bluffing and dexterity
thrown in. So we decided to show both and Dice Town, which
was better finalized, was first to find a publisher.
J’ai toujours beaucoup aimé les
dés de poker, et cela faisait de longues années
que je cherchais à faire un jeu les utilisant, jeu qui
ne pouvait bien sûr que mettre en scène des cow-boys.
Le déclic a du jeu fut l’idée d’exploiter
ces mêmes dés tout à la fois comme dés,
c’est à dire comme générateurs de
mains de poker, et comme projectiles lors des duels. Réfléchissant
depuis longtemps aux jeux de parcours, je pensais alors au
thème du Pony Express, et la structure de base du jeu
me vint très vite. La combinaison obtenue aux dés
permet d’avancer son pion sur le parcours menant de Saint
Joseph à Sacramento, avec bien sûr la possibilité de
bluffer sur le résultat obtenu, et les rencontres entre
pions se règlent par des duels lors desquels les joueurs
lancent les dés d’une pichenette pour abattre
les pions adverse. Le résultat devait donc êre
un mélange original de chance, de bluff et d’adresse,
mais mon jeu, trop basé sur le bluff, était sans
doute un peu long et un peu répétitif.
I’ve always liked poker
dice, and for years I was trying to design a game using such
dice – of course, it had to be a western themed game.
This game started with the idea that the same dice could be
used both classically, to generate poker hands, and as bullets
in duels. I like race games, and thought of the Pony Express
theme. The poker hand rolled with the dice gives the number
of spaces one could move on the track from St Joseph to Sacramento – of
course with some opportunities for bluffing. When two or more
players land on the same space, there is a duel in which dice
are used to shoot at one another’s pawn. This made for
a nice mix – luck, bluffing and dexterity. Unfortunately,
with just these elements, my game was a bit too heavily based
on bluff, and felt a bit repetitive.
Test de Pony Express aux rencontres ludopathiques
2009. Pony Express playtested
at the 2009 ludopathic gathering.
Fort heureusement, ce fut aussi le moment où notre
petite équipe fit la connaissance d’un jeune auteur
dynamique et prometteur, Antoine Bauza, qui comme moi s’intéressait
beaucoup aux jeux de parcours. Quelques semaines après
le salon, je proposai donc à Antoine de jeter un œil
nouveau sur ce vieux projet et de le reprendre avec moi. Après
quelques échanges de mails, Pony Express avait beaucoup
gagné en dynamisme, en rapidité et en variété.
Nous commençâmes par montrer cette nouvelle mouture à quelques éditeurs
qui n’en avaient pas vu les versions précédentes,
et Philippe, de Fun Forge, se décida très rapidement.
Lui-même auteur de jeu, puisqu’il avait créé le
jeu de cartes Illusio, Philippe a également apporté une
touche finale aux mécanismes de Pony Express, qui, illustré par
un jeune dessinateur canadien, Mathieu Beaulieu, devrait être
présenté au salon d’Essen 2009.
A new author was joining our
team this year, Antoine Bauza. Antoine was, like me, much
interested in race games. A few weeks after the fair, I asked
him to have a new and fresh look at this old project, and
suggested we worked on it together. After a few mails and
some testing, the game became more dynamic, more varied,
faster paced. We showed this game to some publishers who
had not seen the earlier one, and Philippe, from Fun Forge,
a new small French game company, decided to do it as his
second game, and first big box. Philippe is also a game author,
since he designed the first game published by Fun Forge,
Illusio, and got involved in the last development of the
game.
Pony Express is illustrated
by a young Canadian artist, Mathieu Beaulieu, and ought to
be presented at the 2009 Essen fair.
Et le jeu publié And the published game.
Ce fut vraiment un plaisir de bosser avec l'éditeur,
Philippe, qui sera désormais parmi les tous premiers à qui
je proposerai mes futures créations.
Working on this project with
the publisher, Philippe, was a real pleasure and FunForge is,
from now on, one of the first publishers to which I will submit
my prototypes.
Et le jeu publié aux rencontres
ludopathiques 2009. Pony Express played at
the 2010 ludopathic gathering.
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